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Présentation de l'EAFF East Asian Cup 2015

  • Écrit par Tonio

Pour la première fois, la coupe d'Asie de l'Est de football rejoint Lucarne Opposée. Au programme de cet article : présentation de la compétition, les équipes engagées cette année, et quel favori pour remporter cette édition 2015.

L'édition 2015 sera la sixième édition, après 2003, 2005, 2008, 2010 et 2013. Avant la création en 2002 de l'EAFF, la Fédération de Football Est Asiatique, une autre compétition a opposé les différents pays de cette zone géographique de 1990 à 1998 : la Dinasty Cup, l’East Asian Cup en étant donc la remplaçante.

Différents privilèges

La particularité de ce tournoi repose avant tout sur les priorités que reçoivent trois pays : la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Ces trois nations sont en effet directement qualifiées pour la phase finale de la compétition, composée d'une poule de quatre équipes où chacun s'affronte. Le classement détermine le vainqueur final. Ainsi, les nations qui doivent se partager le dernier quart du gâteau sont : Taiwan (Chinese Taipei), la Corée du Nord, Hong Kong, la Mongolie, Macau, Guam et les Îles Mariannes du Nord.

Pour désigner l’heureux élu, on procède à différents tours de qualification. Le premier tour de qualification consiste en une poule où les 4 nations les moins bien classées s'affrontent. Puis, le premier de cette poule peut rejoindre les trois autres nations (en général Hong Kong, Corée du Nord et Taiwan) au second tour, pour trois nouveaux matchs dans une nouvelle poule à 4 équipes.

Cette année Guam a remporté le premier tour et donc rejoint Taiwan, la Corée du Nord et Hong Kong. Ce sont ensuite les Nord-Coréens qui ont gagné leur ticket pour la Chine, où se tient la phase finale de l'édition 2015. Ils y accèdent pour la troisième fois après 2005 et 2008. Si en 2003 et 2010 Hong Kong avait gagné sa place, l'édition 2013 avait été particulière puisque l'Australie avait été invitée avant d'organiser sa coupe d'Asie des début 2015, qu'elle a brillamment remportée (voir Coupe d’Asie : l’Australie écrase l’Asie)

Sur les terrains, la Chine et la Corée du Sud se partagent le plus grand nombre de titre remportés, avec 2 chacun. Le Japon n'en compte qu'un, lors de la dernière édition en 2013.

Forces en présence

Hôte de la phase finale pour la troisième fois (tout comme le Japon et la Corée du Sud), la Chine entraînée par Alain Perrin devra faire face à la pression populaire, qui a rarement aidé les organisateurs. En 5 compétitions, aucun pays organisateur n'a su l'emporter sur son sol ; les trois derniers organisateurs n'ont d'ailleurs pas fait mieux que la troisième place du groupe. Une première à réaliser pour la Chine donc. Et pour ça, Alain Perrin pourra compter sur un effectif étoffé puisqu'il a l'avantage d'avoir des internationaux évoluant quasiment tous dans le championnat national ; et une dynamique en coupe d'Asie de l'Est intacte : les Chinois n'ont perdu aucun de leur 3 matchs lors des deux dernières éditions. Mais si actuellement la Chine est invaincue lors de 16 de ses 17 derniers matchs (une seule défaite en quart de finale de coupe d'Asie contre l'Australie), elle le doit surtout à des adversaires souvent inférieurs ou du même niveau. Contre la Corée du Sud qui retrouve la victoire et le Japon enthousiaste de Vahid Halilhodžić la tâche s'annonce difficile.

En 2013, devant son public, la compétition avait viré au cauchemar pour la Corée du Sud. Auteur de deux ternes 0-0 contre l'Australie et la Chine, le dernier match contre le Japon restait néanmoins une ultime occasion de remporter la compétition en cas de résultat favorable dans l'autre match et d'une large victoire. Mais depuis, nul doute qu'aucune des 47 000 personnes présentes au Stade Olympique de Séoul ce jour-là ne souhaite se rappeler du but de Kakitani à la 90+1 ème minute qui a offert la victoire et la compétition au Japon, sur le sol Coréen. Depuis, les Guerriers Taeguk ont bien fait du chemin. Si la Coupe du Monde 2014 au Brésil s'est avérée être un fiasco identique, la reprise de la sélection par Uli Stielike a depuis changé la donne. Preuve en est : le très beau parcours de la Corée du Sud lors de la Coupe d'Asie 2015, seulement vaincue en finale lors des prolongations par l'Australie (2-1).

