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Nunes devant la CPI

  • Écrit par Marcelin Chamoin

Le président de la CBF, le colonel Nunes, a répondu mercredi aux questions de l'ancienne star de la Seleção, Romário, aujourd'hui sénateur fédéral et président de la CPI do futebol, une commission d'enquête parlementaire.

Après trois réunions où Nunes, le président de la CBF, était absent, avançant des obligations avec la CBF, l'ancien colonel de la police militaire s'est finalement présenté ce mercredi 16 mars à Brasília pour répondre aux questions d'un Romário très offensif, qui lui a demandé s'il était corrompu, comme les trois derniers présidents de la CBF, Ricardo Teixeira, José Maria Marin, et Marco Polo del Nero, tous dans le viseur du FBI. Mais Antônio Carlos Nunes, qui faisait l'objet d'une mesure coercitive de la part de la justice du Pará pour se présenter à cette réunion, a surtout invoqué son droit à ne pas témoigner contre lui-même et a refusé de répondre aux questions de Romário. Le colonel Nunes, qui a même refusé de promettre de dire uniquement la vérité en début de session, a défendu son poste de président lors de l'une de ses rares réponses à Romário, qui l'accusait de dormir pendant les réunions et de laisser le pouvoir à l'ancien président Marco Polo Del Nero, dont le cas est actuellement traité par la Commission d'Éthique de la FIFA.

« Je suis le président, celui qui commande, c'est moi. Personne ne va plus commander que le président. Nous devons travailler en accord. Parce que je viens d'une petite fédération du Nord du pays, beaucoup pensent que je ne sais pas commander. Mais j'ai appris à commander en tant que colonel de la police militaire »

Après plusieurs questions sans réponse, Romário, très agacé, a préféré mettre fin à la réunion, critiquant le manque de courage de Nunes. Entre un Romário dont les questions sont plus des accusations sans preuve, et un Nunes, qui refuse de répondre à la moindre question, on peut sérieusement douter de l'intérêt de cette commission d'enquête parlementaire pour le football brésilien.

CPI Nike/CBF, le précédent

En 1998, un mois après la défaite au Stade de France, une commission d'enquête parlementaire était créée afin de s'intéresser au contrat signé en 1996 entre Nike et la CBF, alors présidée par Ricardo Teixeira, et le rôle de la société Traffic dans la signature du contrat. José Hawilla, fondateur de Traffic, a plaidé coupable pour corruption en 2015 lors de l'affaire du scandale de la FIFA. Plus de 125 témoins se présentent lors des 59 réunions jusqu'en 2001. Parmi eux, Edmundo qui accuse Nike d'avoir obligé Zagallo à aligner Ronaldo le jour de la finale de la Coupe du Monde malgré son malaise, ou encore Zagallo, Luxemburgo et Ronaldo qui nient les accusations d'Edmundo. Eurico Miranda profite de son immunité en tant que député fédéral pour échapper aux poursuites. Ricardo Teixeira explique devant la CPI les restaurants payés avec l'argent de la CBF ou encore les commissions versées à des amis et nie dans le même temps être le propriétaire d'une société possédant son siège fiscal aux Îles Vierges. Après un conflit entre députés, certains restants fidèles à Eurico Miranda, la CPI Nike/CBF finit en « pizza » : aucun rapport n'est publié à l'issue de la CPI, aucune sanction n'est prise. Un livre est publié par les deux députés à l'origine de la CPI, Aldo Rebelo, aujourd'hui ministre de la Défense, et Silvio Torres. La justice de Rio de Janeiro donne raison à Ricardo Teixeira et empêche la vente du livre. Malgré de nombreux scandales, Ricardo Teixeira reste président de la CBF jusqu'en 2012.

Photo une : YASUYOSHI CHIBA/AFP/Getty Images

A propos de l'auteur
Marcelin Chamoin
Author: Marcelin Chamoin
Passionné par le foot brésilien depuis mes six ans. Mon cœur est rouge et noir, ma raison est jaune et verte.

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