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Mexique – Clausura 2016 : Cruz Azul et Tigres montrent les crocs

  • Écrit par Nicolas Cougot

Alors que la mi-tournoi approche, l’heure d’affirmer ses ambitions était venue pour certains prétendants qui, quelque peu en retard, devaient rapidement se mettre sur le bon chemin sous peine de se retrouver débordé.

La vraie Máquina

Depuis le début du tournoi, Cruz Azul avait suscité bien des éloges. Entre les moments de vraie fulgurance collective et les nombreuses occasions de montrer enfin son caractère, la troupe de Tomás Boy avait permis de redonner une certaine crédibilité à Cruz Azul. Reste à franchir un palier pour redevenir digne du surnom de Máquina, la venue du spectaculaire leader, les Rayados de Monterrey était l’occasion rêvée. L’examen a été passé avec la manière. Un football dynamique, fougueux, dès les premières secondes du match, Cruz Azul s’est transformé en Máquina. Etouffés, les Rayados allaient ainsi logiquement craquer sur corner lorsqu’une remise de la tête de Domínguez permettait à Mendoza d’ouvrir le score. Malgré la maigre réplique signée Cardona sur coup-franc, Cruz Azul ne changeait rien et déroulait, à l’image du second but, conclusion d’un mouvement collectif joué en deux temps, une première phase de conservation suivie de deux banderilles verticales, la dernière de Víctor Vázquez pour offrir à Jorge Benítez l’occasion de fusiller Jonathan Orozco sorti à sa rencontre. L’espagnol était à l’origine du penalty que Guerrón s’en allait manquer quelques instants plus tard avant, seul au second de manquer le cadre dans les secondes qui suivaient, l’ancien Tigres semblant faire preuve de compassion envers l’ancien rival. Benítez n’en avait pas la moindre et, servi par Rojas, allait inscrire l’implacable 3-0 en moins d’une mi-temps. Le reste n’était que gestion et belle histoire. 71:05, el Chaco Giménez entrait à la place de Guerrón, 71:55 sa tête plongeante offrait le 4-0 et scellait ainsi le récital azul qui venait de rappeler au Turco le douloureux souvenir d’un Clásico Joven d’octobre 2014.

Photo : JULIO CESAR AGUILAR FUENTES/AFP/Getty Images

Les griffes des Tigres

Hasard du calendrier, la huitième journée offrait un deuxième duel Mexico – Monterrey, un autre duel de prétendants au titre. Au Volcán, les Tigres accueillaient América pour un match qui permettrait à son vainqueur de revenir sur les Rayados. A une semaine du Clásico Regio, la bande à Gignac ne s’est ainsi pas privée de revenir sur son meilleur ennemi. Pourtant, les joueurs de Tuca ont éprouvé bien des difficultés à ses sortir d’un milieu cadenassé par Nacho Ambriz et le premier acte n’était finalement qu’une bataille tactique ou les nombreuses fautes venaient hacher le jeu. Il allait falloir trois évènements à l’entrée des vingt dernières minutes pour que le match décolle enfin. Le premier était l’entrée en jeu de Damián Álvarez qui allait permettre aux Felinos de reprendre le dessus au milieu, le but de Jesús Churpias Moreno, servi plein axe seul face à Nahuel et enfin l’exclusion de Pablo Aguilar quelques instants après l’égalisation de Damián. Les fauves étaient alors lâchés. Juninho transformait le penalty, le duo Gignac – Sóbis achevait définitivement les Águilas en 60 secondes. Tigres s’impose 4-1, offre la 400e victoire à Tuca Ferretti et prépare au mieux le Clásico de dimanche prochain en revenant à quatre points de son ennemi local.

Photo : MARIA CALLS/AFP/Getty Images

León tombe, Pachuca se rapproche

La chute des Rayados était aussi l’occasion rêvée pour León et Pachuca de se rapprocher davantage au classement, la Fiera pouvant même en profiter pour revenir à hauteur du leader. Malheureusement pour les hommes de Luis Fernando Tena, le visiteur du jour, tout aussi mal en point fut-il au coup d’envoi, n’était pas l’adversaire idéal. Le Jaguares du Bigotón La Volpe se présentait au Nou Camp avec le souvenir du 6-2 infligé à la Fiera il y a 5 mois. Le principal souci des hommes de Tena était une fois encore le manque de profondeur, de verticalité, le seul Mauro Boselli devant ne suffisant pas à générer suffisamment de danger. De l’autre côté, les hommes de La Volpe exploitaient parfaitement les espaces laissés par l’arrière garde locale et Silvio Romero s’en amusait en 120 secondes, le temps d’un doublé qui assommait León. Au retour des vestiaires, l’entrée de Maxi Moralez à la place de Germán Cano redonnait de l’allant à la Fiera, Boselli et Burdisso manquaient de peu la réduction du score, Tena lançait alors Luis Montes, León jouait encore plus haut, se procurait d’autres belles situations mais l’inévitable se produisait, à l’entrée des 10 dernières minutes, Luis Venegas concluait un contre des Jaguares pour tuer le match.

