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Japon – J-league 2016 : à la poursuite du SanFre

  • Écrit par Tonio

Après plus de deux mois d'attente la 24ème saison de J-League va enfin débuter lors du dernier weekend de février. Sanfrecce Hiroshima remportera-t-il un quatrième titre en 5 ans ? Gamba Osaka va-t-il récupérer sa couronne ou Urawa concrétiser ses efforts ? Quelles équipes peuvent venir embêter ces trois équipes, et quels objectifs pour les promus ? Présentation de la saison.

Le format

Pour rappel, le championnat se déroulera comme en 2015, c'est à dire en deux phases avec des play-offs en novembre et décembre. La saison précédente avait marqué le retour de cette formule après 10 ans d'un format plus Européen. La saison sera donc divisée en deux stages, soit deux championnats de 17 matchs où les équipes s'affronteront toutes une fois. A l’issue de ceux-ci, les play-offs prendront place dans la configuration suivante.

Si une équipe remporte l’une des deux phases et termine avec le plus grand nombre de points, elle s’assure une place en finale. De même, si une équipe rempli deux critères qualifiant au premier tour, elle se qualifie directement pour la demi-finale. Ces deux règles nous avaient justement donné des play-offs à 3 équipes l'an passé, le futur champion Sanfrecce Hiroshima et Urawa Reds remplissant deux critères. On espère pour cette saison 2016 que plus d'équipes pourront se hisser à ce stade de la compétition et nous offrir quelques surprises.

Les 18 clubs en course

Les favoris

Sanfrecce Hiroshima, qui n'était pas véritablement attendu à ce niveau de la compétition en 2015, entend bien rééditer sa performance de 2013 en conservant son titre (lire J-League 2015 : Sanfrecce Hiroshima reprend son bien, Fukuoka retrouve l’élite). Une fois encore l'équipe comptera sur Sato et Asano. Douglas parti, de retour de prêt, et qui a grandement contribué au succès de Sanfrecce, sera remplacé par Peter Utaka (Shimizu S-Pulse). Le Nigérian semble apte à trouver sa place au sein de l'effectif et l'a déjà prouvé lors de la Super Coupe remportée 3-1 contre Gamba Osaka. Le SanFre jouera en parallèle la Champions League, une compétition pas assez prise au sérieux par le club ces dernières saisons, et qui pourrait bien rapidement s'arrêter si Hiroshima n'élève pas son niveau de jeu, Shandong Luneng et FC Séoul n'étant pas disposés à faire le moindre cadeau.

Second favori, Gamba Osaka. Le brésilien Ademilson est arrivé sous forme de prêt et sera un véritable plus par rapport à Lins, laissé libre. Il évoluait déjà en J1 l'an passé, sous les ordres de Mombaerts à Yokohama. Le club a pu jusqu'ici conserver Usami, qui semble attendre une offre d'un gros club Européen et refuse les clubs de milieu de tableau au plus grand bonheur de son coach Hasegawa. Autre raison possible d'un départ repoussé : Usami a envie de jouer dans le nouveau stade du club. Car oui, cette année la vraie nouveauté du Gamba se nomme "Suita City Football Stadium". Un stade d'une capacité de 40 000 places qui les changera considérablement du vétuste Banpaku. L'an passé Gamba avait atteint les 3 finales nationales (2 défaites et une victoire – lire Japon – Coupe de l'Empereur 2015 : Gamba conserve sa couronne) et les demi-finales d'ACL. Avec une équipe qui semble mieux armée encore, Gamba Osaka est obligé de jouer la gagne sur tous les tableaux en 2016.

Autre favori : Urawa Reds. Favori pour le podium ? Bien évidemment. Favori pour le titre de champion ? Surtout pas. Ce serait d'ores et déjà leur porter la poisse. Car si vous suivez la J-League depuis quelques temps sur LO, ou pire encore Urawa, vous devez déjà savoir combien les Reds peuvent faillir dans les moments décisifs du championnat. Ce fut encore le cas en 2015 avec cette défaite en demi-finale des play-offs contre Gamba Osaka (lireJapon – J-League 2015 : Gamba rejoint Hiroshima en finale). Demi-finale qu'ils auraient dû éviter s'ils n'avaient pas failli dans la course à la première place face à Sanfrecce. Les fins de saisons d'Urawa se suivent et se ressemblent donc, mais pas de quoi décourager Petrović et ses hommes, au contraire. Sur le papier, Urawa se renforce encore considérablement, recrutant Wataru Endo, néo-Samurai Blue, pilier de la défense de Shonan la saison dernière et très polyvalent, et Branko Ilic (Astana), autre recrue défensive. De quoi peut-être enfin concrétiser tous les investissements financiers et humains de ces dernières années.

