. . .

Une semaine sur LO, saison 1 épisode 16

  • Écrit par Nicolas Cougot

Retour du podcast LO avec au menu de la semaine, un voyage en Argentine, au Mexique, un peu de Libertadores de CONCAChampions, de Coupe du Monde et une rétro aux conséquences dramatiques.

Vous l’attendiez impatiemment, il est de retour ! 16e numéro de nos podcast et un retour en argentine cette semaine pour le superbe recibimiento de la hinchada de Colón à l’occasion du Clasico de Santa Fe. Malheureusement pour les supporters du Sabalero, surnom de Colón, l’affaire a vite tourné en eau de boudin puisqu’Unión s’est imposé 3-0 au Cemientero de los Elefantes, le surnom du stade, que le match a été marqué par des jets de pierre sur les joueurs du Tatengue (le surnom d’Unión) et par le départ annoncé d’Alan Ruiz, le superbe Alan Ruiz, pris à partie par ses coéquipiers quand son frère se faisait chahuter par des supporters. On parle de lui au Portugal, les supporters du Sporting ou de Benfica pourraient bientôt le découvrir. Sur ce, on va passer aux news de la semaine.

Puisque nous y sommes, restons donc en Argentine où le championnat de transition arrive à mi-parcours et les grands sont plutôt malmenés. Alors certes Central tient son rang en menant la zone A, zone dans laquelle Independiente se rapproche, mais pour le reste, le Racing qui enchaîne les scores de tennis (ce qui a donné une magnifique une sur Ole) est encore en retard sur Lanús et les deux géants, River et Boca sont à la rue. Le Millo est neuvième de sa zone à huit points de Central quand Boca, croqué par le Granate, est aussi à huit points. Cette situation n’est pas sans conséquences puisqu’on rappelle que seules les deux équipes de chaque zone joueront la Libertadores 2017. A ce rythme, il ne va rester aux deux géants que deux solutions pour s’y qualifier : remporter la Coupe d’Argentine ou remporter la Libertadores actuelle. Pas gagné donc…

Et puisqu’on est en pleine trêve internationale, parlons donc de la Libertadores. On a déjà quelques éliminés comme Melgar ou Cobresal, pour certains, ça risque de se compliquer rapidement. C’est le cas par exemple (et on va rester sur des outsiders), de San Lorenzo, qui n’a plus son destin en main à cause d’un gosse de 17 ans qui a décidé de marquer à la 91e, c’est aussi le cas de Palmeiras qui est en grand danger lors de la prochaine journée. Le Verdão se rendra à Central et sera éliminé en cas de défaite. C’est aussi et surtout le cas de Peñarol qui s’est fait littéralement humilier chez lui par un formidable Atlético Nacional et qui est donc désormais quasiment dehors. Alors deux secondes sur l’Atlético Nacional puisque les Verdolagas sont les premiers qualifiés, avec 12 points sur 12, 11 buts marqués en 4 matchs, aucun encaissé. Alors j’ai jamais caché que je les voyais dans le dernier carré, et voir cette équipe 100% Colombienne (à un Armani près, seule exception), se promener de la sorte fait quand même bien plaisir. Ce qui fait plaisir aussi c’est de voir que les mexicains s’amusent. Parce qu’une fois encore le Mexique n’envoie pas ses meilleures équipes en Libertadores mais Toluca est devant dans un groupe où se trouvent Grêmio, LDU et San Lorenzo quand les Pumas, dominent leur groupe devant la surprise Tachira mais surtout devant le duo Olimpia – Emelec sur qui ils ont 5 points d’avance quand il n’en reste que six à prendre. D’ailleurs pour Toluca, la qualif pourrait tomber dès la 4e journée du groupe en cas de victoire face à la LDU. Et quand je dis que ce ne sont pas les meilleures équipes, les Pumas sont 9e du Clausura quand Toluca est 13e. En gros à 6 journées de la fin, aucun des deux n’est en position de jouer la Liguilla.

Pendant ce temps, les mexicains se promène en CONCAChampions qu’ils ont transformé en Liga MX. Alors la bonne nouvelle, si vous ne le saviez pas déjà, c’est que la CONCAChampions est diffusée sur Ma Chaine Sport, j’ai d’ailleurs le plaisir de la commenter. Enfin, le plaisir du chat noir. Parce que le truc fou c’est que alors qu’en championnat on a eu 5 0-0 en 11 journées (donc en gros 5 0-0 sur 98 matchs (y’en a un en retard)), et si on pousse encore en ajoutant l’Apertura on a 13 0-0 en 28 journées (donc 251 matchs) voilà que quand on les diffuse, Querétaro – Tigres et Santos LagunaAmérica se terminent sur…deux 0-0 et deux tristes 0-0. Alors bon, on espère avoir un peu mieux au retour même je ne vous cache pas que ces Tigres m’inquiètent, ils ne marquent plus et ont beaucoup de mal à produire du jeu. On vous donne quand même rendez-vous en direct sur MCS dans 10 jours.

