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Australie – A-league 2016 : la course à la Victory

  • Écrit par Nicolas Cougot

La huitième saison de A-league sur LO ouvre ses portes ce jeudi. Si l’évolution permanente du championnat, des structures des clubs, se poursuit, la 11e édition pourrait être celle où les traditions se font bousculer. Présentation complète de la saison.

Alors que ces dernières semaines ont été animées par les différents tours de FFA Cup, ramenant lentement le football sous les projecteurs télévisuels du pays après l’explosion que fut la dernière Coupe d’Asie (voir Coupe d’Asie : l’Australie écrase l’Asie), l’heure du coup d’envoi de la 11ème saison de A-league est enfin venue. Des historiques aux nouveaux prétendants en passant par les habituelles surprises, la saison promet d’être encore ouverte, même si le duo victorien semble partir avec de l’avance (nous allons y revenir).

La MLS asiatique

La A-league, c’est en quelque sorte la MLS de la Confédération asiatique. De ses clubs franchises à son format bien des parallèles peuvent en effet être établis.

Une saison se divise en deux périodes, une phase régulière de 27 journées qui précède une phase de play-offs pour le titre. Pour se qualifier en play-offs, deux possibilités : soit terminer à l’une des deux premières places qualificatives pour les demi-finales du championnat, soit finir entre la 3e et la 6e place et disputer un premier tour de barrage, sorte de quart de finale. Comme en MLS, il n’y a pas de système de relégation en Australie, les 10 équipes du championnat affrontent donc une saison sans la pression du couperet. Côté négatif, cela signifie aussi qu’une équipe totalement décrochée peut aussi faire n’importe quoi lors des dernières journées. Enfin, comme en MLS, la A-league possède aussi ses « étrangers » avec les Wellington Phoenix. Habituel poil à gratter du championnat, les Nix sont une véritable épine dans les pieds des dirigeants de la A-league depuis que l’Australie est devenue asiatique puisque, appartenant à la Nouvelle-Zélande, membre de l’Océanie, ils ne peuvent prétendre à une qualification continentale (l’AFC Champions League) par le biais d’un championnat représentant l’Asie. Ou comment se retrouver avec une équipe qui ne peut ni monter, ni descendre, ni gagner une place pour une compétition continentale…

Quoi qu’il en soit, la onzième saison de foot en Australie s’annonce particulièrement animée, les prétendants ne manquant pas pour succéder au grand favori Melbourne Victory.

Duel victorien ?

Après avoir décroché son septième titre national (3 A-league, 3 saisons régulières, 1 Pre-Season Cup - voir Australie - A-league 2015 : Melbourne Champion logique), le Victory semble encore le mieux armé pour se succéder à lui-même. Au point que certains entrevoient déjà un long règne pour la bande à Kevin Muscat. Il est vrai que sur le papier, le groupe de Muscat est le plus impressionnant du casting australien. Au formidable potentiel offensif conservé et symbolisé par le quatuor Ben Khalfallah – Finkler – Barbarouses - Berisha et à la solide ligne défensive commandée par Mathieu Delpierre, le Victory n’a rien trouvé de mieux que de s’offrir le meilleur gardien du pays : Danny Vukovic.

La question est donc de savoir qui pourra empêcher une éventuelle balade du Victory. La réponse pourrait bien venir de la même ville puisque 2015/2016 semble être la saison qui permet de faire de Melbourne City un véritable prétendant au titre. Fini les pigistes aux noms clinquants (David Villa, celle-ci est pour toi), City conserve ses valeurs sûres de la fin de saison dernière comme le français Harry Novillo, renforce ses lignes arrières par de l’expérience avec Thomas Sørensen dans les buts ou l’international Ivan Franjic sur le côté et donne les clés du camion au duo Robert Koren – Aaron Mooy qui a tout pour être l’une des stars de la saison australienne. Côté LO, on suivra avec attention l’ancien du Danubio, Bruno Fornaroli, arrivé libre de tout contrat et champion en 2014 dans le désormais célèbre plus beau match de l’année (voir Uruguay : Danubio au bout de la folie) et qui devrait être l’avant-centre attitré d’une ambitieuse formation coachée par John van 't Schip sur qui la pression risque d’être forte.

