Colombie - Liga Águila II 2017 : Estrella azul

Millonarios a remporté le quinzième titre de son histoire. Le 2-2 arraché après une fin de match un peu folle face à Santa Fe lors du match retour a suffi au bonheur des supporters azules après la victoire 1-0 lors du match aller. Le premier depuis 2012.

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Personne ne l'avait vu venir. Une étincelle dans un match insipide jusqu'à l'entrée du dernier quart d'heure. La 76e minute. C'est le moment où Henry Rojas est entré à la place de David Macalister Silva. Neuf minutes plus tard sa demi-volée imparable a envoyé les supporters de Millonarios au septième ciel. Ils étaient même plusieurs milliers à attendre les joueurs dans le plus grand parc de la ville pour fêter leurs héros, après minuit un dimanche soir. Alors sur le terrain tout n'a pas été parfait, loin de là, mais qu'importe. Parce qu'après cinq années, ce qui est beaucoup pour ce club, Millos est de nouveau champion.

 

 

Avant le but libérateur d'Henry Rojas on avait assisté à un match assez fermé, classique pour une finale, avec un quart d'heure un peu fou. Virtuels champions au moment d'entrer sur la pelouse du Campin, grâce au but de la tête de Matías De Los Santos lors du match aller, on attendait des joueurs embajdores avec un bloc bas et procédant en contre. Ils n'ont pas eu la possibilité de le faire. Santa Fe a largement dominé le premier acte. Avec un peu moins de précipitations et plus de choix judicieux, l'équipe cardinale aurait pu rentrer aux vestiaires avec deux ou trois buts d'avance. Elle n'avait finalement qu'un but d'avance. Héros dans la semaine, le défenseur central uruguayen était cette fois heureux malheureux. Faute dans la surface sur John Pajoy et pénalty transformé par Wilson Morelo, son buteur maison. Dominateur, Santa Fe a vraiment mal joué deux situations de contre. Manque de lucidité, manque de justesse technique et quand le contre a pu aller au bout, Wilson Morelo a trouvé Nicolás Vikonis sur sa route. Manque de chance également dès le retour des vestiaires. Un coup-franc de Juan Daniel Roa, l'homme qui avait marqué le but égalisateur en demi-finale pour envoyer le club cardinale en finale, le ballon cafouillé et dégagé in extrémis par Andrés Cadavid sur William Tesillo. Le défenseur central, international colombien a mis son genou en opposition… pour trouver le poteau du gardien uruguayen de Millonarios.

Un tournant puisque deux minutes plus tard sur un corner de Juan Guillermo Domínguez, Andrés Cadavid, le capitaine azul » a sauté plus haut que Yeison Gordillo pour permettre à son équipe d'égaliser (3e but du semestre pour lui) et donc de remettre son équipe devant sur l'ensemble des deux matches. Les deux défenseurs centraux auront donc marqué dans cette finale. À noter que très forte sur les coups de pied arrêtés toute la saison, Santa Fe a donc cédé par deux fois dans cet exercice. Habituellement irréprochables dans le domaine aérien, Héctor Urrego et William Tesillo se sont donc fait piéger une fois à chaque match. Mercredi, de los Santos avait plongé au premier poteau pour tromper Tesillo qui était au marquage. Là c'est Cadavid qui a trompé Urrego pour aller chercher le duel et le gagner face à Gordillo. Difficile de ne pas voir derrière la patte de Miguel Ángel Russo, l'entraineur argentin de l'équipe embajador. C'est d'ailleurs sur un corner dès la première minute que Millonarios s'était montré dangereux pour sa seule occasion de la première période. Mais la tête de Duvier Riascos avait trouvé le haut de la transversale. Avec à chaque fois, le même tireur, Domínguez. Prêté par Junior qui voulait s'en débarrasser à cause de ses problèmes d'indiscipline, le joueur passé par Colo-Colo et qui avait fait un passage par le club capitalino en 2011 (avec une Coupe de Colombie au passage) s'est peu à peu imposé au milieu de terrain. Par forcément titulaire lors du premier semestre, derrière Henry Rojas et Jhon Duque dans la hiérarchie, il a pu passer devant notamment grâce à son travail défensif non négligeable. Et aussi grâce au changement tactique et le passage en 4/3/3 (qui a coûté sa place au numéro dix vénézuélien Jacobo Kouffaty qui ne sera pas gardé pour la saison prochaine).

On pensait que ce but allait débrider la rencontre et ouvrir des espaces. Malheureusement pendant vingt minutes on a assisté à une sorte d'attaque défense totalement stérile entre une attaque cardinale sans idée face à une défense bien regroupée. Jusqu'à la 82e minute et une percée de Baldomero Perlaza et une passe pour Wilson Morelo pour un but qu'on pensait gagnant et lui qui pensait enfiler le costume de héros. À noter sur ce but la grossière erreur de Felipe Banguero qui avec sa course vers son but a remis en jeu l'attaquant cardinale. L'euphorie du Campin n'a duré que trois minutes. Un coup-franc joué par Vikonis et vous connaissez la suite. Si le changement de Russo a été gagnant, Grégorio Pérez a été nettement moins inspiré dans ses choix. La sortie de son milieu le plus défensif, Yeison Gordillo pour faire entrer un joueur un peu moins agressif sur le porteur de balle, Sebastián Salazar, n'est pas anodine. Sur le ballon long mal renvoyé par la défense, Rojas a eu le temps de voir la balle arriver, se placer et armer. Au moment de la frappe, le nouvel entrant est à un bon mètre du ballon. Beaucoup trop loin et en plus ça a masqué le gardien. Double peine.

 

 

Cette quinzième étoile pour Millonarios place désormais le club de la capitale à un titre de l'Atlético Nacional, l'équipe la plus titrée du pays. Évidemment il est impossible de dire (et ça n'a aucun sens d'ailleurs) si ce titre est le plus beau dans l'histoire du club mais il est symbolique et le restera dans l'histoire du club pour deux raisons. La première c'est évidemment parce que pour la première l'adversaire c'était le voisin, l'autre grand club de la ville. Et pour les supporters ce n'est pas anodin. La deuxième parce que ce titre personne ne l'a vu venir et qu'il arrive après cinq années compliquées sur et hors terrain. Demi-finaliste lors du premier semestre (tombé à la dernière seconde face à… l'Atlético Nacional) on ne voyait pas le club aller plus haut lors du deuxième semestre. Leur chance a été la sortie de route prématurée du favori Junior qui était dans la même partie de tableau. Après quelques semaines agitées (en coulisse) avec des problèmes financiers importants, ce titre est une grande bouffée d'air pour tout le monde au club. Maintenant avec ce billet pour la phase de groupe de la Libertadores 2018, on se serait tenté de dire que ce n'est pas la fin mais plutôt un point de départ si le club veut retrouver son aura passée. Il faut évidemment renforcer l'équipe, la première arrivée devrait être actée puisque le gardien international Wilker Fariñez devrait garder les cages azules la saison prochaine. Il faudra faire plus pour espérer quelque chose dans la plus belle des compétitions de club du contient.

Les buts