Le football se tourne vers la crypto

Crypto-monnaie, blockchain, token. La technologie blockchain est un protocole de stockage et de transmission d’information transparente et sécurisée. Sa principale application est celle des crypto-monnaies comme Bitcoin. Leur développement est tel qu’il existe de nos jours des systèmes de trading utilisant ces crypto-monnaies ou des plateformes de négociation, et que tous les pans des activités économiques semblent promis à s’y tourner. C’est ainsi que le monde du football ne pouvait y échapper.

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Il y a les joueurs, comme James Rodríguez qui avait lancé ses JR10 Token en mai dernier, il y a aussi et surtout les institutions et les clubs. À l’occasion de la Supercoupe d’Europe en août dernier, l’UEFA avait mis en place cette technologie pour vendre les tickets pour le match. Utilisant une application basée sur le principe du blockchain, l’objectif était de distribuer les billets de manière la plus sûre possible et ainsi lutter contre les duplications et autres falsifications. Mais le système de crypto-monnaie a aussi une application pour les clubs dans leur relation avec les supporters. En 2019, le PSG va ainsi lancer sa propre crypto-monnaie afin d’ « approfondir l’engagement des fans », via l’acquisition de jetons qui permettront aux acquéreurs de devenir des sortes de socios du club et ainsi avoir un pouvoir décisionnaire lorsque consultés sur diverses questions (qui restent cependant à définir). Mais l’Europe n’est pas pionnière en la matière, le Brésil par exemple a déjà un temps d’avance.

En janvier 2018, le club de Bragantino a signé un partenariat avec une entreprise de crypto-monnaie et a lancé le mouvement. Mi-septembre, Avaí a signé avec SportyCo et Blackbridge pour lancer ses propres token, ces jetons de crypto-monnaie, devenant ainsi la première institution sportive locale à utiliser les monnaies virtuelles. Nommé Avaí FC Token, ces jetons vont ainsi servir à lever des fonds pour permettre au club d’accéder rapidement à l’élite nationale puis aux compétitions continentales. « Notre objectif est de lever au minimum 8M USD » a ainsi informé le club. Début juillet, l’Atlético Paranaense avait annoncé sa volonté de développer son projet de crypto-monnaie et s’était associé avec une startup française, Innovi LTD, avec là aussi, la volonté de lever des fonds pour financer les dépenses de l’équipes et prendre en charge une partie des salaires des joueurs. Le Corinthians a également signé la même alliance avec l’entreprise française même si pour l’instant aucune communication n’a été faite quant à son objectif. Plus au Sud, le petit club de Cruzeiro-RS (aucun lien avec la Raposa) a annoncé une levée de fonds via l’émission d’actifs numériques échangeables contre des crypto-monnaies (ICO) afin de financer la rénovation de ses infrastructures. Le club compte ainsi lever près de 16 M USD par ce biais. À terme, et comme le montre l’exemple du petit club turc Harunustaspor, on pourra envisager l’utilisation des crypto-monnaies pour payer directement la totalité du salaire des joueurs. Le président d’Iconic, l’entreprise qui gère la levée de fond de Cruzeiro-RS a ainsi déclaré : « Nous savons que les petits clubs connaissent des situations économiques difficiles. Ces solutions leur permettent de lever des fonds sans creuser leur dette ». Dans un continent où la situation économique des clubs, petits et grands, est souvent précaire, il ne serait pas surprenant de voir ce type d’initiatives se multiplier tant elle apparait comme un moyen direct de lever des fonds tout en renforçant son lien avec les fans. Mais elle devrait également remettre sur le devant de la scène la question du contrôle des sources de ces financements.