. . .

Mexique – Clausura 2016 : à la poursuite des Tigres

  • Écrit par Nicolas Cougot

Après une pause d’un mois, la folie mexicaine est de retour. Les différentes formations de l’élite continuant de se servir allègrement au Sud, le Clausura s’annonce encore plus resserré. Et de la lutte pour la survie de Chivas à la chasse au Tigres, il sera encore plus passionnant. Présentation et première journée.

Après le feu d’artifice que fut l’Apertura, ses trois buts de moyenne par match, son incroyable finale remportée au bout du suspense par les Tigres (lire Mexique – Apertura 2015 : Tigres champion au bout de la folie), l’heure du retour de la Liga MX a enfin sonnée. Et si le champion sortant fait toujours office d’ogre, la concurrence s’annonce grande, la plupart des équipes ayant soit conservé leurs meilleures éléments, soit musclé leurs effectifs.

Guide des surnoms

Pour bien suivre le championnat, voici un petit guide des surnoms des clubs. Par souci de simplification, nous ne vous en donnons qu’un, plusieurs surnoms étant souvent attribués à certains clubs.

- América : Las Águilas

- Atlas : Los Zorros

- Chiapas : Los Jaguares

- Cruz Azul : La Máquina

- Chivas : Las Chivas

- Dorados de Sinaloa : Los Dorados

- León : La Fiera

- Monterrey : Los Rayados

- Morelia : Los Monarcas

- Pachuca : Los Tuzos

- Puebla : Los Camoteros

- Querétaro : Los Gallos Blancos

- Santos Laguna : Los Guerreros

- Tijuana : Los Xolos

- Toluca : Los Diablos Rojos

- Tigres : Los Felinos

- UNAM : Los Pumas

- Veracruz : Los Tiburones Rojos

La chasse aux Tigres

Au coup d’envoi du tournoi de clôture, s’il est un favori, c’est bien le champion en titre. Non content d’avoir conservé l’effectif le plus impressionnant du pays, Tigres en a profité pour le renforcer davantage. Une (dernière ?) pige pour la légende Héctor Mancilla mais surtout les pépites Lucas Zelarayán et Fernando Fernández pour renforcer la ligne d’attaque. Certes il y aura quelques départs de joueurs cadres (Arevalo Rios) ou extrêmement importants au cours des conquêtes continentales et locales (Joffre Guerrón) mais les Felinos de Tuca possèdent encore un groupe capable de jouer sur plusieurs tableau et resteront à n’en point douter l’équipe à battre dans ce Clausura, le trident Aquino – Zelarayán – Damm pour servir Gignac étant d’ores et déjà des plus excitants de la ligue.

Reste que la concurrence s’annonce terrible. Le finaliste et superlider de l’Apertura, les Pumas ne bousculent pas leur effectif non plus, décidant de renforcer leur arrière garde en obtenant le prêt de l’excellent Francisco Meza (venu de Santa Fe via Tigres) et d’apporter de la profondeur devant en tentant le pari Luis Quiñonez, lui aussi en provenance de Santa Fe. Si les Pumas parviennent à gérer l’extra-sportif le concernant, il sera à n’en point douter une recrue de qualité, son licenciement des Cardenales ayant contribué à la chute offensive du vainqueur de la dernière Sudamericana. Seul obstacle potentiel aux Pumas : la Libertadores qui ouvrira en février prochain.

Juste derrière, l’inévitable América pour qui 2016 sera particulier. Car du côté des Águilas, 2016 sera l’année du Centenaire. Ainsi, après avoir annoncé monts et merveilles (jusqu’aux folles rumeurs Falcao et/ou Ribéry), les dirigeants n’ont finalement procédé qu’à quelques retouches. Sambu restant (après des semaines de rumeurs l’annonçant un peu partout et notamment du côté des Rayados), Nacho Ambriz s’offre deux anciennes connaissances Jesús Moreno (côtoyé à San Luis) et William da Silva (croisé à Querétaro) mais surtout la pépite uruguayenne Brian Lozano du Defensor. Pas de grand nom comme espéré par le peuple azulcrema mais un effectif toujours capable d’aller jouer le titre.

Autre inévitable, bien que généralement médiatiquement plus discret, le Deportivo Toluca. Les Diablos Rojos récupèrent Richard Ortiz et se font prêter Gerardo Flores sans pour autant perdre de vrai cadre. On retrouvera donc Enrique Triverio, auteur d’un joli Apertura, Cristian Cueva qu’on espère enfin au niveau qui était le sien au Pérou (ou en sélection) ou encore Fernando Uribe seront les principaux outils de création offensive d’une équipe que Cardozo a bâti et fait connaître pour sa diabolique froideur, le 5-3-2 protégeant l’excellent Alfredo Talavera s’avérant souvent infranchissable dans sa Bombonera.

