. . .

Argentine – Primera Division 2016 : River signe son retour

  • Écrit par Nicolas Cougot

L’heure du grand départ du tournoi de Transición 2016 est enfin venue. 30 équipes vont donc lutter soit pour l’une des quatre places qualificatives pour la Libertadores 2017, soit pour éviter la seule place dans la charrette. Au terme des 90 premières minutes, si la plupart des favoris ont connu quelques ratés, River Plate a affirmé d’entrée ses ambitions.

Zona A : du grand River, des motifs d’espoirs à San Lorenzo

L’espoir. Au coup d’envoi d’un tournoi ou d’un championnat plus long, ce mot est sur toutes les bouches des différents protagonistes. Au moment de sortir des premières 90 minutes, certains l’entretiennent encore, d’autres continue à le maintenir.

Du côté de River, l’espoir était celui de retrouver l’équipe qui marchait sur le continent, dont le jeu fait d’intensité totale, de fluidité et de football offensif émerveillait non seulement l’Argentine mais aussi le continent. Après une deuxième moitié d’année 2015 plus que mitigée et avec un groupe remanié, le nouveau River avait vu sa première retardée de 24 heures, la faute à d’intenses pluies qui s’étaient abattues sur Buenos Aires. Cet espoir, le Millo de Gallardo n’a pas fait que l’entretenir. Face à un Quilmes qui avait été l’une des belles révélations de la fin d’année, River a attendu une mi-temps pour lâcher les chevaux, le temps de se mettre en route, d’ouvrir le score sur un penalty quelque peu généreux puis de s’éviter le doute juste avant le retour aux vestiaires. Pour cela, le Millo a pu compter sur un Pity Martinez en feu à partir de son golazo des arrêts de jeu. Encore une affaire d’espoir. Car celui dont tout le monde attend monts et merveilles et qui pour l’instant a surtout déçu, s’est réveillé, et River avec lui, pour offrir une seconde période à sens unique faite de fluidité, d’occasions, de pressing tout terrain. Et dans ses pas, River a fait exploser le Cervecero. Victoire 5-1, quand l’espoir fait place à l’ambition retrouvée.

Espoir et ambition, tels étaient aussi les deux mots clés du nouveau San Lorenzo version Pablo Guede. En déplacement chez un petit nouveau, Patronato, le Ciclón a confirmé deux points que les habitués du système Guede (et donc les habitués de LO) connaissaient déjà : ses équipes sont de remarquables machines à générer du danger, produire du jeu, mais cette capacité dépend d’une qualité technique et collective irréprochable. C’est justement ce qui a manqué à San Lorenzo tout au long de la rencontre. Conséquence, le Ciclón a aussi exposé ses failles défensives que Patronato a parfaitement exploitées et a dû ainsi se contenter du partage des points. Tout n’est pas noir bien loin de là. Car voir un Néstor Ortigoza sprinter sur 30 mètres est symbolique d’une révolution Guede en marche à Boedo. Les montées d’un intenable Cerruti sont également un autre motif de satisfaction côté San Lorenzo alors que Cauterrucio va devoir hausser son niveau de jeu. N’est pas Renato Ramos ou Martin Riquelme qui veut, mais le système Guede requiert un tueur en pointe, ce que l’uruguayen n’est semble-t-il pas.

Autre grand prétendant à la Libertadores et au titre, Central retrouvait un Gigante de Arroyito en feu (au sens premier du terme) pour affronter Godoy Cruz. Connu pour être un diesel, Central ne mettait pourtant que cinq minutes à prendre le contrôle de la partie, se mettant à presser haut et acculer le Tomba. C’est ainsi en toute logique qu’el Chelito Delgado ouvrait le score peu avant la demi-heure de jeu et lançait ce qu’on pensait alors être le festival Canallas. Il n’en sera rien. Pourtant en position idéale, celle de pouvoir contrer, Central n’allait plus montrer grand-chose, manquant pourtant de tuer définitivement le match sur quelques situations mais n’étant finalement jamais véritablement en danger face à un Godoy Cruz peu emballant.

Victoire peu emballante non plus pour Independiente qui, dans des conditions dantesques, est parvenu à se débarrasser sur le fil de Belgrano grâce à un ancien Pirata : Emiliano Rigoni. Avant le but, le Rojo a souvent souffert face aux hommes de Zielinski, Guillermo Farré touchant deux fois du bois en début de rencontre, el Ruso Rodríguez sortant ensuite parfaitement une belle frappe de Mauro Óbolo. Il faudra donc montrer bien d’autres choses côté Independiente qui a tout de même profité de la rencontre pour retrouver Germán Denis, de retour à la maison après 8 ans de fugue.

