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Colombie – Bilan 2015

  • Écrit par Nicolas Cougot

D’une sélection en quête de renaissance à des clubs qui décrochent enfin un Graal continental, la saison colombienne aura été des plus riches. Bilan et perspectives.

Sélection : le doute s’installe

Si l’année 2014 avait été celle de la révélation, le talent de James et sa bande explosant aux yeux du monde, la Colombie passant à une tête (de Yepes) près de s’offrir le pays hôte, 2015 restera dans aucun doute l’année du doute. Certes la Colombie de Pekerman s’est offert sa revanche en Copa América face au Brésil (lire Si se pudo !), elle n’aura finalement guère brillé ni montré quoi que ce soit lors des autres rencontres, se faisant surprendre par le Venezuela en ouverture (lire L’exploit vénézuélien vécu au cœur de ses hinchas) et se montrant quasiment inoffensive face à l’Argentine (lire Sánchez, c’est plus difficile) en quarts. A l’image de son buteur vedette au talent perdu, la Colombie va alors passer le reste de l’année à se chercher, à courir après un second souffle, une nouvelle dynamique. Peu rassurante mais victorieuse face au Pérou en ouverture de la campagne de qualification, la sélection va subir en Uruguay avant de séduire au Chili puis de retomber dans ses travers face à l’Argentine. Une fin de saison à l’image de l’année donc, les Cafeteros cherchent la bonne formule, peinent à la trouver, José Pekerman voit sa position se fragiliser de jour en jour.

Compétitions continentale : l’année Cardenales

Le rayon de soleil colombien est donc venu des compétitions continentales. Finaliste malheureux de la Sudamericana 2014, l’Atlético Nacional, alors encore sous les ordres de Juan Carlos Osorio faisait office d’outsider. Tranquilles vainqueur de leur groupe, les Verdolagas vont finalement passer à un but d’un quart de finale face au futur finaliste, éliminé par Emelec faute de n’avoir su faire sauter le verrou équatorien au retour (lire Atlético Nacional 1 - 0 Emelec). Du côté de Santa Fe, le parcours aura été similaire sous les ordres de Gustavo Costas, les Cardenales craquant au retour de leur quart de finale face à un International alors injouable (lire International 2 - 0 Santa Fe). Mais cette défaite, probablement une conséquence du manque d’expérience dans la gestion des grands rendez-vous, Santa Fe va s’appuyer dessus et, profitant de l’arrivée de pragmatique Gerardo Pelusso, va s’en servir pour aller réussir l’exploit de l’année, celui de remporter la Sudamericana. Certes les Cardenales de Pelusso auront été loin d’être l’équipe la plus intéressante à voir jouer (la finale ayant été l’une des pires de l’histoire), la formidable machine utilisant les triangles, le jeu sur les ailes et la capacité de perforation des Morelo et autres Quiñonez cédant place à une équipe physique, regroupée et misant sur les contres et les phases arrêtées pour générer du danger. Certes, Santa Fe est toujours passé sur le fil à chaque tour, allant même jusqu’à réussir le hold-up de l’année face à Luqueño. Mais 2015 restera dans l’histoire du football colombien. Un an après l’échec de l’Atlético Nacional, Santa Fe devient le premier cafetero à décrocher la Sudamericana (lire Copa Sudamericana 2015 : Santa Fe, el primer campeón). Preuve s’il en fallait qu’au niveau des clubs, la montée en puissance des colombiens se poursuit.

Championnat : du vert partout

L’engagement de Santa Fe dans les tours finaux de la Libertadores puis de la Sudamericana a clairement forcé les Cardenales à prioriser leur saison. Absent des cuadrangulares lors de l’Apertura, le León a réussi à arracher sa place dans ceux du Finalización avant de tomber d’entrée face à la belle surprise du dernier tournoi, Junior, aussi son bourreau en finale de Coupe. En l’absence du Rojo dans les tours finaux, la Colombie n’a alors vu que du vert en 2015. Celui du Deportivo Cali et sa jeune génération triomphante lors de l’Apertura (lire Colombie – Apertura 2015 : le Deportivo Cali 10 ans après), celui d’un Atlético Nacional qui a parfaitement géré l’après Osorio lors du Finalización dominé du début à la fin (lire Colombie - Torneo Finalización 2015 : L’Atlético Nacional au bout du suspense). Au milieu de ces Verdes, on aura également retrouvé le DIM qui, sous la baguette de Leonel Álvarez s’offre deux demi-finales de cuadrangulares, Junior aura été l’une des belles équipes de cette fin d’année alors que la greffe Javier Torrente a lentement pris du côté d’Once Caldas et promet d’être intéressante lors du prochain tournoi.

Les joueurs

Au niveau des joueurs, l’année colombienne aura été un mélange d’éclosion des nouvelles pépites comme le duo de Cali Santos Borré – Preciado, la fusée Jarlan Barrera, auteur d’un superbe Finalización avec Junior, confirmant ainsi les espoirs placés en lui (ces trois joueurs étaient présents dans notre sélection du Coin Sudam), de confirmations de joueurs déjà établis dans la ligue mais aussi, comme en témoigne notre onze type, du retour d’ancien combattants toujours aussi efficace. Reste que ce onze écarte bon nombre de joueurs ayant brillés lors de ce dernier tournoi de l’année. Citons par exemple Hernán Hechalar, parfait avec le DIM, Andrés Pérez, l’un des piliers du Deportivo Cali ou encore la belle révélation Rafael Carrascal d’Alianza Petrolera.

Pour notre sélection, on avait l’embarras du choix dans les buts. Ainsi, à l’excellent Armani, décisif en finale, on préfèrera Nicolás Vikonis, auteur d’un tournoi quasi-sans faute avec Millonarios avec qui il a été l’un des meilleurs éléments. Devant lui, on fera un choix offensif sur les côtés en plaçant Franck Fabra d’un côté et Wilmar Barrios, qui peut aussi évoluer au milieu alors qu’un Helibelton Palacios mérite aussi quelques éloges. Dans l’axe, deux tours de contrôle : Óscar Murillo, chef de la solide défense verdolagas (11 buts encaissés sur les 26 matchs du tournoi (cuadrangulares compris), 17 clean sheets), Francisco Meza, élégants et précieux axial de Santa Fe. Les deux joueurs sont aujourd’hui au Mexique. Devant eux, un losange avec l’inépuisable Alexander Mejía à la récupération, le toujours génial Macnelly Torres à la création et les machines à perforer Chará – Hernández sur les côtés. Devant, deux machines à but : Jefferson Duque retrouvé et Roberto Ovelar. Pour encadrer le tout, il ne pouvait y en avoir qu’un, Reinaldo Rueda qui a remis l’Atlético Nacional sur le devant de la scène, gérant à merveille la transition post-Osorio.

2016 : l’année de tous les dangers

Après une année 2015 aussi riche, 2016 s’annonce importante sur deux plans pour la Colombie. Du côté de la sélection, Pekerman va devoir rapidement retrouver la dynamique d’avant 2014 s’il ne veut pas se retrouver rapidement sous pression et devra pour cela parfaitement gérer les deux rendez-vous de mars mais aussi montrer un autre visage lors de la prochaine Copa América. Au niveau des clubs, les performances continentales répétées des locomotives et les bons parcours des autres équipes colombiennes font que l’ensemble des formations seront désormais attendues aux quatre coins du continent. Les différents clubs cafeteros se retrouvent ainsi face au challenge le plus redoutable qu’il soit : celui de la confirmation.

A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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