Une fois encore c'est la stabilité qui a primé chez les trois demi-finalistes de l'an passé. Sanfrecce Hiroshima, Gamba Osaka et Urawa Reds sont sans aucun doute les trois favoris de cette J-League 2016. A ces trois favoris, s'ajoute Kashima Antlers qui lui aussi a pu conserver ses cadres comme Shibasaki, convoité en Europe. Côtés départs notables, seul Davi a été laissé libre après une saison 2015 quasi blanche. Pour les arrivées, Kashima compte notamment Bueno (défenseur, Shimizu S-Pulse), Ryota Nagaki (milieu, Shonan Bellmare) et la surprise de 2015, Mu Kanazaki, conservé et recruté définitivement de Portimonense.

Les outsiders

Repoussé à la quatrième place du classement lors de l'ultime journée de la saison 2015, le FC Tokyo a raté les play-offs d'un rien. Depuis, Ficcadenti est parti à Sagan Tosu et Jofuku l'a remplacé. Kosuke Ota (Vitesse, Pays Bas) et le gardien Gonda (SV Horn, Autriche) sont les pertes les plus préjudiciables de l'hiver. La recrue la plus expérimentée est l'international Sud-Coréen Ha Dae-sung, alors que le club attend toujours des attaquants Burns et Sandaza recrutés en juillet dernier d'enfin trouver leur marque. Si cela n'arrive pas, Maeda risque de bien sentir seul devant. En parallèle, Tokyo a pu se qualifier en ACL grâce à la victoire finale de Gamba Osaka en coupe de l'Empereur 2015 (lire Japon – Coupe de l'Empereur 2015 : Gamba conserve sa couronne). Une compétition qui a débuté avec une victoire et un retentissant 9-0 en barrages contre les Thaïlandais de Chonburi, et qui offrira à Tokyo un groupe à sa portée avec seul Jeonbuk comme véritable adversaire de taille.

Comme autre outsider, Kawasaki Frontale a sa carte à jouer. Comme tous les ans l'équipe semble très cohérente sur le papier. Okubo qui a encore fini meilleur buteur l'an passé, pour la troisième consécutive, sera l'atout n°1 de Kawasaki pour aller chercher une place en play-offs, pourquoi pas en remportant l'un des deux stages si Kawasaki décide encore de ne jouer qu'une demi-saison. Avec eux, le Sagan Tosu peut également créer la surprise. Ficcadenti est arrivé de Tokyo et a l'avantage de l'entraîneur étranger qui connait déjà la J-League. L'effectif n'a quasiment pas évolué et Toyoda sera toujours là pour emmener les bleus et roses. Le Sagan Tosu apprend et progresse chaque année malgré des positions au classement qui fluctuent et sera un concurrent crédible si l'équipe et Ficcadenti s'adaptent rapidement.

Les imprévisibles et les menacés

Equipes du ventre mou, en danger, ou futurs pensionnaires de J2 ? Difficiles de se faire un avis sur ces équipes. Troisième du second stage l'an passé, Yokohama F. Marinos ne mérite peut être pas sa place parmi ces équipes. Mais avec le départ d'Ademilson (Gamba), la grave blessure de Rafinha, les années qui commencent à peser sur - ça me fait mal de dire ça - Shunsuke Nakamura, et l'énorme malaise quant à ce que cherche réellement à faire la maison mère Manchester City, avouons que Mombaerts a de quoi passer une saison difficile. A lui de nous prouver le contraire et vendre au mieux la qualité des managers Français, c'est tout le mal qu'on lui souhaite.

Deux équipes ont parfois fait preuve d'un manque de stabilité - chose assez rare en J-League finalement - Nagoya Grampus et Vissel Kobe. Le second semble encore avoir une pleine confiance en Nelsinho et rêve très certainement qu'il réalise les mêmes exploits qu'avec Kashiwa Reysol. Il devra pour ça faire sans Ryota Morioka parti tenter sa chance en Pologne. Marquinhos a été laissé libre, et Nelsinho semble vouloir s'appuyer sur de jeunes joueurs. A Nagoya le grand ménage a été fait, avec le départ de tous les joueurs étrangers et de Tulio Tanaka. A la place de cela, Nagoya aura un accent suédois en 2016, avec les arrivées de Ohman et Simovic dont la future adaptation et l'apport sont aujourd'hui un flou complet. Comme souvent pour ce genre de signatures, ce sera du tout ou rien.