Prétendants aux multiples visages

Mais réduire la Liga MX à ces quatre équipes est une terrible erreur. Car dans l’ombre, les ambitieux ne cessent d’aiguiser leurs lames, se renforçant à coup de transferts fracassants ou passant leur temps à tout reconstruire. Les transferts fracassants, on en trouve côté Rayados qui réalisent le coup du mercato en s’offrant celui qui fut désigné meilleur joueur du continent sud-américain en 2015, Carlos Sánchez. Ce ne sera pas la première expérience d’el Pato au Mexique, les supporters de Puebla doivent se souvenir de son échec, mais tout aussi irrégulier qu’il est, son association avec le trio Edwin Cardona – Dorlan Pabón – Rogelio Funes Mori a de quoi autant exciter qu’affoler bien des défenses. Et comme dans l’ombre de la médiatique arrivée de Sánchez, el Turco s’est payé les services d’Herrera et Ayoví pour renforcer sa défense, les Rayados ont largement de quoi atteindre au minimum la Liguilla. L’opération renforcement de l’effectif est tout aussi valable pour Chivas. Si le Rebaño Sagrado ne doit pas oublier qu’il va avant tout devoir se sauver (Chivas aborde le Clausura en queue du Cocientes, juste devant Morelia et les Dorados), il n’a qu’une envie : être champion l’année du Centenaire de l’ennemi América. C’est son président qui l’annonce, rien que ça ! Pour cela, Chivas s’appuiera sur les quelques certitudes qu’Almeyda s’est attacher à lui procurer au cours de son début de mandature et sur le terrain s’offre deux jolis coups : Orbelín Pineda, l’une des pièces maîtresse du Querétaro de Vucetich et l’exceptionnel Carlos Gullit Peña, l’un des grands coups de l’hiver. Reste désormais à voir si la patte Almeyda parviendra à s’imposer, Chivas court après son passé depuis maintenant 10 ans et veut croire que la Copa MX (lire Mexique – Copa MX : Chivas renait enfin) n’est qu’un avant-goût.

L’autre école est celle du grand ménage et il faut reconnaître qu’au Mexique, Cruz Azul et surtout Atlas sont devenus les maîtres en la matière. La Máquina, qui cherche désespérément à en redevenir une (machine), réussit de jolis coups avec les signatures de l’excellent Joffre Guerrón ou encore de l’espagnol Victor Vázquez qui, après ses déclarations quelque peu maladroites à l’égard de la Liga MX a tout intérêt à s’imposer rapidement ou encore le colombien Aldo Ramírez mais surtout dégraisse en masse, multipliant les prêts (Silva à Pachuca, Flores à Toluca, Amione à Puebla par exemple) et comptant sur le 4-4-2 de Tomás Boy pour aller chercher le titre. Maître parmi les maîtres, Atlas continue de tout jeter à chaque tournoi pour repartir à zéro. Alors certes les arrivées d’Óscar Ustari, écarté du poste de titulaire par la pépite Ezequiel Unsain, de Rafa Márquez, de retour au pays pour un dernier défi, d’Egidio Arevalo Rios, homme clé de toute équipe dans laquelle il est passé auxquelles s’ajoutent celles de Villalpando, Salinas, Madueña, Nava et autre Rivera, c’est toute une équipe qui est désormais à reconstruire. La bonne idée des Zorros, c’est d’en profiter pour donner les clés à un homme capable de le faire : Gustavo Costas. L’Argentin adepte du 4-4-2 et du jeu sur les côtés avait fait de Santa Fe une des équipes les plus redoutable du continent sud-américain (avant de laisser Gerardo Pelusso récolter les lauriers) et se retrouve ainsi face à un sacré défi.

Les traditionnels empêcheurs de tourner en rond

Reste ensuite les outsiders et autres surprises potentielles. A commencer par les qualifiés pour la dernière Liguilla et notamment les belles surprises que furent Veracruz ou Chiapas. Côté Jaguares, l’un des meilleurs coups de l’hiver aura été de conserver le convoité Silvio Romero et de lui adjoindre quelques renforts de poids comme Danilinho, ancien Felinos passé par Querétaro et surtout Alexis Canelo, auteur d’une excellent saison à Quilmes et que l’Argentine pensait voir grandir à Independiente. Avec quelques certitudes acquises lors du dernier tournoi, le 5-3-2 de La Volpe s’annonce encore une fois redoutable. Côté Tiburones, les certitudes sont aussi bien acquises. Alors, Carlos Reinoso n’a rien chamboulé, ne modifiant qu’à petites touches son groupe. Deux anciens Tigres arrivent, Gerardo Lugo et Enrique Esqueda et apporteront une force supplémentaire au potentiel offensif des requins au sein duquel la vitesse du colombien Cristian Borja, de retour d’un prêt réussi aux Lobos. Ajoutés aux Albín, Keko Villalva et à la machine à scorer Julio Furch, Veracruz a tout de la belle surprise.

