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Après avoir débuté victorieusement 2-0 face à l’Équateur ce jeudi, le pays hôte, le Chili, recevait à nouveau dans son un Estadio Nacional la sélection mexicaine. Une fois de plus, LO y était pour vous.

Après pratiquement 3.500 kilomètres entre chaînes de montagnes, paysages époustouflants et terres arides pour rejoindre Antofagasta (voir Troisième jour : un champion poussif) puis Rancagua (Voir L’exploit vénézuélien vécu au cœur de ses hinchas), revoilà l’équipe LO dans la capitale. En effet, ce lundi la Roja effectuait sa deuxième rencontre dans ce groupe A face à un Mexique remanié mais concerné avant la Gold Cup qui se déroulera au mois de Juillet (Voir Copa America 2015 : Présentation des groupes). L’occasion de voir une deuxième fois le Chili à domicile était trop belle, direction donc l’Estadio Nacional pour un nouvel inside.

C’est à quelques heures du coup d’envoi que nous quittons Santiago et son centre-ville pour Ñuñoa, petite commune de la Province de Santiago du Chili, pour rejoindre l’Estadio Nacional. Aux alentours de l’enceinte située sur l’Avenida Grecia, les rues sont déjà bondées, les parkings complets et les embouteillages aussi présents au rendez-vous. Une fois notre véhicule garé tant bien que mal et après avoir été les tristes témoins d’un accident de la route, direction notre tribune pour assister à cette deuxième journée du groupe A entre le Chili et le Mexique. Sur la route, nous jetons un coup d’œil sur la première rencontre de cette deuxième journée entre l’Équateur et la Bolivie pour voir la Verde l’emporter 2-3 et nous offrir une finale pour la première place dans un Clásico del Pacifico si le Chili ne perd pas (voir L’autre bataille du Pacifique).

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En chemin, nous croisons Raul, venu encourager le Mexique avec l’un de ses amis, histoire d’évaluer quelles sont les attentes des supporters mexicains dans cette Copa América où ils sont une fois de plus invités. « Il y a clairement un souci de calendrier. On est venu ici avec une équipe composée que de joueurs du Championnat local car en Juillet nous avons à disputer la Gold Cup dans notre zone CONCACAF qui économiquement est bien plus prolifique pour nous que la Copa América » nous lance-t-il avant de poursuivre « Nous, en tant que supporters, on mange football, on boit football, l’on vit football alors il est évident que nous voulons aller le plus loin possible et que nous sommes présents pour encourager notre sélection. Mais honnêtement on attend plus un miracle que autre chose ». Une fois dans l’Estadio Nacional, on peut apercevoir une nouvelle fois que le mémorial « Un pueblo sin memoria es un pueblo sin futuro » en VF : « Un peuple sans mémoire est un peuple sans futur » est toujours présents dans ce stade pour ne jamais oublier l’horreur de la dictature du Général Pinochet (voir L’autre histoire de l’Estadio Nacional). Avant les hymnes, des cartons verts sont distribués dans tout le stade pour lutter contre la discrimination et inciter le public à lever ces derniers lors de l’hymne national mexicain qui est parfaitement respecté. Les cartons verts font ensuite office de papelitos pour la venue de l’hymne chilien qui en est encore plus poignant que lors du match d’ouverture de cette 44ème édition de la Copa América (Voir Le jour où tout a commencé). Le match peut désormais être lancé.

Le match

Comme ressentie lors de l’hymne Chilien, l’ambiance se montre bien plus prenante aujourd’hui que lors de la première journée face à l’Équateur. Le public Chilien est là et le montre très rapidement, l’effet Edu Vargas surement… Dès l’entame de match les hommes du profe Sampa mènent la danse avec comme lors du premier match un Alexis Sánchez qui est bien décidé à porter la Roja sur les épaules. Le Mexique laisse les Chiliens approcher avant de se concentrer sur la relance et tout cela se passe très bien dès que le petit Medina a le ballon au milieu de terrain, le joueur de l’Atlas multiplie les bonnes décisions pour permettre au Tri d’éviter de se faire asphyxier. C’est d’ailleurs l’attaquant Raúl Jimenez qui se procure la première occasion du match mais sa frappe est dévissée à la 14e minute avant que Vidal ne réplique mais n’écrase trop sa frappe. Contre toute attente c’est bien le Mexique B qui va frapper le premier et calmer le stade Nacional grâce au plus européen de ses joueur, Matías Vuoso qui reprend un ballon de Medina, énorme dans ce début de match, pour battre Bravo.

