Droit des femmes : pas de diffusion de la Supercoupe d’Espagne saoudienne

Délocalisée en Arabie saoudite, la Supercoupe d’Espagne, qui mettra aux prises Barcelona, Real Madrid, Atlético de Madrid et Valencia, ne sera pas diffusée par la télévision publique espagnole.

 

La question des droits de l’homme est un sujet qui revient régulièrement sur le devant de la scène lorsqu’une compétition est organisée au Qatar ou en Arabie saoudite. Mais rares sont les actions visant ses deux pays. C’est ainsi qu’afin de protester contre la situation des femmes en Arabie saoudite, la chaine espagnole publique TVE a décidé de ne pas se porter candidate à l’achat des droits de la Supercoupe d’Espagne, prévue en janvier prochain et qui regroupe quatre équipes, le FC Barcelone, le Real Madrid, l’Atlético de Madrid et Valencia pour une sorte de final four.

Il faut dire que la situation de l’Arabie saoudite est plus que préoccupante en matière de respect des droits de l’Homme. En mars dernier, trente-six États avaient signé une déclaration commune critiquant la répression du gouvernement saoudien contre les défenseurs des droits de l’Homme. En janvier dernier, la mise en vente des billets de la Supercoupe d’Italie, organisée en Arabie saoudite, avait déjà suscité des polémiques après que les femmes devaient être accompagnée d’un homme pour entrer dans le stade. Déjà à l’époque, plusieurs députés italiens avaient appelé à un boycott de la diffusion par la RAI, mais celle-ci avait finalement retransmis l’épreuve. Ajouté à la question des droits de l’Homme, la polémique sur le streaming illégal secoue également la relation entre Arabie saoudite et football. Le bouquet BeOutQ, lancé en protestation suite à la rupture des relations entre Arabie saoudite et Qatar, avait déjà défrayé la chronique en diffusant illégalement la Coupe d’Asie de janvier 2019 alors que le détenteur des droits était qatari. Pour lutter contre cela lors de sa Ligue des Champions, l’AFC avait répondu en diffusant gratuitement ses matchs sur le territoire saoudien, provoquant la colère du détenteur Bein MENA. Cela a notamment poussé les instances régionales et mondiales à s’unir dans un communiqué commun dans lequel elles condamnaient cette pratique et menace d’autant plus l’Arabie saoudite. La décision de la TVE constitue un cap supplémentaire.

« Nous pensons que nous ne devons pas lutter pour obtenir les droits d’une Supercoupe qui va se jouer dans un endroit où les droits de l’Homme ne sont pas respectés », a ainsi évoqué un porte-parole de la TVE à l’AFP. Une situation unique et une décision forte qui pourraient créer un précédent. Reste à savoir si d’autres compétitions, organisées dans d’autres pays où les droits humains sont en périls, génèreront le même type de réactions de la part des diffuseurs.