C'était presque inévitable mais Shonan Bellmare a perdu des joueurs importants : Endo (Urawa), Nagaki (Antlers) et Akimoto (Tokyo) notamment. Le premier sera difficilement remplaçable avec un joueur du même niveau, mais Paulinho (prêté du JEF Chiba) pourrait palier le départ du second. Néanmoins Shonan a pu conserver son entraîneur Sud-Coréen Cho Kwi-Jea, convoité par des plus gros clubs de J-League. Cela offre à Shonan une certaine assurance avant cette saison 2016, car Cho sait parfaitement tirer le meilleur de son équipe. D'ailleurs, c'est un signal fort envoyé par le club : même s'il ne peut conserver ses joueurs à fort potentiel, il compte bien s'installer sur la durée et progresser en J1.

Beaucoup de personnes semblent enterrer Ventforet Kofu pour cette saison 2016. Comme ce fut le cas en 2014 et 2015. Mais personnellement, je pense que cette année ils pourront avoir leur carte à jouer et déranger quelques gros. En conservant leur habituelle solidité offensive, Ventforet comptera sur Cristiano pour apporter sa dynamique entreprise à Kashiwa Reysol l'an passé et porter l'attaque de Kofu. A lui tout seul très certainement, mais après tout c'est comme ça qu'il a fini la saison à Kashiwa.

Kashiwa Reysol justement, est l'équipe qui a connu l'hiver le plus mouvementé. Changement d’entraîneur tout d'abord, avec le départ de Yoshida à Niigata après une seule saison en poste. Il est remplacé par le Brésilien Milton Mendes, illustre inconnu pour les amateurs de J-League. Peut-être un peu moins pour les amateurs de football brésilien (Dieu sait s'il y en a sur LO). Si Kashiwa veut conserver sa bonne connexion brésilienne pour tenter de revivre ses plus belles heures, pas sûr que cela ne suffise. Masato Kudo (189 matchs, 66 buts) a traversé le Pacifique pour rejoindre Vancouver. Daisuke Suzuki (Espagne), Kim Chang soo (Jeonbuk), Sugeno (Kyoto Sanga) et surtout Cristiano, 21 buts toutes compétitions confondues en 2015, de retour de prêt à Ventforet Kofu, ont mis les voiles. Avec ces 5 joueurs, c'est presque toute l'ossature qui s'en va, laissant le seul capitaine Otani au milieu de terrain. Pour compenser ces départs, Reysol a fait revenir le défenseur central Jiro Kamata, parti à Vegalta en 2010, recruté les Brésiliens Juliano Mineiro (milieu de Chonburi, en Thaïlande) et Diego Oliveira, au poste d'attaquant. A cela s'ajoute Kosuke Nakamura, gardien de 20 ans formé au club, et qui a brillamment débuté en professionnel à Avispa la saison dernière, et fait le bonheur des sélections de jeunes depuis plusieurs années. A ce poste, si Sugeno (312 matchs pour Reysol) n'a pas été retenu cet hiver, on peut supposer que le staff technique du club accorde déjà une totale confiance au jeune gardien. Enfin, les fans de Kashiwa ont pu être quelque peu rassurés au début du mois de février lors de l'annonce du prêt de Junya Tanaka pour une saison et demi. Le joueur formé au club quitte le Sporting Portugal où il ne s'est jamais imposé et viendra dynamiser une attaque qui en aura bien besoin.

crédit ‏@ebacon_mhh

Les deux équipes peut être les plus en danger sont étonnamment les plus au Nord, avec Albirex Niigata et Vegalta Sendai. Le premier club change d’entraîneur, avec Yoshida, mais le manque flagrant de recrue de poids n'est pas rassurant pour Albirex qui a déjà vécu une saison 2015 très difficile. A Sendai, la situation est similaire, avec de jeunes recrues ou des joueurs des divisions inférieures. Rien de forcément alarmant car les équipes de J-League qui conservent leur effectif arrivent régulièrement à retrouver le haut du tableau, mais il faudra pour cela passer par un bien meilleur état d'esprit pour ces deux équipes.