Sydney - Adelaïde, l'axe des prétendants

Reste que derrière le duo victorien, deux autres formations peuvent aussi prétendre au titre. Finaliste l’an passé, le Sydney FC, c’est un peu l’AS Monaco australien. Après une formidable saison 2015, les Sky Blues ont surtout pensé à bien vendre. Ibini part à Bruges, Antonis au PAOK, Petkovic à Westerlo, Janko, la machine à but, à Basel alors que l’un de ses remplaçants possible, Corey Gameiro s’envole chez l’un des concurrents directs Melbourne City. Dans ce contexte, difficile de prévoir la saison de la bande à Jacques Faty et Mickael Tavares. Du côté d’Adelaïde, on a dit adieu à Gombau et son formidable football tout en restant dans l’école barcelonaise avec l’arrivée de Guillermo Amor. La belle dernière saison des Reds permet à un groupe finalement peu remanié de s’appuyer sur des convictions. Aux départs du talentueux Awer Mabil (Midtjylland) et autres Nigel Boogard, les Reds ont répondu par les excellentes signatures de Iaccapo La Rocca, Mate Dugandzic et Eli Babalj. L’équipe qui a le plus tenu le ballon lors de la saison passée devrait en toute logique au minimum terminer dans le top 6 et si Amor parvient en entretenir la flamme allumée par Gombau, peut même espérer plus.

Derrière, le principal danger devrait se nommer Western Sydney Wanderers. Après une saison compliquée suite au titre continental, Tony Popovic a bien senti que son groupe avait besoin d’un nouveau départ. Bilan, un énorme ménage pendant l’intersaison avec des départs comme ceux d’Ante Covic, Matthew Spiranovic, Iacopo La Rocca, Steve Kuzmanovski, Kerem Bulut et autres Tomi Juric et énormément d’arrivées avec notamment quelques jolis coups comme Scott Jamieson, Mitch Nichols, ou encore (et surtout) Dario Vidosic. Popovic pousse jusqu’à remanier son staff et lance donc les traditionnels animateurs du football australien (en tribune et sur le terrain) dans un nouveau cycle qui fait des Wanderers une bonne surprise possible de la saison.

A la recherche de l'invité surprise

Du côté de Perth, surprise du dernier exercice avant de se voir privé de phase finale pour avoir triché sur le plan des salaires, la mini-crise qui s’en est suivie n’a pas été sans dégâts. Car l’intersaison a ressemblé à un exode massif : neuf départs avec parmi eux des cadres comme Vukovic, Jamieson, Keogh et Hersi conséquence directe de la réduction de la masse salariale imposée venant s’ajouter aux départs pour l’Europe de joueurs comme Daniel De Silva et autre Rostyn Griffiths. Autant dire que le Perth de l’excellent Kenny Lowe part dans l’inconnue donnant les clés du jeu à György Sándor qui a défaut d’être l’homonyme d’un célèbre pianiste sera le chef d’orchestre d’une formation qui espère prendre sa revanche en décrochant le top 6.

Le top 6, il risque d’être compliqué à atteindre pour deux traditionnels outsiders. A Brisbane, l’intersaison a été celui de tous les dangers avec des Roar aux portes de la disparition. Les propriétaires sont restés (au grand désarroi de bien des supporters) et promettent un nouveau Roar. Reste que l’affaire parait compliquée. D’autant que sur le banc s’assoit un certain John Aloisi qui a surtout laissé en mémoire son dernier passage catastrophique à Melbourne (8 victoires en 39 matchs). Alors certes le génial Thomas Broich est toujours là, la légende Matt McKay ou le buteur brésilien Henrique aussi, mais tous, quelque peu vieillissants auront besoin de Brandon Borello et Jamie MacLaren, certes talentueux mais encore bien jeunes, pour que les Roar puissent venir chatouiller le top 6.

Même son de cloche chez les Mariners (la quasi-disparition en moins). Touchés par des soucis financiers, les anciens candidats au titre ont dû se résoudre à une extrême discrétion sur le marché des transferts et devraient se retrouver rapidement en souffrance face aux autres armadas de la ligue. Les champions 2013 devraient lutter en fin de tableau avec les éternels revenants Newcastle. Après une saison de cauchemar au cours de laquelle le club a lutté sur le terrain et en dehors, l’arrivée de Scott Miller sur le banc semble avoir redonné un peu d’optimisme dans les rangs Blue and Gold. Mais les départs de Montano, Neumann et autres Marcos Flores pourraient coûter quelques points au final et ce même si les arrivées de Poljak ou Boogarrd sont autant de jolis coups.

Reste enfin le traditionnel poil à gratter néozed, les Wellington Phoenix. Si vous cherchez l’équipe la plus imprévisible de toute la A-league, vous l’avez. Là encore, quelques départs de poids comme celui de Nathan Burns, qui n’ont pas été véritablement remplacés et donc une prédiction de saison compliquée pour la franchise kiwi. Mais n’oubliez pas, les Nix ne sont jamais aussi forts que lorsqu’on les enterre et Ernie Merrick est un coach de talent. Dans une ligue où le top 6 est finalement assez accessible après une bonne série, s’il doit y avoir un invité inattendu, ce pourrait encore être Wellington.

La onzième saison de A-league début ce jeudi matin, elle sera bien évidemment à suivre sur LO.

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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