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Dernière mise à jour 23/10/2014 10:38

Coupe du Monde féminine : la victoire en jouant.

Lundi 18 juillet 2011

Japon

Une bouffée de fraicheur : ultra-favorites, ultra-dominatrices, les américaines ont, à l’image des allemandes, subit le courage et la force collective de Nadeshiko à qui il ne pouvait finalement rien arriver. Le Japon décroche sa première Coupe du Monde et renverse la planète foot.

Energie, force mentale, collectif et talent individuel : l’équipe japonaise féminine aura porté les valeurs de base du football au sommet du monde. En s’imposant en finale d’une Coupe du Monde les Nadeshiko ont prouvé au monde qu’en suivant pas à pas ces valeurs, on pouvait renverser bien des pronostics. D’abord l’Allemagne, double tenante du titre, chez elle, en quarts, puis la Suède, propulsée au rang de favori de la demi-finale et enfin, le coup de tonnerre américain. Jamais dans leur histoire les USA n’avaient perdu une finale de Coupe du Monde (une seule fois aux Jeux Olympiques). Et jamais les USA n’auraient pensé perdre celle-là.

Dominatrices, se procurant une multitude d’occasions, les Stars and Stripes pensaient avoir fait le plus dur peu après l’heure de jeu lorsque la brillante Alex Morgan ouvrait le score. Jusqu’ici, les USA s’étaient créées une multitude d’occasions plus franches les unes que les autres. Mais, comme face aux allemandes la semaine précédente, jamais le verrou japonais n’avait cédé. Lorsqu’Alex Morgan avait ouvert le score peu après une situation de face à face pour les japonaises annihilée pour un hors-jeu inexistant, nombreux y voyaient un tournant définitif. Mais, à moins de 10 minutes de la fin, les japonaises profitaient d’une énorme erreur de défense US et Miyama assommait les espoirs de titre américains.

Les prolongations allaient suivre le même scenario. Morgan posaient de nombreux problèmes à la défense nippone et l’inévitable Wambach, intenable en attaque, finissait par marquer ce qui alors pouvait être considéré comme le but de la victoire. Il en fallait plus pour décourager les Nadeshiko. Toujours aussi sures de leur jeu, ne cédant jamais à la panique, elles continuaient de prendre le temps de construire leurs offensives, de créer collectivement. Et, comme toujours en pareil évènement, bien qu’ayant un collectif hors du commun, la finale basculait sur un coup de génie de leur meneuse de jeu : Homare Sawa, exceptionnelle d’abnégation tout au long de la partie, s’astreignant à défendre, se montrait de plus en plus au fil des minutes et allait marquer la finale d’un geste génial : sur un corner de Miyama, Sawa coupait au premier poteau et déviait la balle d’une aile de pigeon qui trompait Hope Solo. Il restait alors 3 minutes à jouer, les américaines n’allaient jamais s’en remettre. Malgré une dernière énorme opportunité dans les arrêts de jeu, les USA ne pouvaient éviter la séance de tirs au but au cours de laquelle leur mental allait lâcher. Un an après le quart de finale mondial des hommes, les filles décrochent le titre. Preuve supplémentaire s’il en est que le football asiatique a largement fait son retard sur le reste du monde.

Quel bilan ?

Avec le succès japonais, c’est une certaine idée du football qui s’impose : humilité, force collective, abnégation rigueur technique et tactique auront été les éléments clés de ce succès. Autant de valeurs que portaient l’équipe de France, brillant quatrième pour sa deuxième participation et qui a décroché une place aux JO de Londres largement méritée. Espérons que le manque d’expérience qui leur fît défaut en demi-finale face aux américaine sera comblé à Londres où l’on peut espérer beaucoup de cette équipe.

Du côté des joueurs, si Homare Sawa a largement mérité son titre de meilleure joueuse du tournoi (ajouté au titre de meilleure buteuse de la compétition), le monde aura apprécié sa coéquipière Aya Miyama. Mais au tableau d’honneur, citons les anglaises Alex et Jill Scott, les suédoises Caroline Seger et Therese Sjogran, parfaites coéquipières de la médiatique Lotta Schelin, les révélations Caitlin Foord et Uchechi Sunday, 17 ans à peine, et le duo offensif américain Aby Wambach – Alex Morgan, qui, avec la charismatique Hope Solo, auront porté haut et fort les couleurs US.

La Coupe du Monde féminine se termine donc avec la victoire japonaise et aura grandement contribué à donner un élan supplémentaire au football féminin qui lui, continue sur Lucarne Opposée avec notamment, comme cadeau, ce top 10.

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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