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Wellington Phoenix, la dernière saison en A-League ?

  • Écrit par Antoine Blanchet-Quérin

Tôt dans la matinée le Sydney Morning Herald a publié un billet concernant le futur de la franchise néo-zélandaise de Wellington Phoenix (à lire ici), la bande à Andrew Durante livre peut-être leur dernière prestation dans le championnat de football australien.

Pour replacer les choses dans leurs contextes, la A-League n’a pas de club mais des franchises. Chaque franchise possède une licence qui lui permet de jouer et participer au championnat. L’ensemble des équipes australiennes bénéficient d’une licence de 25 ans (soit jusqu’en 2030, depuis la création du championnat en 2005), il n’y a que Wellington qui possède un contrat différent et celui-ci prendra fin en mai 2016. La question de leur maintien au sein du championnat est désormais posée.

Ainsi, Dominic Bossi journaliste au SMH a reporté que la Fédération de Football Australienne (FFA) a eu plusieurs conférences et réunions avec des clubs et des associations sur la possible création d’une nouvelle franchise (on parle notamment d’une troisième équipe à Sydney). De plus, la FFA a indiqué qu’elle ne voulait pas d’une extension de 12 clubs et que si une nouvelle tête apparaissait, une sera coupée. Damien de Bohun, président de la FFA a d’ailleurs appuyé cette décision : « La stratégie est tout au sujet de la durabilité de la compétition nationale et la stabilité des 10 clubs actuels. Il est un signe de la popularité croissante de la A-League dans le pays, plusieurs régions australiennes font pression pour avoir leur club sur leur territoire, mais cela ne modifie pas notre point de vue que 10 est le bon nombre de clubs »

Le sort de Wellington Phoenix est peut-être déjà joué et rien ne pèse en leur faveur à moins de leur régularité en championnat. L’Australie veut développer son football national après avoir remporté la Coupe d’Asie avec ses Socceroos chez elle en janvier dernier. Les grandes instances du football australien ont compris le potentiel de ses jeunes et ont fait faire des tournées des clubs dans les écoles pour initier leur jeunesse au ballon rond. Un effet qui fonctionne puisque le football est le sport le plus suivi chez les jeunes générations (parmi les hommes de 16 à 29 ans) selon The Gamba Group.  

De l’autre côté, en Nouvelle-Zélande, c’est beaucoup plus délicat, le rugby trône toujours au-dessus du football et l’engouement auprès de l’équipe de Wellington est très maigre : moins de 10'000 personnes au stade et moins de 3'000 membres actifs à leur club, trop peu. Pour comparaison le Melbourne Victory a rassemblé plus de 20'000 membres. De par ailleurs, le football local, ASB Premiership ne bénéficie pas non plus d’un statut professionnel mais semi-professionnel.

Wellington est également une franchise qui ne peut espérer un rayonnement plus fort même si elle se battrait en haut de tableau. L’Australie s’est tournée depuis quelques années vers la compétition asiatique pour retrouver une concurrence plus forte que celle océanique et s’est vue posséder la licence AFC qui permet à l’équipe nationale et clubs de participer à la Coupe AFC (pour l’équipe nationale) et l’Asian Champions League (pour les clubs). Wellington qui réside en Nouvelle-Zélande et est donc toujours membre de l’OFC ne peut y prétendre.

Tout pèse contre les ‘Nix et cette information tombe très tôt dans le championnat et pourrait avoir des impacts très négatifs par la suite de la saison pour le moral des joueurs et des supporters. Ces mêmes supporters ont répondu présent lorsque Lucarne Opposée est allé leur demander leur point de vue :

Alexandre Cadier (supporter des ‘Nix en France) : « Triste nouvelle pour le développement du football en Nouvelle-Zélande. Je trouve ça dommage de peut-être mettre fin au statut particulier que possédait Wellington, à savoir jouer dans le championnat australien. Malgré les supporters néo-zélandais qui ne sont pas toujours au rendez-vous dans le stade, on peut espérer que comme c’est le cas depuis peu pour la A-League, sur un plan international et médiatique, l’engouement pour le club grandira lui aussi. Et cela également pour leur championnat local. On peut pareillement espérer un revirement de situation suite aux bons résultats des ‘Nix la saison passée et cette saison. L’Australie ne devrait pas tourner le dos à la Nouvelle-Zélande sur le plan footballistique mais l’accompagner. Sachant que ce sont deux pays géographiquement et historiquement proche. Il y aussi eu des joueurs très intéressant (Kosta Barbarouses (Melbourne Victory), Chris Wood (Leeds United) et Winston Reid (West Ham United) en sont les exemples types). Les All-White (équipe nationale) sont tout aussi intéressants et, au même titre que l’Australie, peuvent créer des surprises dans les compétitions internationales. Le football néo-zélandais ne mérite pas que l’on le laisse, mais a besoin de temps pour se développer. »

Dale Warburton (Membre des @Yellow_FeverNZ) : « Les négociations de licences sont frustrantes, dénigrantes, et a le don de saper le soutien pour le Phoenix de Wellington. Les ‘Nix continuent d'être traités comme des citoyens de seconde classe dans la ligue par la FFA, et les articles constants interrogeant l'avenir de Wellington n’aide pas pour le moral du club, les fans et les sponsors. Pour une organisation chargée de l'exécution d'une compétition, la FFA sait faire un excellent travail à saper l'un des rares clubs stables du championnat. Ceci n’est pas une façon de traiter les propriétaires qui ont dépensé leur propre argent pour assurer 10 équipes pour l’A-League. Si la FFA veut une équipe basée en Nouvelle-Zélande, c’est maintenant le temps de le montrer en étendant la licence des franchises australiennes à celle de Wellington. »

Ainsi, ces supporters ont beaucoup de qualités à faire valoir à leur équipe. L’avenir de Wellington se jouera à la FFA qui décidera si oui, ou non, elle conservera l’équipe au sein de son championnat pour les futures saisons à venir. Le débat s’ouvre et n’est pas prêt de s’arrêter de faire rage.

A propos de l'auteur
Antoine Blanchet-Quérin
Author: Antoine Blanchet-Quérin
Reporter du football australien (Socceroos, A-League, FFA Cup, NPL) en France pour Lucarne Opposée.

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