Coupe du Monde 2026 : Le Canada change ses plans

Alors que l’organisation de la Coupe du Monde 2026 est actée pour le continent nord-américain, le Canada a dû revoir sa copie au dernier moment. 

 

Désistements et rebondissement au Canada pour la Coupe du Monde 2026

Le verdict est tombé la veille du lancement de la Coupe du Monde 2018. La 23e édition de cette compétition internationale de football organisée par la FIFA est bel et bien attribuée au projet américano-canado-mexicain. Les trois pays majeurs de l’Amérique du Nord accueilleront ainsi pendant près d’un mois les meilleures nations du football qui se qualifieront lors des phases éliminatoires intercontinentales, ainsi que tous leurs supporteurs. Sur les 80 rencontres qui se disputeront, si ce n’est plus, dix seront attribuées au Canada. Et pour certaines provinces du pays le plus au Nord, les conditions d’organisation n’ont pas convenu à toutes les provinces. À l’image de Vancouver et la Colombie-Britannique qui se sont retirées de la liste en début d’année 2018.

Trois villes canadiennes accueilleront la Coupe du Monde 2026

Pour l’attribution de la Coupe du Monde 2026, c’est le projet américano-canado-mexicain qui a séduit le comité de la FIFA. Le vote a ainsi départagé cette candidature commune des trois pays majeurs du Nord de l’Amérique, face au Maroc, qui aurait pu être le second pays africain, et le premier du Maghreb, à porter le drapeau de la FIFA et des 32 nations qui se qualifieront. Mais le sort en a été autrement, et c’est bien au Canada qu’une dizaine de rencontres prendront place. Il a ainsi été décidé trois villes autour de ce projet : Montréal, Edmonton et Toronto. Pour Montréal, c’est une chance presque inespérée, d’autant que ce devaient être Vancouver et la province de la Colombie-Britannique, avec le stade BC Pale qui était sollicité. Mais ce retrait, dont nous vous fournirons les détails dans le point suivant, a souri à Montréal, qui profite de l’appui du Québec, mais aussi d’Ottawa, pour en couvrir les principaux frais. Il est à souligner que pour tous les stades faisant partie de cette candidature nord-américaine, aucun travaux ou réalisation de grandes infrastructures ne devraient sortir de terre, les édifices étant déjà existants, et comprenant tous une capacité moyenne de 68 000 spectateurs. Une donne qui change tout particulièrement de la Coupe du Monde 2018 en Russie, avec des stades créés pour l’occasion, ou encore des réhabilitations incongrues, comme cela a pu être le cas à Ekaterinburg.

Vancouver et le BC Pale se retirent

Si tous se félicitent de l’organisation de la 23e édition de la Coupe du Monde pour 2026 attribuée au continent Nord-américain, avec la participation des États-Unis, du Canada et du Mexique, certaines villes vont bouder leur plaisir. À commencer par Vancouver. Ville portuaire et véritable mégalopole du Canada, à quelques kilomètres de la frontière des États-Unis, sur la côte Ouest, la province de la Colombie-Britannique n’a pas soutenu le projet comme il se devait. Si les bookmakers et sites de paris sportifs s’en donnaient déjà à cœur joie, tout comme les supporteurs en première ligne, la surprise est plutôt de mauvais goût. La véritable raison de ce retrait de Vancouver pour la Coupe du Monde 2026 ? Il faut la demander au gouvernement de la Colombie-Britannique. Le problème serait lié au stade inscrit par la liste du projet américano-canado-mexicain. Le BC Pale est une enceinte appartenant directement à la province, et non à Vancouver. C’est alors que la ministre Lisa Beare, en début d’année 2018, a souhaité que le stade soit changé, pour l’attribuer à l’édifice détenu par la municipalité de Vancouver. Or, le changement n’aurait pas été effectif, et à quelques jours de l’envoi de la liste des stades inscrits, Vancouver et la Colombie-Britannique se sont retirés. Si cette histoire a fini par sourire à Montréal, il n’en est pas moins que Vancouver est la deuxième plus grande ville du pays, et son exposition aux yeux du monde aurait très largement favorisé le tourisme, tout comme pour la province.

