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Coupe de la CAF : Pourquoi le Zamalek a coulé à Sousse

  • Écrit par Farouk Abdou

Le triplé Championnat-Coupe d’Egypte-Coupe de la CAF du Zamalek a pris un sacré plomb dans l’aile dimanche en Tunisie. Les certitudes et l’allant des coéquipiers de Bassem Morsi ont volé en éclats dès le match aller (5-1) face à une Etoile du Sahel qui, semaine après semaine, aligne les grands matchs avec une régularité bluffante et sans perdre en intensité. Autopsie d’un naufrage zamalkaoui quasi-rédhibitoire pour voir la finale de C3.

L’Etoile était dans le rythme pour se sublimer

Les hommes de Benzarti courent après les titres depuis Juin, et n’ont pas encore montré de (gros) signe d’essoufflement. Le Raja, une poule de CAF et 6 matchs à couteaux tirés, 4 matchs de coupe de Tunisie en 25 jours, reprise du championnat dans la foulée, l’ESS répète les efforts et multiplie les rencontres de très grande intensité. Des confrontations durant lesquelles l’Etoile a dû puiser dans ses ressources et s’arracher pour obtenir des résultats, avec un style de jeu toujours agressif et porté vers l’offensive.

En chemin, les sahéliens ont égaré ou abandonné des hommes-clés (blessures de Kom, Bangoura et Ben Amor, convalescence de Bédoui, suspensions chroniques de Bounedjah, etc.) mais le collectif, niveau tactique et concentration, est au point.

Le jeu de possession du Zamalek était-il prêt à encaisser le pressing et l’acharnement des étoilés, qui leur sont rentrés dedans dès l’entame de la rencontre ? Pendant près de 70 minutes, Morsi et Kahraba ont été isolés, la circulation de balle a été contrariée, et les égyptiens n’ont pu se montrer dangereux que lorsque les locaux ont baissé d’un cran. Soit une petite vingtaine de minute à cheval sur les deux périodes. Le reste du temps, l’ESS a pu imposer son rythme et les cairotes n’ont pas existé.

La défense centrale s’est prise Bounedjah de plein fouet

On ne le dira jamais assez, quand le bison algérien range ses défauts au placard (bras d’honneur, simulations, cartons stupides, indiscipline etc.) et s’occupe uniquement du match, c’est une référence sur le continent en terme d’attaquant de pointe. Baghdad a donc joué son rôle de point d’ancrage pour maintenir le bloc étoilé haut, et servi une partition complète à base de frappes, déboulés, conservation de balle à 1 contre 5.  L’arrière-garde égyptienne, déboussolée et obnubilée par le numéro 9, a laissé des espaces aux autres éléments qui se sont projeté dans la surface (but de Brigui et but de Ben Aziza libre au second poteau).

Sur le but de Bounedjah, deux erreurs individuelles indiquent que l’arrière-garde du Zamalek a trop vite baissé pavillon : le manque d’engagement de Koffi qui laisse l’attaquant lui passer devant, et la sortie de Shennawi qui lui facilite la tâche sur sa frappe croisée.

Les couloirs : L’ESS a mieux exploité les points faibles adverses

Les deux mobylettes du flanc droit étoilé (Brigui et Nagguez) ont rapidement montré de bonnes dispositions et affirmé leur supériorité sur leur vis-à-vis. Iheb Msakni a orienté le jeu de ce côté-là, les deux premières attaques-très incisives- sont venues de droite, et la deuxième a abouti au premier but. Par ailleurs, l’épouvantail Mahmoud Kahraba a été éteint par Hamdi Nagguez. L’espoir égyptien, étincelant ces dernières semaines, n’a quasiment créé aucune différence.

Sur l’autre flanc, c’est une autre histoire. Le latéral gauche de l’Etoile Ghazi Abderrazek, souvent en difficulté et talon d’Achille de la défense, prend des courants d’air à tous les matchs. Zarzis et Gabès en ont notamment bien profité en Coupe de Tunisie en Août. Mais sa faiblesse n’a été que trop rarement exploitée par le Zamalek : Hefny sur la réduction du score-pas franchement gêné par Abderrazek avant de déclencher sa frappe- et le déboulé de Hazem Emam (voir ci-dessous).

Ce fut à peu près tout. Au lieu d’insister à droite, les champions d’Egypte auraient été mieux inspirés de venir titiller Abderrazek plus souvent.

Hazem Emam, pas de penalty et pas de but de l’année

L’action qui pèse lourd dans le bilan final se déroule à la 31ème minute. L’Etoile du Sahel mène 2-1, et le capitaine du Zamalek Hazem Emam se lance dans une chevauchée folle qui laisse Abderrazek et Lahmar sur place. Emam repique dans l’axe, élimine Jmel d’un enchaînement passement de jambes-petit pont de toute beauté. Jmel accroche Emam au passage, mais l’arbitre ne bronche pas. Il y aurait pu y avoir un but d’anthologie, il y aurait dû y avoir pénalty, mais il n’y a rien eu. Les visiteurs ne peuvent légitimement pas se cacher derrière ça tant leur prestation globale a été indigente, mais à 2-2 la tournure aurait pu être bien différente.

Le doublé étonnant de Marouene Tej

Polyvalent mais surtout préposé à injecter une dose de vice et de dureté dans les matchs quand la situation l’exige, Tej a brillé dans un registre inattendu. Placé en soutien de Bounedjah- une position occupée par Mouihbi habituellement- l’ancien joueur du ST n’a pas hésité à se projeter dans la surface adverse pour proposer une solution de centre aux latéraux, et a beaucoup aidé dans le pressing. Si son premier but récompense son flair dans le placement, le deuxième, sorti de nulle part, a soulagé ses coéquipiers et tout le stade. A 3-1, rien n’était encore joué, mais cette frappe lointaine aussi sublime qu’improbable a mis KO le Zamalek alors qu’il tentait de sortir la tête de l’eau.

Les buts

A propos de l'auteur
Farouk Abdou
Author: Farouk Abdou
Actuellement à E-management, passé par Echosciences Grenoble, Le Dauphiné Libéré, Sport Translations et Tunisie foot, Africain volant pour Lucarne Opposee

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