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De Boca à la présidence de la nation

  • Écrit par Nicolas Cougot

Ce week-end en Argentine, une page de l’histoire politique du pays s’est tournée. Mauricio Macri a en effet été élu à la présidence du pays, mettant fin à 12 ans de kirchnérisme. Il est le premier président de la nation issu du monde du foot.

Alors que Boca est à la lutte avec Vélez pour l’Apertura 1995, ce 3 décembre, la Bombonera reçoit un coup sur la tête avec le douloureux 6-4 que la bande à Maradona reçoit du Racing. Si cette défaite est synonyme de titre qui s’envole pour les Xeneizes, ce jour-là, l’histoire du club vient de changer. Au terme d’élections marquées par un record de participation, un jeune fils d’entrepreneur de 36 ans est élu à la tête du géant argentin. Mauricio Macri arrive et va rapidement se faire un nom.

La révolution Macri

Lorsqu’il est élu à la tête de Boca, Macri avait fait plusieurs promesses majeure : acheter des joueurs, attirer Jorge Griffa, l’homme-clé du Newell’s des années 80-90, rénover la Bombonera, remporter des titres avec des joueurs issus de la cantera du club. Il tient parole. Pour cela, il augmente les part sociales du club, réduit les salaires des employés et des footballeurs, coupe les vivres des autres sports pour en offrir plus au basket et au foot. Jorge Griffa arrive en même temps qu’une bande de gamins issus d’Argentinos avec parmi eux, un certain Juan Román Riquelme. Après un an et demi de difficultés (sous la conduite de Bilardo), Macri, en quête d’une réélection et donc dans l’obligation de décrocher un titre, réussit à attirer celui qui va tout changer, Carlos Bianchi. Son Boca va alors devenir une machine à succès. Apertura 1998, 2000, 2003 et 2005, Clausura 1999 et 2006, Copa Libertadores 2000, 2001, 2003 et 2007, Intercontinentales 2000 et 2003, Sudamericanas 2004 et 2005, et Recopas Sudamericana 2005 et 2006, en 11 ans à la tête du club, Mauricio Macri remporte 16 titres, détrône Alberto J. Armando du palmarès des présidents ayant connu le plus grand nombre de succès à la tête du club (maigre « compensation », Macri renommera à son nom la Bombonera qu’il fait rénover en 2000, jetant ainsi aux oubliettes Camilo Cichero, le président qui avait lancé la construction du stade).

Boca comme tremplin

Lors de sa réélection à la tête de Boca en 1999, l’évidence lui apparait : le club ne sera qu’un tremplin vers la politique, la vraie. En 2003, il fonde le Compromiso para el Cambio sous l’étiquette duquel il se présente à la mairie de Buenos Aires avant d’être vaincu, deux ans plus tard, il créé le PRO (Propuesta Republicana) avec lequel il vient aujourd’hui de mettre fin à 12 ans de pouvoir des Kirchner qu’il a toujours critiqué. L’homme qui a donné à Boca l’une des plus belles périodes de son histoire n’est pas sans ennemi (son plus célèbre détracteur restant Diego), même au sein d’une institution dont il a fait une marque (Boca a depuis pris place dans la cours des meilleurs vendeurs de maillots de par le monde après notamment plusieurs matchs amicaux disputés aux quatre coins du monde). Alors que les fans de football argentin en viennent à se demander ce que deviendra le coûteux programme public Futbol Para Todos entre les mains du libéral qu’il ne s’est jamais caché d’être, Mauricio Macri est aujourd’hui le premier président argentin directement issu du football. Preuve supplémentaire qu’en Amérique du Sud, football et politique sont étroitement liés.

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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