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Chine – Chinese Super League 2016 : de nouveau dans la lumière

  • Écrit par Nicolas Cougot

Après n’avoir eu de cesse de bouleverser le marché des transferts européen et sud-américain, la Chinese Super League s’apprête désormais à enfin prendre le chemin des terrains. Pour une saison qui s’annonce déterminante pour l’avenir.

L’année des étoiles. Lors de notre présentation de la saison 2011 qui marquait le retour de l’ambitieux Guangzhou dans l’élite chinoise (lire Chinese Super League 2011 : l'année des étoiles) et laissait alors augurer une nouvelle ère, celle des stars. Malheureusement, si certains étaient venus tenter leur chance, l’outrageuse domination des Evergrande sur le pays et sur le continent avait finalement ramené le football chinois à la réalité, les stars parties, le championnat perdait de nouveau en intérêt. Pourtant la saison dernière aura été des plus serrées. Certes les Evergrande ont une fois encore décroché le titre, le cinquième de rang, mais celui-ci a été conquis au prix d’une lutte féroce avec le Shanghai SIPG son dauphin. Tout semblait ainsi filer tranquillement vers une nouvelle saison tranquille avec les mêmes équipes jouant les mêmes rôles. Puis tout a changé.

Affaire d’Etat, fonds infinis

Début 2000, Xu Genbao met en place une académie de football qui n’a d’autre objectif que celui de créer un Manchester United chinois. C’est son projet de Genbao Football Base qui lui permet de former les futurs internationaux Jiang Zhipeng, Zhang Linpeng, Yan Junling, Cai Huikang ou encore Wu Lei. C’est aussi lui qui fonde le Shanghai East Asia FC qui, en s’appuyant sur ces jeunes joueurs, passe de deuxième division à l’élite avant de devenir le Shanghai SIPG dirigé par Sven-Göran Eriksson et donc candidat au titre. Cet exemple illustre la volonté omniprésente en Chine de développer le football local. L’apport des premières stars ne suffisant pas, il fallait une étape supplémentaire pour aider la CSL et le football chinois dans son ensemble à franchir un palier. Cette étape a un nom : Xi Jinping.

Le président chinois arrive au pouvoir en 2013 et a une obsession : accueillir une Coupe du Monde de football. Pour cela, il faut alors développer le football local au point de faire de la Chine une nation crédible dans le paysage mondial. Cela passe bien évidemment par une formation efficace et une élite de qualité. Plusieurs clubs n’ont pas attendu pour former les meilleures éléments du pays, l’exemple précédent n’en étant qu’un parmi d’autres mais le président annonce plusieurs mesures pour créer des écoles de football aux quatre coins du pays. Pendant ce temps, il faut donner naissance aux vocations, faire rêver. C’est ainsi que la CSL boutique officielle du football chinois devient une autre priorité. Sa transformation en ligue majeure passe par l’attraction de grands joueurs. Pour cela, la Chine va alors s’appuyer sur deux facteurs : les puissants groupes qui détiennent ses clubs et les droits télés. Fin octobre dernier, le diffuseur chinois Ti’ao Dongli lâche plus d’un milliard d’euros pour acquérir les droits de diffusion de la Chinese Super League, faisant ainsi progresser les droits télés d’un facteur 130 ! Cette énorme manne financière a évidemment des répercussions sur le championnat, désormais l’ensemble des équipes se retrouvent à devoir gérer des fortunes. Conséquence, les différents clubs chinois ont décidé de se lancer dans une course à la dépense, tentant d’attirer à coups de billets verts quelques stars européennes ou sud-américaines mais aussi, faisant flamber le marché local, les transferts de joueurs chinois entre clubs atteignant parfois des proportions démesurées, frisant parfois, comme peut le faire la Premier League anglaise, le ridicule. On peut ainsi citer le transfert de Bi Jinhao, buteur aux 6 buts en près de 60 matchs devenu défenseur central, d’Henan au Shenhua pour une somme folle de 12M$ soit près de 2 fois le prix d’un Lavezzi.

A la poursuite des Evergrande

Reste que l’autre conséquence est sportive. Sur le terrain, la Chinese Super League 2016 s’annonce des plus serrée, l’ambitieux Shanghai SIPG ayant manqué d’un cheveu le titre l’an passé et les prétendants, comme Shandong ou Beijing ne manquant pas.

Mais s’il faut dégager un grand favori, ce ne peut être bien évidemment que le Guangzhou Evergrande. Le champion sortant et champion d’Asie a certes perdu en Elkeson son buteur star et se sépare du touriste Robinho, mais l’arrivée de Jackson Martínez a largement de quoi venir combler ce manque offensif dans un groupe finalement peu modifié et donc toujours aussi redoutable. Derrière, le SIPG montre les crocs. Attirant Elkeson, le dauphin 2015 a probablement réussi le meilleur coup de l’hiver et l’association de la machine à but brésilienne avec le duo Conca – Gyan a de quoi effrayer bien des défenses chinoises. Reste à Sven-Göran Eriksson à faire tourner tout ce petit monde ensemble et surtout au SIPG à réussir à tenir la cadence du quintuple champion sortant. Derrière ces deux favoris, plusieurs équipes peuvent prétendre au statut de prétendant. A commencer par Shandong et Beijing. Le Luneng de Mano Menezes et le Guoan d’Alberto Zaccheroni font leurs courses au Corinthians, le premier attirant l’ancien valenciennois Gil, le second s’offrant Ralf et Renato Augusto et disposent d’un quota de sud-américains de qualité qui font des troisièmes et quatrièmes du dernier championnat de véritables candidats à une place en Ligue des Champions. Il faudra cependant se méfier de l’ambitieux Jiangsu. Passé sous le giron du groupe Suning, l’ancien Sainty a fait parler de lui cet hiver en s’offrant Ramires et explosant le record du marché avec la signature d’Alex Teixeira. Difficile de penser que cela suffira à faire du club de Dan Petrescu un candidat au titre mais le Suning a tout pour venir se mêler un temps à la lutte pour les accessits, histoire de franchir un palier supplémentaire.

Derrière ce groupe, si le petit promu Yanbian Funde est promis par bien des suiveurs à une saison à passer à lutter pour éviter la relégation, le reste de la meute semble très proche (rappelons que la saison dernière, le premier relégué, Guizhou, n’avait que six points de retard sur le huitième. De cette meute, on suivra avec attention l’équipe la plus Ligue 1 du championnat, Hebei et ses Lavezzi, Mbia, Gervinho, Kakuta, et l’ancien club de Francis Gillot, Shanghai Shenhua, désormais coaché par Gregorio Manzano, auteur d’un excellent travail au Guoan et qui donc connait parfaitement la réalité de la CSL, qui pourra s’appuyer sur le duo colombien Freddy Guarín – Gio Moreno pour alimenter l’intéressant duo Demba Ba – Obafemi Martins devant. Si on cherche une équipe capable de déjouer les pronostics, ce pourrait bien être le Shenhua.

Le programme 

Crédits photos : Une / Teixeira STR/AFP/Getty Images, Jackson :  Zhong Zhi/Getty Images

 

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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