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Mexique – Clausura 2016 : les gros bras se réveillent

  • Écrit par Nicolas Cougot

Chahutés en ouverture, les grands favoris Tigres, América et Pumas ont profité de la deuxième journée pour rappeler qu’il ne fallait pas les enterrer un peu trop précipitamment. Pendant ce temps, les outsiders León et Rayados confirment.

Le réveil des favoris

Deux défaites et un nul peu glorieux, le bilan des grands favoris du Clausura lors de la première journée était des plus décevants. Premier à entrer en piste pour la semaine 2, les Tigres retrouvaient leur Volcán et recevaient des Monarcas venus pour défendre. La stratégie aurait pu s’avérer payante. La première occasion du match était pour les visiteurs, Luis Gabriel Rey manquant son face à face avec Guzmán mais la suite était uniquement jaune et bleue. André-Pierre Gignac allumait la première mèche d’une merveille de frappe qui s’écrasait sur le poteau, Sobis se heurtait à Rodríguez, la domination des locaux était totale. Malgré cela, les minutes défilaient, mettant à mal la patience des Tigres. Gignac trouvait encore les montants, perdait son un contre un avec Rodríguez. Fort heureusement pour eux, les hommes de Tuca ont l’expérience nécessaire à la gestion de ce type de match et possèdent suffisamment de talents pour finir par forcer la décision. Un exploit individuel signé Aquino pour débloquer enfin le match, un enchaînement classique crochet - frappe instantannée de Gignac et les Tigres réussissaient à s’imposer sans jamais trembler. L’heure était donc venue pour les autres prétendants de suivre la même voie.

América entendait bien rappeler à l’ensemble de la Liga MX que le triste 0-0 concédé à l’Azteca n’était qu’un simple retard à l’allumage. L’occasion était parfaite, car les Águilas se rendaient au Jalisco pour y défier l’ambitieux Atlas qui avait parfaitement entamé sa campagne avec un 3-1 à Querétaro le week-end précédent. Sans doute portés par cette confiance retrouvée, les Zorros version Gustavo Costas dominait le début de match, Bergessio, double buteur en ouverture, faisait passer les premiers frissons dans l’échine de Moises Muñoz. Si les deux équipes montraient du jeu, les minutes défilant, América prenait le dessus, gérait la possession et commençait à se montrer dangereux, Peralta apparaissait enfin et lançait les débats côté Águilas. Quelques minutes plus tard, sur un centre anodin, Álvaro González et jetait et trompait son propre gardien, premier coup dur pour Atlas. Le second se déroulait aux vestiaires puisqu’à leur retour, les Zorros perdaient le revenant Rafa Márquez sur blessure. Insensible, América allait en profiter pour tuer le match. Le trio Darío Benedetto – Oribe Peralta – Rubens Sambueza entrait en action. Le premier servait le second pour le 2-0 avant d’offrir dans la foulée le 3-0 au troisième. Ainsi, à l’heure de jeu, le match était plié, les esprits s’échauffaient. Kannemann agressait Sambu qui devait alors laisser sa place au jeune Brian Lozano, Micky Arroyo voyait rouge mais rien ne changeait, Atlas retombe dans ses habituels travers, América répond avec férocité aux premières critiques et lance son Clausura.

Restait alors à voir comment les Pumas allaient répliquer. Tombés face aux ambitieux Rayados en ouverture, les hommes de Memo Vázquez étaient loin d’avoir partie facile au CU face à Toluca, qui se voyait bien en chasseur de félins après sa victoire face aux Tigres à la Bombonera. D’entrée de partie, les deux formations cherchaient à montrer un visage offensif générant quelques situations chaudes sur les cages adverses, proposant vitesse, jeu rapide et finalement un match assez entraînant au public du CU. Reste que si les Pumas portaient le ballon, les 45 premières minutes étaient assez bien gérées par les Diablos Rojos qui se procuraient les meilleures situations du premier acte notamment par Uribe et Triverio. Malheureusement pour les hommes de Cardozo, une erreur de marquage sur coup-franc permettait à Fidel Martínez de trouver Ismael Sosa seul aux six mètres. Les Pumas viraient en tête à la pause. Le technicien paraguayen lançait alors le duo Ortiz – Cueva, le péruvien ne mettait que cinq petites minutes pour briller, s’offrant un solo dans la défense des Pumas et égalisant rapidement. De quoi lancer Toluca ? Pas vraiment. Car Tala manquait sa sortie devant Sosa lancé par Cortés et le buteur felinos redonnait immédiatement l’avantage aux siens. L’avantage offrait des espaces aux hommes de Vázquez, Ludueña servait Cortés qui offrait à Lalo Herrera le but du break.Toluca reduira bien une nouvelle fois l'écart à moins de dix minutes de la fin mais les Pumas allaient alors mettre le pied sur le ballon et assurer leur premier succès du Clausura.