Les promus

Premier promu, Omiya Ardija, champion 2015 de J2. Les écureuils ont tout fait pour retrouver la J1 le plus vite possible, ce qu'ils ont fait de fort belle manière. L'entraineur Shibuya comptera sur le Serbe Dragan Mrđa (19 buts l'an passé) et la recrue Nejc Pečnik (JEF Chiba, 14 buts en J2 l'an passé) pour avant tout se maintenir en J1, objectif premier du club. Omiya a le profil type du club qui s'est effondré au fil des années en J1 et s'est très bien reconstruit en J2 sur une nouvelle base solide. Les deux derniers dans ce cas ont été Gamba Osaka (1er de J1 la saison suivante) et Shonan Bellmare (8ème). Deux exemples à suivre pour Ardija.

Second de J2 en 2015, le Jubilo Iwata. Triple champion de J-League depuis sa création en 1993, le Jubilo retrouve la J1 deux ans après sa relégation en 2013 (lire Japon : Yokohama résiste à la pression). Jay Bothroyd auteur de 20 buts en 32 matchs, et le Brésilien Adailton qui lui a marqué 17 buts, recruté définitivement, sont les deux attractions de l'équipe du Jubilo sur et en dehors du terrain. Il faut dire que les dirigeants ne s'attendaient sans doute pas à ce que l'Anglais s'adapte aussi bien à la J-League. Iwata, de par son effectif et son expérience passée devrait être le promu le plus dangereux et fortement inquiéter les autres pensionnaires de J1.

Enfin, le troisième promu est Avispa Fukuoka. Troisième de J2 en 2015 avec le même nombre de points que le Jubilo, Avispa a su conserver sa dynamique en play-offs, aux dépens du Cerezo Osaka, et obtenir définitivement sa promotion en J1. Régulièrement dans le dernier tiers de J2 et à la lutte pour le maintien jusqu'à l'année dernière, Avispa a connu grâce à l'arrivée de Masami Ihara en tant que coach une évolution notable. Avec 122 sélections (deuxième joueur le plus sélectionné), le coach Japonais connait là sa première expérience après 6 ans à Kashiwa Reysol en tant qu'adjoint. Fukuoka a notamment réalisé une seconde partie de saison incroyable (14 victoires sur les 19 derniers matchs). Cette période coïncide entre autres à la titularisation de Kosuke Nakamura au poste de gardien. Avec 15 clean sheets, 13 buts encaissés en 21 matchs (si l'on compte les deux matchs de play-offs) pour ses débuts, le gardien de 20 ans a été l'un des plus grands artisans de la promotion de l'Avispa en J1. Il ne la découvrira pourtant pas avec le club de Fukuoka, uniquement prêté par Kashiwa Reysol la saison dernière. Avispa devra comme Omiya continuer à faire ce qu'il sait faire de mieux et tenter de conserver sa dynamique de la saison précédente.

Cet hiver a été plutôt tranquille pour les clubs de J-League. Avec Ota, Gonda, Kudo, Suzuki et Morioka comme plus gros départs à l'étranger, le championnat a su conserver ses meilleurs éléments. Qui plus est, les clubs Japonais ne sont pas soumis à la pression financière des clubs Chinois comme c'est le cas de la Corée du Sud par exemple, où les joueurs sont nombreux à quitter la péninsule. L'Histoire laisse encore des traces. Enfin dans l'autre sens le championnat a même su conserver des joueurs comme Ademilson et Mu Kanazaki. Ficcadenti qui devait rejoindre la Chine est lui aussi toujours au Japon. De quoi être enthousiaste pour cette saison 2016.

Justement, la première journée nous amènera son premier lot de chocs et de derbys. De quoi entrer comme il se doit dans la compétition. Le champion sortant Hiroshima recevra Kawasaki Frontale tandis que son dauphin Gamba recevra Kashima Antlers dimanche. La saison démarre tambours battants pour les deux derniers vainqueurs avec déjà un 3ème match en 8 jours. Autre grosse confrontation, le déplacement des Reds d'Urawa à Kashiwa pour un premier derby du Kanto. Et il en sera de même pour le FC Tokyo contre Omiya Ardija. Enfin tout à l'Ouest du Japon, Sagan Tosu et Avispa Fukuoka auront l'honneur d'ouvrir leur saison avec le tout premier derby de l'île de Kyushu de l'histoire de la J1 (Kyushu est l'une des trois îles principales, celle la plus à l’Ouest).

Le programme complet de la première journée

A propos de l'auteur
Tonio
Author: Tonio
De temps en temps rédacteur sur Lucarne Opposée pour la zone Asie de l'Est

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