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L’horreur

  • Écrit par Nicolas Cougot

C’aurait dû être une fête, c’aura tourné au cauchemar. Pour la dernière de l’Apertura, Colo-Colo se déplaçait à Valparaiso pour tenter de valider son titre de champion. Il n’y aura jamais eu la moindre place pour le football.

Une violence inouïe, une honte totale. A l’heure du dernier rendez-vous de l’Apertura entre Santiago Wanderers et Colo-Colo, jamais on aurait pu imaginer pareil scénario même si toute la semaine, certains hinchas du Decano avaient annoncé sur les réseaux sociaux qu’ils allaient tout faire pour freiner les supporters Albos désirant se rendre à l’Elías Figueroa Brander et tout faire pour empêcher les célébration du Cacique, quitte à faire suspendre la partie. Tout a commencé avant le match, du long de la route 68 jusqu’à dans les rues Valparaiso lorsque les supporters des deux camps ont joué à un jeu malsain de chasse aux quatre coins de la ville. Conséquence, de véritables scènes de guérilla urbaine, voitures caillassées, conducteurs agressés et des images d’horreur que nous vous épargnerons (nous laissons les images sanglantes pour les autres).

Le souci d’une telle violence, c’est qu’elle est sans fin, incontrôlable, impossible à stopper. Et ce que l’on redoutait est alors arrivé, elle est venue envahir le stade. A l’entrée des joueurs colocolinos, La Garra Blanca lançait ses animations pyrotechniques, jusqu’à ce qu’une vingtaine de ses membres ne décide d’envahir le terrain, bien aidé par la passivité des autorités locales. Ce fut la goutte qui fît déborder le vase. Les hinchas wanderinoas ne supportant pas de voir de telles scènes d’invasion décidaient de répliquer, entraient à leur tour sur le terrain pour régler les comptes. Le tout sous les yeux des joueurs.

Pendant près d’une dizaine de minute, les deux camps vont alors se lancer dans une bataille ranger, profitant de l’absence des carabiniers pour tout casser, se battre à coup de grilles, de barres, de pierres, tout objet permettant de faire mal. Et tout y est passé. Des simples panneaux publicitaires et malheureux photographes et journalistes présents sur le terrain, les hordes déchaînées ont tapé sur tout ce qui se présentait face à eux. Devant un tel déferlement de violence, Enrique Osses allait rapidement prendre la décision qui s’imposait, le match était annulé. Sur le « terrain », il aura fallu attendre 15 bonnes minutes pour que les carabiniers fassent leur apparition pour mettre fin à ces incidents. Ne restait alors que le théâtre d’un champ de bataille, caméras au sol, poteaux de corners et buts cassés, panneaux publicitaires renversés, reporters errant sur le terrain après s’être fait détroussés de leurs affaires, joueurs nerveux et exigeant immédiatement des explications.

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Malheureusement, les premières explications, personne ne cherchera à en donner. Jorge Lafrentz, président des Wanderers a déjà rejeté la faute sur les autorités locales, expliquant, à qui voulait bien l’entendre, que le club a « pris toutes les précautions requises », que « tout a commencé par les excès des hinchas de Colo-Colo, le Wanderers ne tenant aucune responsabilité dans ces débordements, le club se conformant aux mesures de sécurité qui lui sont imposées mais que quand de tels délinquants arrivent dans un stade, il est impossible de contenir la situation. ». Pendant ce temps, Aníbal Mosa, président de Colo-Colo déclarait : « L’important est de décrocher notre 31e étoile. Le seul point noir, c’est que nous n’avons pas pu jouer et recevoir le trophée avec nos supporters. Ce qu’il s’est passé est à la charge de l’ANFP, des clubs, des autorités, du gouvernement. La situation est très grave. Elle aurait pu être solutionnée avec l’entrée des carabiniers. J’imagine que les images ont fait le tour de monde. »

Autant dire qu’avec de telles déclarations, les solutions sont encore loin d’être trouvées. Toujours est-il que le match, rendu inutile par la défaite de la Católica qui offre le titre à Colo-Colo, se jouera le 9 décembre prochain à huis clos. La fête est belle et bien gâchée, l’année chilienne se termine dans le chaos.

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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