Et depuis, la dynamique est toujours là. Seul bémol pour Uli Stielike : devoir ne faire appel qu'à des joueurs évoluant dans les championnats nationaux asiatiques. Quand on sait que toutes les stars (Heung Min Son, Koo Ja Cheol ou encore Ki Sung-yueng) évoluent en Europe, et que d'autres ont pris leur retraite internationale après la coupe d'Asie (Cha Du-Ri), il est fort probable de voir de nouvelles têtes. Pourtant, le sélectionneur Allemand a été assez critiqué, notamment sur le choix de ses attaquants. Stielike n'en a pris que deux véritables : Kim Shin-wook (Ulsan) et Lee Jeong-hyeop (Sangju Sangmu). Si le groupe est jeune, ce qui n'est pas une surprise, les suiveurs de K-League attendaient deux jeunes attaquants prometteurs dans la moyenne d'âge de cette équipe et eux en réussite cette saison, pour participer à cette compétition : Hwang Ui-jo (22 ans, Seongnam, 13 buts en 30 matchs toute compétition confondue) et Joo Min-kyu (Seoul E-Land, 25 ans, 16 buts en 20 matchs). Plus milieu qu'attaquant, le second déjà auteur de en K-League Challenge (division 2) méritait largement sa place, et ce malgré sa faible expérience.

Après le court passage de Javier Aguirre, à peine 6 mois, c'est désormais Vahid Halilhodžić qui est à la tête de la sélection nippone. Comme pour la Corée du Sud, l'effectif sera composé de joueurs issus des championnats Asiatiques. Autrement dit dans ce cas-ci du Japon et la J-League puisque c'est là qu'ils évoluent tous. Néanmoins, le sélectionneur n'a pas choisi de ne prendre que des jeunes et s'appuie également sur de nombreux joueurs expérimentés pour composer son groupe. Au contraire de la Corée du Sud, le Japon a la capacité de conserver plus facilement ses stars dans son championnat national. Ainsi, le Samurai Blue pourra compter sur Usami, qui explose encore un peu plus cette année avec déjà 16 buts en 22 matchs de championnats. A 23 ans, le joueur de Gamba Osaka sera l'un des plus jeunes de l'équipe Japonaise.

Il leur faudra néanmoins confirmer les résultats montrés en matchs amicaux depuis l'ère Vahid, et montrer que le nul 0-0 contre la très modeste équipe de Singapour (en match de qualification pour la coupe du monde 2018) n'était qu'un accident.

Comme vous vous en doutez, la Corée du Nord constitue l'inconnue de cette compétition. Une grande majorité des joueurs qui composent la sélection évolue dans le pays. Seuls quelques-uns évoluant au Japon notamment sont sélectionnés, en J-League ou J2-League.

Sur le terrain, la Corée du Nord reste sur deux premières victoires en deux matchs pour les matchs de qualification de la coupe du monde 2018, et ce de belle manière (4-2 contre l'Ouzbékistan, 3-0 contre le Yémen). Mais malgré cela, contre des adversaires plus relevés, dont la Chine, la Corée du Nord, avait connu trois défaites en poule de Coupe d'Asie, il y a 6 mois. Ces derniers matchs contre le Japon et la Corée du Sud remontent à plusieurs années, il est donc difficile de situer son niveau par rapport à ces équipes actuellement.

Mon pronostic : pour la première fois une équipe pourrait bien conserver son titre, et je veux bien sûr parler du Japon. L'apport de jeunes joueurs très prometteurs, en réussite actuellement, à des désormais anciens de la J-League tel que Makino, Morishige et Ota, Shibasaki au milieu, devraient faire une bonne alchimie sous les commandes de "coach Vahid". Qui plus est, sans Kagawa ou Honda c'est Usami qui va pouvoir prendre les clés de l'équipe. S'il le fait de la même manière qu'avec Gamba Osaka, le Japon sera mon grand favori.

Le programme

Dimanche 2 août :

18h20 local (12h20) : Corée du Nord - Japon

21h00 local (15h00) : Chine - Corée du Sud

Mercredi 5 août :

18h20 local (12h20) : Japon - Corée du Sud

21h00 local (15h00) : Chine - Corée du Nord

Dimanche 9 août :

17h10 local (11h10) : Corée du Sud - Corée du Nord

20h10 local (14h10): Chine - Japon

L'ensemble des six matchs aura lieu au Wuhan Sports Stadium, à Wuhan et seront à suivre en streaming legal sur le site d’EverSport

 
A propos de l'auteur
Tonio
Author: Tonio
De temps en temps rédacteur sur Lucarne Opposée pour la zone Asie de l'Est

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