La Primera B chilienne entre suspense et polémiques

Pendant que l’élite chilienne vibre pour ses géants, certains la représentant de la meilleure des manières lors des competitions continentales, dans son ombre, la seconde division tente d’exister. Non seulement médiatiquement mais aussi sur le terrain. Un aspect qui a été sujet à polémiques.

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Souvent, les secondes divisions des pays sont les cibles favorites des amateurs de sites de paris. Elles sont pourtant bien plus qu’une simple antichambre de l’élite d’un pays puisqu’elles représentent souvent l’avenir de bien des jeunes footballeurs qui s’aguerrissent avant de viser plus haut. C’est ainsi qu’une seconde division en bonne santé est aussi un élément important dans un football. Ce ne semble ainsi pas être le cas au Chili.

Nicolás Peric est un personnage du football chilien. Formé aux Rangers, le portier qui est revenu cette année dans son club possède une expérience riche, lui qui a évolué dans plusieurs clubs de l’élite chilienne (Rangers, Universidad de Concepción, Unión Española, Audax Italiano, Everton, Cobreloa) et a connu quelques expériences à l’étranger, du Paraguay (Olimpia), à la Turquie (Gençlerbirliği) en passant par l’Argentine (Argentinos Juniors), et a connu les joies de la sélection A. Cette solide expérience lui offre une vision globale du football et sa forte personnalité – il est connu pour ne pas mâcher ses mots, ce qui lui a valu quelques fois des soucis dans ses anciens clubs – le pousse à intervenir dès lors que les choses ne lui plaisent pas. C’est ainsi que le capitaine des Rangers de Talca n’a pas hésité à pointer les maux qui touchent la Primera B chilienne (la deuxième division) dans laquelle il évolue aujourd’hui.

Au soir de la victoire des siens à San Marcos de Arica, Peric s’en est ainsi violemment pris à l’ANFP, la ligue, jugée responsable de ce qui se passe en deuxième division : « C’est une division étrange qui se caractérise par une grande irrégularité sur tous les aspects avec une quantité de mauvaises décisions des arbitres. Aujourd’hui (NDLR : le dimanche de la victoire des siens) les décisions prises à notre encontre nous ont acculé sur notre but. Il y a trop de choses bizarres, c’est une division à la dérive ». Celui que l’on surnomme El Loco n’en est cependant pas resté là, portant le débat bien au-delà que sur le simple thème des décisions arbitrales. « Je viens de dire à mes coéquipiers dans le vestiaire qu’il y a des choses qui me choquent et m’ont impressionné dans le mauvais sens du terme. L’abandon total, le fait que l’on a déjà disputé huit journées et que nous n’avons eu qu’un seul contrôle anti-dopage, des terrains impraticables… C’est une souffrance, le terrain du Carlos Dittborn est impressionnant, je ne peux croire que c’est un terrain de seconde division. Il y a de nombreuses équipes qui voyagent en bus sur je ne sais combien de kilomètres et les dirigeants ne s’en préoccupent pas plus. Je pourrais passer longtemps à tout énumérer, il y a tant de choses à améliorer », a-t-il ainsi ajouté. La seule solution pour Peric ? Qu’un nouvel opérateur prenne en charge la retransmission des matchs du championnat dans leur ensemble : « J’espère seulement que Turner va prendre en charge le football chilien pour qu’il transmette la B. Dans le cas contraire, cela va mal se finir ».

Reste que sur le terrain, la Primera B chilienne est un marathon. Au bout de trente journées, le leader du classement est automatiquement promu en première division, les suivants devant passer par une Liguilla, des play-offs à la sud-américaine. Le second au général gagne une place en finale de cette Liguilla, les quatre équipes suivantes doivent ensuite s’affronter en matchs aller-retour pour décrocher la deuxième place en finale, une finale également disputée en match aller-retour. À sept journées de la fin du championnat, la Primera B est sous contrôle de Coquimbo Unido qui possède désormais cinq points d’avance sur Cobresal et le Deportes Valdivia. Derrière, la lutte est intense tant les positions sont resserrées. Parmi les candidats à la montée et surtout à la Liguilla, on retrouve d’anciennes gloires du football chilien comme Cobreloa, ancien finaliste de la Copa Libertadores (lire L’histoire d’un nom (12) : Club de Deportes Cobreloa), Magallanes, premier champion de l’histoire du football professionnel chilien dans lequel évolue un français, Richard Barroilhet (auteur de cinq buts en championnat cette saison – deuxième meilleur buteur du club) et surtout la légende Sebastián Abreu. En embuscade, on retrouve un autre historique du football chilien, les Santiago Wanderers, relégués l’an passé, et qui, après avoir connu une longue période d’adaptation, se replacent dans la course à la Liguilla après cinq victoires consécutives. Qu’elle soit critiquée pour son fonctionnement ou pas, une chose est sûre, la Primera B est un long combat, à sept journées de son terme, bien malin celui qui pourra nommer les futurs promus.