La belle affaire est donc pour la jeunesse dorée de Pachuca revenue de la Bombonera avec un succès acquis d’entrée de partie. Il ne fallait en effet que 25 secondes à Chucky Lozano pour conclure une merveille d’action collective des Tuzos et tromper Tala. 60 secondes plus tard, Lozano passait à un Talavera près de tuer le match, quelque peu sonné, Toluca mettait plusieurs minutes à se réveiller. Le reste n’était alors que pression constante des Diablos Rojos qui allaient se créer quelques belles situations sans pour autant parvenir à tromper un Óscar Pérez toujours aussi parfait dans ses cages. Voilà ainsi comment Pachuca prend seul la seconde place du général et peut même entrevoir retrouver la place de Superlíder si le Clásico Regio venait à mal tourner pour les Rayados.

Empatar

Empatar signifie faire match nul en espagnol et n’a jamais aussi bien collé à la peau de Chivas. Car une fois encore les hommes d’Almeyda ont fait ce qu’il fallait pour s’imposer, une fois encore ils ont failli. Failli comme sur le penalty manqué d’Omar Bravo ou encore sur le contre-son-camp d’Edwin Hernández alors que le Rebaño avait parfaitement lancé son match face aux Xolos, Brizuela ouvrant le score dès la cinquième minute. Puis plus rien, les débordements de Brizuela, les tentatives de Bravo et autres tentatives folles de Gullit n’y changeaient rien, même en supériorité numérique pendant une demi-heure. Chivas concède un nouveau match nul, le sixième en huit matchs et attend encore désespérément une victoire. Le souci est que jusqu’ici, le Rebaño était sauvé par la catastrophique entame des Dorados et leur zéro pointé en sept matchs. Pourtant, les deux dernières sorties de joueurs de Sinaloa avaient laissé entrevoir une sortie prochaine des abysses de la Liga MX. Ne restait qu’à trouver l’adversaire idéal, ce fut (comme souvent) Atlas. Le CM du club aura ainsi parfaitement choisi son moment pour chambrer en avant-match, lançant un sondage d’où la seule réponse possible était une victoire des Zorros car sur le terrain, les Dorados ont d’abord totalement dominé le premier acte, ouvrant le score à la demi-heure sur penalty avant de se crisper en seconde période suite à l’égalisation de Bergessio. Mais là où les locaux auraient craqué il y a encore quelques semaines, les hommes de Jose Guadalupe Cruz allaient reprendre les devants (but de Jairo González) puis résister avec courage et (enfin !) une dose de chance, sauvés par les montants en fin de partie. Et voilà comment les Dorados, déjà enterrés par bien des suiveurs, pourraient croire à un miracle, quatre victoires pouvant les ramener au contact d’un Chivas qui serait alors davantage sous pression.

Les buts

 

 

Résultats

Classement

# Équipe J V N D Pts BP BC +/-
1 Rayados Monterrey 17 12 1 4 37 38 23 15
2 Pachuca CF 17 8 6 3 30 31 16 15
3 León 17 9 3 5 30 29 19 10
4 América 17 8 5 4 29 34 22 12
5 Chivas 17 7 7 3 28 26 16 10
6 Monarcas Morelia 17 8 4 5 28 25 24 1
7 Santos Laguna 17 8 3 6 27 22 20 2
8 Tigres UANL 17 6 6 5 24 29 19 10
9 Cruz Azul 17 5 7 5 22 25 24 1
10 Pumas UNAM 17 5 7 5 22 23 24 -1
11 Deportivo Toluca 17 5 7 5 22 20 21 -1
12 Puebla FC 17 5 7 5 22 21 26 -5
13 Querétaro FC 17 5 4 8 19 21 26 -5
14 Tijuana 17 3 9 5 18 17 26 -9
15 Atlas 17 3 5 9 14 18 26 -8
16 Dorados de Sinaloa 17 4 2 11 14 18 32 -14
17 Tiburones Rojos de Veracruz 17 2 8 7 14 18 34 -16
18 Jaguares Chiapas 17 3 3 11 12 16 33 -17

Photo en une : YURI CORTEZ/AFP/Getty Image

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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