Photo : CHRISTOPHE SIMON/AFP/Getty Images

Mais donc en ce moment, c’est la trêve internationale et qui dit trêve internationale dit éliminatoires pour la Coupe du Monde. Alors à l’heure où j’enregistre, Brésil – Uruguay ne s’est pas encore joué mais on peut déjà tirer quelques conclusions sur la zone AmSud. La première, c’est que l’Equateur restera leader ce week-end quoi qu’il arrive à Recife. La Tri a failli se faire piéger par le Paraguay mais elle peut compter sur un groupe solide (on rappelle que le magnifique Miller Bolaños et le buteur Felipe Caicedo n’étaient pas là). L’autre point, c’est que le Paraguay de Diaz est chiant à jouer, et c’est un compliment avec un Ramon Diaz qui commence à intégrer la jeune génération (bon on attend les Iturbe et Romero pour ajouter encore plus de talent). Donc attention aux Guarabnies pour les qualifs et aussi pour la Copa Centenario. D’autant que chez les grands, c’est poussif. Certes l’Argentine a gagné à Santiago mais pour le coup, ce n’est pas leur jeu qu’il faut saluer mais leurs marabouts. Déjà que le Chili doit apprendre à vivre avec un  nouveau sélectionneur, voilà qu’il accueillait l’Argentine sans Aranguiz, sans Vidal, sans Valdiva et sans Vargas. Déjà pas mal mais en plus Mati Fernandez se pète à la 2e minutes, Diaz au quart d’heure. Et avec un seul Alexis Sanchez (seul lui va si bien d’ailleurs) devant, je vois pas comment les conditions pouvaient être pire pour la Roja. Bref, la cinquième journée profite donc à l’Argentine mais aussi à la Colombie qui est allé chercher une belle victoire en Bolivie, belle parce que le match a été superbe (ce qui n’était pas le cas du Chili – Argentine vous l’aurez compris et qui était le cas aussi du magnifique Pérou – Venez avec un Venezuela des plus surprenants. Les mecs se mettent sur la tronche depuis des mois, les cadres voulaient plus rejouer, Sanvicente le sélectionneur les a suppliés, ils sont revenus, Rondon a allumé tout le monde à 24h du match dans la presse et voilà que la Vinotinto est superbe à Lima. A n’y rien comprendre….mais c’est l’Amsud. Et comme c’est l’AmSud, on va se faire un petit plaisir, un but colombien version Caracol. Pour la dernière Copa América, ils prenaient plusieurs cabines en tribunes, ce sont des fous furieux mais franchement, je les adore.

Voilà, maintenant que vous avez fini de danser on va poursuivre sur les éliminatoires pour Russie 2018 en filant au nord, en CONCACAF, sujet de notre rétro de la semaine.

La rétro

On l’évoquait à l’instant pour l’AmSud mais plus au Nord, la campagne de qualification pour la Coupe du Monde russe bat aussi son plein puisque nous sommes en plein 4e tour, dernier tour avant la grand final, la poule unique qui enverra les trois meilleurs directement en Coupe du Monde, le quatrième devant passer par un barrage face à un asiatique. Ce week-end donc, se déroule ou plutôt se déroulait puisque les matchs se sont disputés après l’enregistrement de ce podcast mais avant sa mise en ligne, la troisième journée du 4e tour. Les 12 survivants sont répartis en trois groupes de quatre d’où sortiront les deux premiers. Et dans le groupe 1, pendant le Mexique jouait le Canada, l’autre match, important pour les deux équipes qui n’avaient pas encore remporté le moindre match, opposait Salvador et Honduras. Ce match, c’est aussi l’occasion de revenir sur un épisode qui marqué l’histoire avec un grand H, le double affrontement de 1969 qui a déclenché ce qu’on appelle la Guerre du Football.

1969, année de naissance de Batistuta et Redondo pour ne citer que les plus beaux (oui, j’oublie Bergkamp), alors que les USA continuent de s’embourber au Viêt-Nam, au pays du football, le Slovan Bratislava, d’Alexander Vencel père, devient le premier club de l’Est à remporter la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupes (face au Barça de Salvador Artigas, que les bordelais et les rennais doivent bien connaître), Bordeaux sa deuxième finale de Coupe de France consécutive (face à l’OM cette fois-ci, l’année d’avant c’était Saint-Etienne, qui avait alors réalisé le doublé), Milan gagne sa deuxième Coupe d’Europe des Clubs Champions, en battant l’Ajax d’un gamin nommé Cruyff (l’occasion pour moi de rendre un hommage à son génie avec notamment ce qui reste pour moi l’action qui le résume le mieux, le coup d’envoi de la finale de Coupe du Monde 1974). Toujours sur les terrains, Estudiantes remporte la Libertadores alors boudée par les brésiliens et partout dans le monde, on dispute les éliminatoires pour la Coupe du Monde 1970, la superbe Coupe du Monde mexicaine. C’est dans ce cadre que Salvador et Honduras vont s’affronter lors des demi-finales du tour final, celui qui enverra son vainqueur au Mexique. Beaucoup de chose ont déjà été dites sur ce match. S’il n’est pas à proprement parler le déclencheur de la Guerre des 100 heures qui va suivre, il en est l’un des catalyseurs.