León et Rayados : C'est du solide

Vainqueurs chez eux en ouverture León et Monterrey allaient passer le test du premier déplacement. Pour la Fiera, la mission s'annonçait périlleuse avec un déplacement à Veracruz pour y affronter des Tiburones assez convaincant à l'Omnilife. Le début de match était intense, les locaux cherchant à imposer leur jeu d'entrée de partie. Albín manquait de peu d'ouvrir le score au quart d'heure, el Keko Villalva voyait sa frappe repoussée à dix minutes de la pause. León allait démontrer qu'il n'est pas nécessaire d'avoir la possession quand on a l'efficacité. Aldo Rocha frappait â mi-distance et permettait à la Fiera de rentrer en tête à la pause. Le coup était dur pour les Tiburones qui subissaient dès le début du second acte le but du break, oeuvre d'Elías Hernández qui profitait d'une mauvaise sortie de Matute García. Le mal était fait mais Veracruz ne se décourageait pourtant pas, reprenait sa marche en avant et allait être récompensé sur une merveille d'Andrade. Veracruz allait alors tout tenter pour égaliser puis se retrouver en infériorité, Villalva étant expulsé (ce qui provoquera l'ire de Fidel Kuri, qui s'en prenait alors à Edgardo Codesal, représentant de la Commission d'Arbitrage). Puis dans les ultimes instants, Luis Montes scellait le sort des Tiburones en inscrivant le but de la victoire définitive pour la Fiera.

3-1 c'est aussi sur ce score que les Rayados se sont imposés même si la manière fut bien différente. Car à Puebla, la bande au Turco Mohamed a livré une prestation des plus convaincantes maîtrisant des Camoteros chez qui l'absence de Luis Gabriel Rey est évidente, Christian Bermúdez restant bien seul devant pour générer du danger quand Alustiza peine à retrouver son niveau. Pourtant, si les Rayados semblaient supérieurs dès le début du match, Basanta manquant une incroyable occasion de but, Puebla allait frapper le premier au quart d'heure, el Hobbit Bermúdez ouvrant le score sur un superbe ciseau. La réaction des Rayados intervenait une dizaine de minutes plus tard, le temps de digérer ce coup du sort. Cardona frappait de loin, servait ensuite Carlos Sánchez, Dorlan Pabón se montrait à son tour. Ne manquait qu'un homme dans ce quatuor offensif, Rogelio Funes Mori. Alors que Puebla venait de manquer le break, le jumeau de River était servi et s'en allait égaliser au meilleur des moments, juste avant la pause. Les Rayados pouvaient alors assoir leur domination et laisser le meilleur joueur d'Amérique du Sud 2015, Carlos Sánchez, s'offrir un magnifique doublé. Monterrey s'impose en toute logique et affiche ainsi davantage ses ambitions.

Chivas cale, les Dorados en danger

L’autre affiche de la semaine était incontestablement le choc des habituels ambitieux qui finissent par rapidement déprimer, Cruz Azul et Chivas. Après s’être allumés par médias interposés toute la semaine, les deux formations n’ont finalement pas réussi à se départager et se retrouvent engluée en bas de tableau. Le Rebaño Sagrado démarrait parfaitement le match, générant les meilleures opportunités, ouvrant le score d’entrée de partie, mais allait rapidement reculer, perdre la maîtrise du ballon et souffrir comme rarement sous les coups d’une Máquina au collectif parfaitement huilé. Ce nul n’arrange bien évidemment pas les affaires de Chivas dans sa lutte pour la survie, la bande à Almeyda ne parvenant ainsi pas à véritablement s’échapper du fond du Cociente. Fort heureusement pour eux, la situation des Dorados est plus préoccupante. Pris d’entrée par l’inévitable Dayro Moreno, les Dorados, malgré la présence du trio Martín Zúñiga, Wilson Morelo, Yimmy Chará devant, n’ont en effet jamais trouvé la clé dans la défense des Xolos et n’ont finalement jamais véritablement inquiété Federico Vilar. Ce premier succès pour le Tijuana d’el Piojo Herrera englue dangereusement les hommes de Luis Fernando Suárez à la dernière place, celle du relégué.

Les buts

 

 

Résultats

Classement

# Équipe J V N D Pts BP BC +/-
1 Rayados Monterrey 17 12 1 4 37 38 23 15
2 Pachuca CF 17 8 6 3 30 31 16 15
3 León 17 9 3 5 30 29 19 10
4 América 17 8 5 4 29 34 22 12
5 Chivas 17 7 7 3 28 26 16 10
6 Monarcas Morelia 17 8 4 5 28 25 24 1
7 Santos Laguna 17 8 3 6 27 22 20 2
8 Tigres UANL 17 6 6 5 24 29 19 10
9 Cruz Azul 17 5 7 5 22 25 24 1
10 Pumas UNAM 17 5 7 5 22 23 24 -1
11 Deportivo Toluca 17 5 7 5 22 20 21 -1
12 Puebla FC 17 5 7 5 22 21 26 -5
13 Querétaro FC 17 5 4 8 19 21 26 -5
14 Tijuana 17 3 9 5 18 17 26 -9
15 Atlas 17 3 5 9 14 18 26 -8
16 Dorados de Sinaloa 17 4 2 11 14 18 32 -14
17 Tiburones Rojos de Veracruz 17 2 8 7 14 18 34 -16
18 Jaguares Chiapas 17 3 3 11 12 16 33 -17

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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