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Coupe du Monde 2018 : L’Argentine gagne sans séduire, la Colombie se replace

  • Écrit par Nicolas Cougot

Cinquième journée aux allures de tournant en AmSud. Pendant que la Colombie s’en va chercher une précieuse victoire en Bolivie, l’Argentine se relance chez son voisin chilien, l’Equateur évite le pire, le Pérou n’avance pas. Résumé de la nuit.

Premières à entrer en piste, Colombie et Bolivie ont lancé de manière idéale la soirée sudam. Ce sont les Cafeteros de Pekerman qui allaient frapper les premiers, Carlos Bacca trouvait James dont la frappe croisée se logeait dans le petit filet adverse. Loin d’être assommée, emmenée par un Cardozo souvent dangereux, la Bolivie allait pourtant d’abord se heurter à une Colombie plutôt solide, gérant parfaitement les contres et gérant la volonté de la Verde. Cuadrado lançait une première alerte, le duo James – Baccas semblait enterrer le match avant la pause lorsque ce dernier doublait la mise pour les visiteurs. C’était sans compter sur le deuxième acte des hommes de Baldivieso. Un penalty provoqué par Jeison Murillo relançait la partie, Arce le transformant, la tornade verte allait s’abattre sur les cages colombiennes, les locaux mettaient de l’intensité et de l’impact, se procuraient des situations et allaient revenir sur un duel remporté à l’épaule par Ramallo et conclu de la plus belles des manières par Chumacero. Le plus dur semblait fait, on imaginait alors que la Colombie, à court d’air, allait sombrer. Mais Ospina tenait bon dans ses cages, les entrants Marlos Moreno – Edwin Cardona n’avaient plus qu’à frapper au meilleur des moments, le premier servant le deuxième dans les derniers instants pour offrir une précieuse victoire aux troupes de Pekerman. Le stratège argentin avait réussi son pari, la Colombie a beau être en reconstruction, elle se replace dans la course à la qualification. De son côté, la Bolivie décroche quelque peu et jouera gros en Argentine.

L’heure était donc venue pour le leader au parcours parfait d’accueillir le Paraguay et ainsi mettre la pression sur l’ensemble de ses poursuivants. Sur les hauteurs de Quito, les Guaranies avaient décidé d’une stratégie : résister et profiter au maximum des contres. Celle-ci était pourtant mise à mal par une frappe monumentale de Noboa que seule la transversale parvenait à repousser dans les pieds d’un Enner Valencia en mode renard des surfaces pour l’ouverture du score des locaux. Mais le Paraguay reste le Paraguay, capable de frapper même quand on ne l’attend pas. Une passe magistrale d’Ortigoza pour Edgar Benítez et ce dernier profitait de la sortie manquée d’Alexander Domínguez pour offrir l’égalisation à Lezcano juste avant la pause. Le début de second acte était plus équilibré même si les équatoriens semblaient prendre l’avantage. Mais là encore, un nouveau contre paraguayen changeait la donne, Lezcano s’en allait chercher son doublé. Loin d’être sonné, l’Equateur allait appuyer. La dernière demi-heure était 100% à l’avantage de la Tri qui butait sur un énorme Justo Villar quand elle ne trouvait pas les montants comme sur le magnifique retourné du toujours parfait Christian Noboa. Ces efforts sans relâche, les équatoriens allaient finir par en tirer bénéfice en toute fin de rencontre lorsque Noboa d’une louche servait un Ángel Mena semble-t-il hors-jeu mais qui offrait le nul à la Tri. Les hommes de Quinteros perdent leurs premiers points mais restent leader quand le Paraguay de Ramón Díaz solidement ancré dans le bon wagon.

On attendait énormément du Chili – Argentine qui suivait. Remake de la finale de la dernière Copa América, retour de Messi et Agüero d’un côté, débuts de Pizzi de l’autre. La montagne aura accouché d’une souris. La faute à une Argentine sans jeu, totalement dépassée au milieu (le duo Biglia – Banega ne fonctionne pas), qui s’en remet offensivement aux chevauchées de ses stars devenues solistes Ángel Di María – Leo Messi et à beaucoup de chance. Sa chance de la soirée aura été que tout a tourné en sa faveur. Menée au score au terme d’un quart d’heure au cours duquel l’Albiceleste n’existait pas, elle allait profiter de deux coups du sort pour retourner le match : les sorties combinées de Mati Fernández et de Marcelo Díaz. Car repris au score sur une merveille de Di María, privé ainsi de toutes ses forces habituelles au milieu (rappelons les absences d’avant match des Vidal, Valdivia, et autres Aránguiz) et avec un Alexis qui a oublié que le football est avant tout un sport collectif, le Chili ne parvenait plus à véritablement accélérer, maintenir une pression constant, l’Argentine allait profiter. Mercado ayant donné l’avantage au score, l’Albiceleste cherchait alors surtout à se replier et contrer. Les hommes de Pizzi allaient bien se créer quelques situations, Pinilla s’en offrant plusieurs après son entrée mais le hérisson argentin tenait bon. Sans briller, l’Argentine prend sa revanche sur la finale de 2015 et se relance totalement dans la course à la qualification. Lui reste désormais à se montrer convaincante mais le chemin semble bien long.

Il l’est également pour le Pérou. Dans son magnifique Estadio Nacional, la Blanquirroja de Gareca n’a pu finalement que sauver les meubles. Pourtant, le début de match face au Venezuela était des plus convaincants. Le Pérou pressait haut, asphyxiait la Vinotinto et se procurait plusieurs situations claires de but mais les Guerrero, Pizarro et autres Farfán pêchaient par maladresse et ne menaçaient finalement pas outre mesure Baroja. L’orage passé, le Venezuela allait répliquer de la plus belle des manières. Sanvicente réorganisait ses troupes, après quelques avertissements lancés par Salomón Rondón, Josef Martínez et Juan Pablo Añor, Romulo Otero ouvrait le score sur penalty consécutif à une faute d’Ascues sur Añor. 1-0 à la pause, l’Estadio Nacional était KO. Intenable, Añor offrait à Villanueva le but du 2-0 d’entrée de seconde période et semblait alors avoir scellé le match. Il ne faisait surtout que lancer une folle course poursuite. Gareca lançait Edison Flores et Raúl Ruidíaz, l’attaquant dela U trouvait Paolo Guerrero qui ramenait le Pérou au score et dans le match. Les hommes de Gareca retrouvaient leur football, pressaient une Vinotinto qui s’accrochait à son résultat, frisait la correctionnelle, notamment sur deux têtes de Guerrero, une sur la barre, une à côté, et allait finir par craquer sur un dernier ballon de Flores coupé par Ruidíaz. 2-2 score final, la mauvaise affaire pour les deux équipes qui auront cependant montré de bien belles choses.

 

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Résultats

Classement

# Équipe J V N D Pts BP BC +/-
1 Brésil 12 8 3 1 27 28 9 19
2 Uruguay 12 7 2 3 23 24 11 13
3 Equateur 12 6 2 4 20 22 16 6
4 Chili 12 6 2 4 20 21 17 4
5 Argentine 12 5 4 3 19 14 12 2
6 Colombie 12 5 3 4 18 15 15 0
7 Paraguay 12 4 3 5 15 11 17 -6
8 Pérou 12 4 2 6 14 18 20 -2
9 Bolivie 12 2 1 9 7 10 31 -21
10 Venezuela 12 1 2 9 5 14 29 -15

Photo une  : JORGE BERNAL/AFP/Getty Images

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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