Le contexte de l’époque est assez particulier. Les Etats-Unis voulaient alors freiner l’expansion de la révolution cubaine en Amérique Centrale et ont donc développé un marché commun qui profite davantage au petit Salvador (petit par la taille) plus industrialisé, alors que grand Honduras (toujours par la taille) peine à suivre. Le principal souci pour le Salvador, c’est sa taille justement. Bien trop petit pour une population trop nombreuse, il ne peut accueillir tout le monde. On va alors avoir de grandes vagues de migration des salvadoriens vers le Honduras voisin. Indépendamment de la proximité géographique, il faut aussi rappeler que les deux pays ont une culture commune. Bref, cette forte vague d’immigration a bien évidemment des conséquences politiques puisqu’au Honduras, le Général Arellano, alors au pouvoir, n’en finit plus de jouer sur le tableau du nationalisme et mène, presse à ses côtés, de vastes campagnes xénophobes dirigées contre les salvadoriens qu’il accuse de venir coloniser son pays, à l’époque le guanaco (surnom donné au Salvadorien) est décrit comme un voleur (de l’autre côté le catracho – hondurien donc – est un feinéant). Donc sans entre davantage dans les raison sociales et politiques, il y a tout un contexte autour de ce match. Car depuis quelques années, Arellano expulse massivement les immigrés salvadoriens responsables de tous les maux (toute ressemblance avec une situation actuelle…). Donc voilà, il y a vraiment un climat plus que tendu entre les deux pays, je pourrais passer plusieurs heures à en parler mais ce n’est pas le but alors je vous oriente vers cet article de 1971, écrit par Alain Rouquié dans la Revue française de science politique, je vous donne le lien, tout est dedans (http://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1971_num_21_6_393339).

On va revenir sur le terrain puisque ce fameux match va servir d’étincelle. Demi-finale du dernier tour qui enverra donc un représentant à la Coupe du Monde. Le 8 juin, à Tegucigalpa (au Honduras donc), les Catrachos s’imposent 1-0 sous les vivas de la foule qui a parfaitement joué son rôle en privant les salvadoriens de sommeil la nuit précédente. C’est un drame national pour le Salvador. Le suicide d’une jeune supportrice suite à cette défaite est instrumentalisé avec obsèques nationales et tout et tout. Ceux-ci rendront la pareille au retour et le Honduras en prend 3 à San Salvador. Malheureusement, ce retour est aussi le théâtre de violents débordements entre supporters, deux honduriens trouvant la mort dans ceux-ci. Le même jour, au Honduras, des forces armées pillent et chassent les campagnes dans lesquelles se trouvent les migrants salvadoriens. La tension n’en finit de monter. Les radios des deux pays continuent de souffler sur les braises, le 26 juin, les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues. Le souci c’est que pendant ce temps, sur le terrain, il faut encore départager les deux équipes. Car oui, à l’époque, pas de différence de but, si chacun a gagné un match, il faut un troisième pour les départager. Ce troisième match a lieu le 28 juin, après donc près de 15 jours de violence verbale, politique, sociale, etc… Ce jour-là, le Salvador s’impose 3-2 à l’Azteca à Mexico et gagne sa place en finale. Nouveaux débordements de violence à la sortie de stade, les débordements nationalistes ont pris le dessus, le gouvernement hondurien parle de tricherie, la tension est à son paroxysme à la frontière, les premiers débordements sont décrits par les deux gouvernements comme de vrais conflits. La guerre est inévitable, elle débute le 14 juillet et durera 100 heures, faisant près de 3000 morts. Le conflit va cependant perdurer pour ne cesser qu’en 1980 avec la signature du traité de paix. Alors fort heureusement, aujourd’hui les choses se sont calmées, la rivalité reste réelle et elle sera surtout sportive, car si le match reste, vous l’aurez compris un peu de manière abusive, nommé celui de la « Guerre du football », le destin du Salvador et du Honduras passe encore par un choc régional. Et dans l’ombre du Mexique, un seul des deux pourra entretenir l’espoir d’une Coupe du Monde.

Voilà, c’est ainsi que se conclut ce nouvel épisode d’une semaine sur LO, je vous remercie encore et toujours d’être fidèle à ce rendez-vous qui a du mal à l’être (fidèle), je vous invite à partager au maximum cette vidéo sur vos Twitter et vos Facebook préférés. Je vous laisse avec les 5 merveilles. Abrazo a todos et la semaine prochaine.

 

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

  • Aucun commentaire trouvé