Brésil : Copinha, le point et la belle histoire

Au Brésil, l’année débute par l’équivalent de la Gambardella, la Copa São Paulo qui se déroule cette année du 2 au 25 janvier. Petit point sur la compétition.

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En 2019, le tournoi majeur de la catégorie U-20 du Brésil célèbre ses cinquante ans, c’est vous dire si cette compétition exclusivement jouée dans l’État de São Paulo, d’où son nom, est un rendez-vous incontournable du football auriverde. Passé la première phase, où les cent vingt-huit participants, venus de tout le pays, sont répartis en trente-deux groupes dispersés dans diverses villes d’un territoire mesurant une bonne moitié d’hexagone, viennent plusieurs tours de matchs à élimination directe, les trente-deuxièmes, les seizièmes, etc… Et donc les huitièmes, stade auquel se trouve la Copa à l’heure actuelle.

copinha

Si la plupart des grosses écuries sont au rendez-vous, comme le Corinthians, Palmeiras, São Paulo et les deux gros mineiros Cruzeiro et Atlético-MG, il y a eu de la casse chez certains autres. Les équipes cariocas ne comptent plus que Botafogo et le Vasco pour défendre l’honneur de Rio, et Grêmio fera cavalier seul pour le compte du Rio Grande do Sul. Exit donc Santos, sorti dès les poules, l’Internacional, Fluminense et Flamengo, le tenant du titre. Face à eux, hormis les familiers de l’élite Coritiba, Figueirense et Guarani, se dressent une horde de petits poucets, dont les équipes fanions sont de coutumes plus habitués aux affres des divisions inférieures qu’aux lumières du Brasileirão. Rio Preto, Mirassol, et Audax pour l’État de São Paulo, Volta Redonda pour celui de Rio de Janeiro, et enfin, le tout petit mais très poétique Visão Celeste – Vision Céleste en VO – qui portera haut les couleurs de l’État du Rio Grande do Norte et de la région Nordeste. Vous l’aurez compris, l’on accoure des quatre coins du Brésil pour disputer la Copa São Paulo, qui livre ainsi chaque année son lot de jolies histoires, comme celle du Galvez Esporte Clube, l’un des clubs de Rio Branco, capitale d’un État perdu aux confins de la forêt amazonienne : L’Acre.galvez

Si les jaunes et verts ont réalisé l’exploit de se hisser jusqu’à la troisième phase de la compétition, une rareté pour un club de ces régions les plus sauvages du pays, la performance prend une tout autre saveur quand l’on apprend que le club, qui ne pensait pas avancer si loin, n’a pu obtenir que 30% de remboursement sur l’annulation de son vol prévu après la première phase, se retrouvant donc sans le sou pour payer le ticket du retour. Fort de cette information, le bourreau des Acrianos, le richissime Palmeiras, a donc eu l’élégance de régler cette inconfortable situation en leur offrant un peu de matériel sportif au passage, conviant par là même les jeunes joueurs du Galvez et leurs dirigeants à une visite de l’Allianz Parque en compagnie du gardien du Verdão Weverton, natif de... l’Acre ! C’est y pas beau ça m’sieurs-dames ?

Via Lance

Auteur
Simon Balacheff
Author: Simon Balacheff
Médiateur culturel, travailleur humanitaire et bloggeur du ballon rond tourné vers l'Amérique Latine. Correspondant au Brésil pour Lucarne Opposée
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