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L’histoire d’un nom (10) : Envigado FC

  • Écrit par Nicolas Cougot

Pour le retour de notre rendez-vous dominical, LO vous emmène en Colombie pour y découvrir un club particulier : Envigado.

Si vous êtes amateurs de faits divers, Envigado est forcément un nom qui est venu imprimer un jour vos rétines. Situé sur la route de Rionegro à Medellín, souvent l’un des premier paysage que vous découvrez lorsque vous atterrissez en Colombie pour vous rendre dans la deuxième plus grande ville du pays, Envigado est resté célèbre d’une part pour La Oficina de Envigado, le bras armé du plus grand trafiquant du pays, Pablo Escobar et aussi (surtout) pour sa prison/résidence de Don Pablo, la célèbre Catedral. C’est ici, en 1989 que Gustavo Upegui López, ami d’enfance du Patrón créé son club de foot, Envigado FC. Reprenant les couleurs de la municipalité, orange et vert, les Naranjas vont rapidement grimper les échelons du pays et qu’importent les nombreuses polémiques et autres liens avec les cartels locaux (le club figure dans la liste Clinton, liste noire des personnes et organisations liées aux narcotrafics), va surtout s’établir comme la plus belle école de football colombienne.

Cantera et valeur sûre du championnat

Deux ans après sa fondation, les Naranjas sont les premiers issus de la nouvelle Primera B à découvrir l’élite, étant sacré champion dès sa première saison dans l’antichambre de l’élite colombienne. Le premier cycle des Naranjas en Primera A durera 15 ans, restant à ce jour le promu le plus régulier de l’histoire du football colombien. Reste que le club navigue dans le ventre mou du championnat et ne parvient pas à se hisser dans le tour final avant le XXIème siècle. C’est lors de l’Apertura 2005 et les Naranjas au sein desquels évolue un certain Fredy Guarín, l’un des plus beaux produits de sa cantera, bousculent la hiérarchie. Quatrième de la phase régulière, Envigado accède aux cuandragulares et rate la finale pour un point, un nul concédé face à Once Caldas lors de la dernière journée. L’ascenseur émotionnel est en marche. Car la saison suivante, bon dernier du Finalización, le club est relégué. Il ne met pas longtemps à rebondir. Champion de nouveau de Primera B, Envigado retrouve presqu’immédiatement l’élite et n’en descendra plus. Mieux, deux fois quart de finaliste du tournoi colombien, les Naranjas découvrent une compétition continentale, la Sudamericana. Après avoir sorti Unión Comercio, les colombiens s’inclinent au deuxième tour de barrages face à Liverpool. Ce sera leur seule participation à une épreuve continentale.

Mais ce qui a fait la légende du club reste sa politique de formation. En 2013, Felipe Paniangua, son président, en donne la clé. Le club dispose d’un réservoir de 5 000 enfants de 7 à 12 ans dont la moitié dispute des championnats organisés par le club (l’autre moitié jouant dans des compétitions organisées par des clubs affiliés). Ces compétitions permettent à Envigado de suivre la progression de ces enfants qui, à 12 ans, sont alors engagés dans des compétitions plus sélectives et intenses et directement conduites par les meilleurs coachs du club. La sélection débute réellement et mènera aux premiers contrats pros offerts aux jeunes de 15-16 ans. Les résultats sont impressionnants : James Rodríguez le chef de file mais aussi, Fredy Guarín, Mauricio Molina, Giovanni Moreno, Dorlan Pabón, Víctor Cortés, Edigson Velasquez, Juan Fernando Quintero, tous sont sortis de cette école, la Cantera de Héroes comme elle aime à se faire appeler.

Petit club de la banlieue de Medellín, Envigado n’a peut-être pas encore décroché le moindre titre dans l’élite du football colombien, il n’en reste pas moins qu’il a définitivement transformé le football Cafeteros. Sa plus belle ligne au palmarès.

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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