Mais il ne faut pas enterrer les autres habituels poils à gratter et ambitieux comme le León de Pizzi qui, bien qu’ayant perdu une idole avec Gullit Peña réussi à attirer Maxi Moralez venant directement d’Italie, s’offre un champion olympique avec Jorge Enríquez, le rapide Juan Cuevas et tentera de relancer Germán Cano, mis à l’arrêt par une vilaine blessure toute la saison. Il faudra aussi compter sur l’école du football mexicain Pachuca qui continue de conserver ses pépites Lozano – Gutiérrez et renforce ses lignes arrières avec les arrivées d’Omar González, l’excellent Stefan Medina et la muraille colombienne Oscar Murillo. On surveillera également le Querétaro de Vucetich et sa machine à but Tito Villa qui s’offre l’excellent Nery Domínguez venu de Central et tentera de lancer enfin la promesse Carlos Fierro, le Santos Laguna de Luis Zubeldia qui après avoir totalement relancé la LDU vient tenter sa chance au Mexique et comptera sur Villafaña et les deux promesses Ulises Dávila – Diego de Buen, Puebla qui devra composer avec la Libertadores avec un groupe renouvelé et bien évidemment des Xolos version Miguel Herrera qui s’appuiera sur le groupe en place renforcé par quelques valeur sûres telles que Juninho, en provenance du Galaxy, Juan Carlos Topo Valenzuela ou encore le jeune Kevin Gutiérrez.

Dorados et Monarcas : duel pour la survie

Reste enfin le duel pour la survie qui, s’il concerne encore Chivas tournera aussi à l’affrontement entre les Dorados et les Monarcas. Côté Morelia, l’Apertura a dépassé les espérances d’avant saison avant de finalement tourner à la déception de voir la Liguilla s’échapper sur le fil. Alors, Enrique Meza cherche à renforcer son groupe. Luis Gabriel Rey, l’immortel meilleur buteur en activité de la Liga MX et ses 35 ans, revient dans une maison qu’il a connue à déjà deux reprises (entre 2005 et 2007 puis entre 2009 et 2011), Eisner Loboa et Rodolfo Vilchis sont envoyés depuis Atlas et l’excellent Alejandro Gagliardi, auteur d’une remarquable saison en Argentine avec la Nueva Chicago, viennent s’incorporer à un groupe qui va donc devoir faire au moins aussi bien que lors de l’Apertura pour se sauver. Son concurrent direct, les Dorados, choisissent une autre approche. L’an passé, à pareille époque, les Leones Negros faisaient le choix de se tourner vers l’Equateur pour tenter de se sauver, les Dorados quant à eux choisissent la Colombie et attirent les excellents Yimmi Chará, tellement exceptionnel à l’Atlético Nacional dans la conquête du titre, et le meilleur buteur de la Sudamericana, Wilson Morelo qui ne sait donc toujours pas faire plus de 2 années civiles dans un même club. Mais les arrivées ne se résument pas aux deux cafeteros. Severo Meza vient renforcer la défense, Wilson Tiago et l’excellent Joe Corona sont quelques-uns des 11 arrivées qu’enregistrent les Dorados. Luis Fernando Suárez n’a désormais que quelques semaines pour faire en sorte que la mayonnaise prenne. Autant dire que cela ressemble à un all-in pour le maintien.

Première journée : Tigres tombe, Atlas frappe d’entrée

Il est toujours dangereux de s’aventurer à dresse quelque conclusion à l’issue d’une journée de reprise. Si on aura été déçu du prometteur América – Puebla, le Clausura démarre comme le dernier Apertura pour Tigres à savoir par une défaite (face à Toluca à la Bombonera) alors que les Rayados s’offrent une belle victoire face au dernier finaliste Pumas et qu’Atlas, porté par un doublé de l’ancien stéphanois Gonzalo Bergessio réussit le premier coup notable du tournoi. Pendant ce temps, Chivas fait briller ses recrues mais ne parvient pas à résister à 10 Tiburones qui rentrent de l'Omnilife avec un excellent résultat nul, confirmant les promesses dont ils sont porteurs.

Les buts

 

 

Résultats

Classement

# Équipe J V N D Pts BP BC +/-
1 Rayados Monterrey 17 12 1 4 37 38 23 15
2 Pachuca CF 17 8 6 3 30 31 16 15
3 León 17 9 3 5 30 29 19 10
4 América 17 8 5 4 29 34 22 12
5 Chivas 17 7 7 3 28 26 16 10
6 Monarcas Morelia 17 8 4 5 28 25 24 1
7 Santos Laguna 17 8 3 6 27 22 20 2
8 Tigres UANL 17 6 6 5 24 29 19 10
9 Cruz Azul 17 5 7 5 22 25 24 1
10 Pumas UNAM 17 5 7 5 22 23 24 -1
11 Deportivo Toluca 17 5 7 5 22 20 21 -1
12 Puebla FC 17 5 7 5 22 21 26 -5
13 Querétaro FC 17 5 4 8 19 21 26 -5
14 Tijuana 17 3 9 5 18 17 26 -9
15 Atlas 17 3 5 9 14 18 26 -8
16 Dorados de Sinaloa 17 4 2 11 14 18 32 -14
17 Tiburones Rojos de Veracruz 17 2 8 7 14 18 34 -16
18 Jaguares Chiapas 17 3 3 11 12 16 33 -17

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

  • Aucun commentaire trouvé