Calgary en lice pour les Jeux Olympiques d’hiver 2026

Il est une seconde ville du Canada qui ne s’est pas vu remettre de matchs pour la 23e édition de la Coupe du Monde, c’est Calgary. Non pas que la ville du Sud du pays soit orpheline de stade suffisamment grand et habilité pour ce type de compétition, mais plutôt pour une autre raison. Alors que la Coupe du Monde en Russie est arrivée à son terme, et que l’Amérique du Nord est désignée pour celle de 2026, il est également une autre compétition majeure qui se déroulera cette année-là aussi, ce sont les Jeux Olympiques d’hiver. Actuellement, cinq villes concourent pour se voir attribuer l’organisation d’un des plus grands événements du sport international. Si l’Autriche a retiré sa candidature, avec les villes de Graz et Schladming, les possibilités encore présentes sont Stockholm pour la Suède, Ampezzo-Milan-Turin pour l’Italie, Sapporo au Japon, Erzurum en Turquie, et surtout Calgary pour le Canada. Alors que l’attribution et le verdict sera annoncé en fin d’année 2018, Calgary semble disposer de toutes ses chances. Le Japon et Sapporo privilégieraient une candidature plutôt pour 2030, Turin les a accueilli déjà en 2006, et pour Erzurum, la situation instable en Turquie ne plaiderait pas en faveur d’une compétition en toute sécurité. Non, le seul véritable concurrent pour Calgary, ce serait bien Stockholm. Mais la Suède est-elle capable de fournir toutes les garanties nécessaires ? C’est une décision qui sera prise en fin d’année 2018 qui en décidera.

Plus de 4 000 kilomètres séparent les deux stades les plus éloignés

Avec l’organisation de la Coupe du Monde sur trois pays différents, et comprenant l’ensemble de l’Amérique du Nord, dont le Canada, les États-Unis et le Mexique, c’est une grande première pour la FIFA. D’autant que ce projet aussi ambitieux que réaliste soit-il, risque d’entraîner de grandes problématiques au niveau logistique, notamment pour les 32 nations en lice. Si le changement d’environnement, de pays, et même de centre d’entraînement est à prévoir, les déplacements de plusieurs milliers de kilomètres pourraient entraîner une compétition très difficile physiquement pour les joueurs. Le constat est même établi qu’entre le Commonwealth Stadium d’Edmonton au Canada, celui qui sera le plus au nord géographiquement, et le stade le plus au sud, au Mexique, avec l’Azteca, plus de 4 000 kilomètres de distance les séparent, à vol d’oiseau. Il faut ajouter à cela un changement permanent de fuseaux horaires, avec près de trois heures de différence entre Los Angeles et Montréal, et surtout des changements de camp de base réguliers, notamment pour les équipes qui souhaiteront aller le plus loin dans la compétition. C’est donc un projet des plus ambitieux, la FIFA se disant prête à relever le défi, Donald Trump faisant main basse sur sa loi anti-immigration seulement pendant la durée de la compétition, et un Justin Trudeau des plus emballés à l’idée que son pays rayonne à travers le monde, et que des milliers de supporteurs viennent découvrir les merveilles du Canada.

Pour la petite anecdote, les délibérations au moment des votes départageant la candidature Américano-Canado-Mexicaine et celle du Maroc pour la Coupe du Monde 2026 n’ont pas été des plus simples. Et les choix pour les votes, révélés au grand jour, pour de nombreuses nations ont pu surprendre. C’est notamment le cas du Brésil. Le pays connaissant de vives tensions a choisi de se mettre à dos une partie des États-Unis, et le reste du continent nord-américain, en choisissant d’apporter sa voix au Maroc. Cette décision est d’autant plus surprenante dans le cas où tous les pays sud-américains s’étaient mis d’accord pour soutenir la candidature du Nord, avant que les rôles ne s’inversent pour 2030. Qui aime bien châtie bien. Vraiment ?

Une Coupe du Monde 2026 centrée sur les États-Unis

Pour beaucoup, la Coupe du Monde 2026 attribuée au continent nord-américain est une excellente nouvelle. Il ne devrait pas y avoir de problèmes d’organisation, et surtout, les stades devraient être à la hauteur des attentes des supporteurs, comme des nations du football engagées. Mais il est malgré tout un constat pointé du doigt. Les États-Unis sont le centre du projet. Laissant ainsi quelques miettes au Canada et au Mexique. Si l’attribution et la décision du stade pour le match d’ouverture reste à déterminer entre Los Angeles et Mexico, le stade Azteca de cette dernière ne pourrait pas profiter d’une plus belle affiche qu’un huitième de finale. Idem pour le Canada, et la sentence semble irrévocable. Sur les 80 matchs de la Coupe du Monde 2016, 60 sont destinées aux États-Unis. Entre Los Angeles, Washington, Miami, Atlanta, Baltimore, Dallas, Orlando ou encore Seattle et New York, la liste est longue du côté de la première puissance mondiale. Le Canada, pour rappel, ne compte que trois villes, et le Mexique également, avec Guadalajara et Monterrey en complément de sa capitale.

Mais la donne pourrait finalement changer. La FIFA habituée aux coups de théâtre, mais pas toujours pour les meilleures sorties, proposerait une organisation non pas à 32 nations comme c’est le cas depuis maintenant une trentaine d’années, mais bien 48. Cette mesure devrait même être applicable dès 2022, pour la Coupe du Monde au Qatar, et sans un bruit, cette idée murmurée à l’oreille d’un Infantino de transition commence à prendre de l’ampleur. Jusqu’à devenir réalité, les journées sont encore trop longues pour le savoir.