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Après la première demi-finale à l’Estadio Nacional qui a offert au pays hôte la finale qu’il attendait, LO était présent ce mardi à l’Estadio Alcaldesa Ester Roa de Concepción pour l’autre affiche, les retrouvailles entre Paraguay et Argentine.

Le repos ? Un mot que la Team LO a sorti de son vocabulaire depuis le début de la compétition la « más antigua del mundo ». C’est donc très tôt ce vendredi matin que nous prenons le chemin de Concepción empruntant la Ruta 5, que nous avions déjà bien arpentée sur son versant Nord (Voir Troisième jour : un champion poussif), afin désormais d’en découvrir la face Sud. Concepción est une ville du centre-sud du Chili. Capitale de la province homonyme et de la Región del Biobío, elle constitue la deuxième plus grande agglomération du pays en termes économique et de population. Son nom, lui, fait référence à la conception de Jésus-Christ. Fondée par Pedro de Valdivia, elle héberge l’Estadio Alcaldesa Era Roa inauguré en 1962 qui accueillera ce soir la deuxième demi-finale de la Copa America : Argentine – Paraguay. Si l’Albiceleste s’est qualifiée aux tirs au but sans laisser une très grande impression face à la Colombie (Voir Sánchez, c’est plus difficile), le Paraguay a lui aussi eu recours aux tirs aux buts pour surprendre tout le monde et s’offrir le Brésil.

A quelques heures du match, les supporters argentins déambulent déjà dans les rues de Concepción au milieu des premiers chants et de nombreux supporters… chiliens. La tendance se confirme une fois en tribunes : Argentine – Paraguay ne sera qu’un avant-gout de ce qui pourrait nous attendre samedi en cas de succès argentin. Les « El que no salta es un traidor / Ingles» (Celui qui ne saute pas est un traître / anglais en référence à la Guerre des Malouines) répondent aux incessants « Chi Chi Chi Le Le Le Viva Chile ». Les joueurs entrent alors à l’échauffement où ovations et sifflets se mélangent. Les supporters chiliens lancent alors quelques « Paraguay, Paraguay » qui seront raillés par les supporters argentins qui répliqueront au rythme de « Chile tiene miedo » (Le Chili a peur). Pendant l’échauffement les compositions tombent, côté Argentine le quatuor offensif sera composé identique à celui aligné face à la Colombie : Messi-Pastore-Di Maria-Agüero. Côté paraguayen Roque Santa Cruz est préféré à Lucas Barrios pour démarrer sur le front de l’attaque guaraníe. Viennent alors les hymnes nationaux qui une fois entonnés, laissent la voie libre à Monsieur Ricci, arbitre brésilien du polémique Chili – Uruguay en quart de finale (Voir A un doigt du désastre), pour désormais donner le coup d’envoi de la rencontre.

Le match

Les premières minutes sont Paraguayennes, Valdez lance Derlis qui s’écroule devant la surface argentine mais Monsieur Ricci ne siffle rien. Derlis González mène les siens et s’appuie sur ses attaquants pour approcher les buts de Romero. Nelson Valdez remet un bon ballon pour Roque Santa Cruz qui va manquer le cadre pour la première occasion du match à 6e minute. Les supporters chiliens (et surement les 10 Paraguayens présents aussi) s’exaspèrent, ils savent que cette occasion était très importante. Petit à petit, l’Argentine qui a eu beaucoup de mal à rentrer dans ce match reprend le contrôle de la situation malgré un Lucas Biglia en difficultés dans l’entrejeu. Alors que Pastore voit sa frappe captée sans souci par Justo Villar, Marcos Rojo voit lui Sandro Ricci a.k.a « Sandro la gâchette » lui sortir la première biscotte du match après un coup de coude sur Cáceres à la 12e. Une minute plus tard l’arbitre brésilien avertit Biglia et Cáceres. Sur le coup-franc suivant la grosse faute de Cáceres, Leo Messi trouve Rojo qui depuis le sol bat Justo Villar et ouvre la marque pour l’Argentine pour le bonheur des Albicelestes présents au Ester Roa. Le défenseur de Manchester United marque le but le plus rapide de l’Argentine en demies de Copa América après 15 minutes.