Une grande joie pour les plusieurs supporters du Tri présents ce soir, mais cela ne dure qu’une petite minute car Rey Arturo s’élève plus haut que tout le monde pour reprendre de la tête le corner du Príncipe Aránguiz et ainsi battre Corona, un but bien royal… Même les belles voluntarias se lâchent pour fêter le but. Les deux équipes se rendent coup pour coup et c’est Flores qui va obliger le Nacional à retenir son souffle de la tête repoussée par Claudio Bravo et sa barre transversale. Le corner à suivre est le bon pour le Mexique qui punit le Chili toujours en difficultés dans les airs, Raúl Jimenez bat Claudio Bravo pour un remake de la Liga ce qui va relancer la bataille de « Putos » dans les tribunes.

Le Mexique reprend le dessus à la demi-heure de jeu. Ce but va énerver Arturo Vidal qui prend un jaune après avoir séché le deuxième buteur du Tri. Mais Vidal est très polyvalent, celui qui a montré son côté obscur 5 minutes plus tôt dépose le ballon sur la tête d’Eduardo Vargas qui ne se fait pas prier, seul au point de pénalty, d’égaliser à 3 minutes de la pause et d’envoyer Herrera s’asseoir sur son banc de touche. La mi-temps et une pub de Pelé pour Santander permet ensuite à tout le monde de reprendre ses esprits.

Le Chili revient des vestiaires bien mieux que lors du début de la première période et se procure les meilleurs occasions jusqu’à ce que Flores ne fauche Vidal. Le 8 Chilien transforme depuis les 11 mètres pour le 1000e but de l’histoire de la Roja.

Une bien belle récompense pour le pilier de Sampaoli qui reste dans l’histoire. Le public du Nacional remercie son Roi avec une magnifique Ola avant de se lâcher sur l’arbitre qui annule un but du magicien Valdivia. Un coup dur pour le peuple chilien qui va en plus subir une claque une minute plus tard avec l’égalisation signée Vuoso qui bat Bravo suite à une offrande de plus de 40 mètres signé Aldrete, l’attaquant de Chiapas devient au passage le tout premier mexicain à marquer un doublé au pays hôte en Copa América. Le 6e but du match va réveiller les Chiliens qui vont tout tenter à l’image d’une combinaison exceptionnelle entre Vargas qui talonne pour Vidal qui remet à Valdivia qui manque le cadre de très peu à moins de 20 minutes de la fin. Si vous voulez vraiment savoir si la victoire pour le Chili était importante je vous recommande de regarder le sprint de Miiko Albornoz pour sortir et laisse sa place à Beausejour.

Le Nacional n’était pas au bout de ses peines, l’arbitre de touche va une nouvelle fois priver les Chiliens d’un but, cette fois signé Alexis Sánchez sur un centre d’Isla, celui-ci parait bien moins évident… L’attaquant Raúl Jimenez, seul au monde dans les dernières minutes, tente l’impossible et se lance dans un sprint de 50 mètres pour tenter de battre Bravo mais la défense chilienne le bloque à quelques mètres du but. Les esprits s’échauffent en fin de rencontre et Mauricio Pinilla va lui prendre son jaune 3 minutes après son entrée après un coup sur Guëmez ce qui aura le don d’énerver le gardien Corona. Alexis a la dernière chance chilienne dans ses pieds mais son coup-franc ne donnera rien. Un match magnifique de 6 buts qui laisse le groupe A plein de possibilités pour la dernière journée qui s’annonce d’ores et déjà bouillante. Et bien sûr, Lucarne Opposée sera au cœur de celle-ci avec le Clásico del Pacífico synonyme de première place.

Par Nicolas Cougot, Nicolas Faure et Bastien Poupat à Santiago

Lucarne Opposée

Derrière Lucarne Opposée – Chili 2015, Nicolas Cougot, Nicolas Faure et Bastien Poupat, trois journalistes freelance partis aux quatre coins du Chili pour offrir une immersion totale, en temps réel, dans la plus grande compétition du continent et faire découvrir l’histoire du Chili et de son football à travers photos, vidéos et récits.