A retenir également dans la Zona A, les bons débuts de Colón face à Arsenal et la confirmation que Banfield n’avait rien perdu de sa philosophie de jeu, offrant en ouverture du tournoi, un match magnifique face à un Gimnasia qui aurait mérité mieux que le sévère 2-0 concédé face au Taladro et qui devra désormais lui aussi confirmer les espoirs placés en lui dans les semaines à venir.

Zona B : petit Boca, superbe Aldosivi

La belle philosophie de jeu était aussi une des marques de fabrique d’Aldosivi l’an passé. Le Tiburón n’a fait qu’une bouchée d’Olimpo dans le premier interzonal de la saison. Multipliant les situations en début de match, Aldosivi, emmené par un excellent trio Llama – Rosales – Lugüercio aurait dû prendre rapidement les commandes. Au lieu de cela, les hommes de Teté Quiroz ont fini par voir Olimpo sortir en fin de première période et ont dû s’en remettre à un combo penalty-rouge pour enfin prendre les devants. Le plus dur était alors fait, Aldosivi pouvait réciter son football si agréable et creuser l’écart. On les attendait au tournant, les hommes de Quiroz ont ainsi parfaitement répondu.

On attendait aussi beaucoup des deux favoris du groupe Boca et le Racing. Côté Academia, on avait fait le choix de privilégier la Libertadores en se rendant à Tucumán. Aued, Acuña, Lollo, Milito absent pour le déplacement, le Racing allait rapidement le regretter. Car le Decano a tout d’abord laissé passer l’orage avant de profiter du délitement progressif du jeu des hommes de Sava pour prendre l’avantage et creuser l’écart en début de seconde période. C’était alors assez mérité tant le Racing montrait surtout un bien faible niveau de jeu. Et lorsque Lisandro López faisait enfin se retour en seconde période, le Racing allait enfin revivre. Le toujours parfait Óscar Romero servait Bou pour la réduction du score, le Decano allait alors s’en remettre à un Luchetti absolument exceptionnel pour conserver son avance et s’offrir ainsi un premier succès pour son retour en Primera Division. Reste désormais au Racing à se montrer d’un tout autre niveau s’il ne veut pas déchanter au Cilindro face à Puebla cette semaine.

Un autre niveau, c’est aussi ce qu’on attend du Boca d’Arruabarrena. Après un Verano catastrophique en termes de jeu et d’image, Boca débutait face à Temperley, annoncé victime expiatoire. Il n’en fut rien. La faute à un Boca peu inspiré et peu inspirant symbolisé par sa star Carlos Tevez en manque de tranchant comme sur la seule véritable occasion Xeneize en première période. Face à un Cele en mode défense et contre, Boca n’a jamais trouvé la clé, jamais su faire en sorte de la trouver. El Vasco ne semblait pas plus inspiré dans ses choix, sortant par exemple Meli pour Gago sans véritable effet avant de se passer d’un créateur Nico Lodeiro pour faire entrer un avant-centre, Cristian Pavón. Boca ne séduit pas et inquiète encore par son manque de jeu mais revient avec un point, alors que son principal adversaire dans la course à la finale n’en a pas pris. C’est un moindre mal.

Cette première journée de la zone B n’a d’ailleurs pas été celles des outsiders. En déplacement à San Juan, le Newell’s de Bernardi, qui a terminé la partie en infériorité numérique après l’exclusion du possible futur bordelais Daniel Mancini, n’a pas montré son meilleur visage, surtout sur le plan collectif et a ainsi concédé une défaite d’entrée de tournoi à une semaine du clásico rosarino. Même souci côté Estudiantes. Privés de Mariano Andújar et Israel Damonte, conséquence du honteux Verano face au Gimnasia, les Pinchas ont pourtant eu les occasions de prendre les devants, surtout en première période, mais le match se fermant au fil des minutes, il ne fallait que la fameuse loi de l’ex pour que le score évolue. C’est alors que Román Martínez, ancien Pincha, qui remplissait cette fonction et offrait les trois points au Granate.

Les buts

 

 

Résultats

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

  • Aucun commentaire trouvé