Ce but fait énormément de bien aux hommes du Tata Martino qui poussent et obligent Villar à la parade comme sur cette frappe du gauche de Javier Pastore. Peur après, le feu follet du Paraguay Derlis González doit quitter ses partenaires sur blessure suite à un coup reçu de Di María. Un vrai coup dur pour l’Albirroja qui a vraiment besoin de ce petit génie et qui souffre très vite son absence. Cette souffrance va s’accentuer lors du deuxième coup de masse du finaliste de la Coupe du Monde qui double la mise grâce à une superbe frappe de Pastore qui finit sa course au fond des filets pour conclure une belle action menée par Messi à la 28e. Les « Chile tiene miedo » tombent des tribunes avant que les supporters chiliens présents ne répondent par quelques belles insultes. La finale est déjà lancée dans les tribunes à Concepción. La défense Paraguayenne souffre mais cet avantage de deux buts n’est pas suffisant pour l’Argentine comme vu lors de la phase de groupe. Encore une fois c’est Lucas Barrios, l’Argentin naturalisé paraguayen entré pour remplacer Roque Santa Cruz lui aussi touché, qui relance les doutes albicelestes en battant Romero à deux minutes de la pause suite à une erreur de Pastore sur une mauvaise relance de ses collègues défenseurs. Barrios marque son troisième but lors de la Copa América 2015 en seulement 4 tirs ! Bobadilla, le remplaçant de Derlis, passe tout près de l’exploit dans la dernière seconde de la première mi-temps mais sa frappe sort du stade Collao et cela malgré un magnifique crochet sur Otamendi qui finit au sol.

Au retour des vestiaires Angelito Maravilla se montre remuant sur son côté gauche et se voit récompensé à la 48e sur une magnifique passe de Pastore entre la défense pour lui permettre de crucifier un Justo VIllar agacé. 6 minutes plus tard le grand Leo Messi apparait de nouveau, il va humilier d’un petit pont deux défenseurs paraguayens qui finiront d’ailleurs l’un dans l’autre sur la pelouse avant de déclarer Pastore qui perd son duel contre Villar mais Di María est là pour s’offrir un doublé. Les combinaisons magnifiques des Argentins réveillent le stade complètement congelé par la nuit la plus fraîche vécue par la Team LO à la Copa América jusqu’à maintenant. « Vení, vení, cantá conmigo, que un amigo vas a encontrar, que de la mano de Leo Messi, todos la vuelta vamos a dar » résonne dans les travées de l’enceinte du sud du Chili, le quadruple ballon d’or réalise un match tout à fait exceptionnel et ses supporters le lui rendent bien. L’Argentine est imprenable ce soir, Villar fait ce qu’il peut pour repousser Pastore avant d’être malheureux témoin de deux talonnades consécutives signées Di María et Kun Agüero qui laissent ses partenaires dans le vent. La soirée est compliquée pour les hommes de Ramón Díaz qui souffrent le meilleur match argentin de la compétition. La doublette Messi – Pastore marche à merveille ce soir et cette fois c’est le deuxième qui cède pour le premier qui va lui aussi buter sur Villar.

Martino profite du moment et rappelle Mascherano sur le banc pour éviter que le culé ne prenne de carton synonyme de sanction pour la finale du Nacional, Messi lui aussi sous la menace de suspension reste cependant sur le terrain, il est en forme et il faut en profiter. A 10 minutes de la fin Sergio Kun Agüero trouve lui aussi el chemin des filets, d’une tête parfaitement placée, sur un centre millimétré d’Ángel Di María, l’addition est lourde pour le Paraguay qui est passé à deux doigts de l’égalisation de Bobadilla juste avant la pause au massacre total. Gonzalo Higuaín, entré 2 minutes plus tôt pour remplacer el Kun, clôt la victoire Argentine sur une nouvelle passe de Leo Messi. 6-1, personne ne s’attendait à une telle déculottée mais le football est ressorti gagnant de cette Copa América comme le prouve la finale qui affrontera les deux équipes qui ont produit le meilleur jeu pendant un mois.

Emmenée par une Messi étincelant et auteur de 3 passes décisives ce soir (il est d’ailleurs seul joueur à avoir offert 3 passes décisives sur un match lors des deux dernières Copa America), l’Argentine retrouve la finale de la compétition depuis la claque subie contre le Brésil au Venezuela en 2007. Le Paraguay devra lutter contre le Pérou pour la troisième place et ainsi monter sur le podium pour la deuxième édition consécutive

Gerardo Martino retrouve lui la finale de la Copa América cette fois avec l’Argentine après l’avoir vécu sur le banc du Paraguay en 2011 ce qui justement le fait entrer dans l’histoire du tournoi le plus vieux du monde. Felicidades Tata!

Par Nicolas Cougot, Nicolas Faure et Bastien Poupat à Concepción

Lucarne Opposée

Derrière Lucarne Opposée – Chili 2015, Nicolas Cougot, Nicolas Faure et Bastien Poupat, trois journalistes freelance partis aux quatre coins du Chili pour offrir une immersion totale, en temps réel, dans la plus grande compétition du continent et faire découvrir l’histoire du Chili et de son football à travers photos, vidéos et récits.