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Equateur – Bilan 2015

  • Écrit par Nicolas Cougot

Suite de nos bilans 2015 avec un passage en Equateur où si la LDU a retrouvé la vie, la saison restera une fois encore marquée par le bleu d’Emelec.

Sélection : la nouvelle puissance ?

Décevante lors de la dernière Coupe du Monde (seule nation du sud à ne pas franchir le cap du premier tour), la Tri équatorienne avait beaucoup à se faire pardonner cette année et notamment lors de la Copa América. Malheureusement, l’ambitieuse sélection, avec Quinteros à sa tête depuis janvier, s’est une fois encore manquée lors d’un grand rendez-vous, tombant en ouverture face au pays hôte (lire Le jour où tout a commencé) avant de rater le match qu’il ne fallait pas manquer, celui face à la Bolivie (lire Copa América 2015 : un groupe C muy caliente). Eliminé au premier tour, l’Equateur savait qu’il allait devoir apprendre de ses échecs pour se lancer dans la campagne à la qualification mondiale. Et la Tri de Gustavo Quinteros apprend vite. En réussissant le coup de l’année au Monumental, elle a démontré qu’elle devait mettre fin à ses complexes pour renverser les géants. Depuis, l’Equateur ne perd plus (4 victoires en autant de matchs) et rappelle à tout le continent qu’il fut l’un des rares à tenir tête à l’Argentine lors de la campagne précédente. Ne lui restera désormais plus qu’à confirmer lors des phases finales.

Compétitions continentales : Emelec et la LDU, les valeurs sûres

Si les parcours éphémère de la promesse Independiente del Valle ou encore peu reluisant de Barcelona en Libertadores ont de quoi décevoir les amateurs de football équatorien, il faut tout de même souligner que ses deux locomotives que sont Emelec et la Liga de Quito ont quant à eux parfaitement répondus aux attentes.

Le Bombillo a parfaitement géré son groupe avec l’Internacional etla U pour ensuite s’offrir le luxe de sortir l’Atlético Nacional avant de tomber pour un but face au futur finaliste Tigres (lire Tigres 2 - 0 Emelec). Cette mésaventure se répètera en Sudamericana puisqu’Emelec s’inclinera encore une fois pour un but face au futur vainqueur Santa Fe (lire Sudamericana 2015 : favoris bousculés mais vivants). Un tout petit but, c’est aussi ce qu’il aura manqué à la LDU pour s’offrir le tenant du titre River Plate dans sa Casa Blanca. Les hommes de Zubeldia avaient alors réalisé le match parfait mais avaient surtout laissé les regrets prendre le dessus tant ils auraient dû se qualifier. Preuve finalement qu’à l’image de la sélection, les clubs équatoriens ne sont désormais plus très loin de s’affirmer comme une puissance sur le continent. Il leur faudra pour cela également apprendre à gérer les grands rendez-vous.

Championnat : Emelec en patron

 Ces deux locomotives ont également été les grands animateurs de la saison au pays. La LDU, redevenue totalement invincible chez elle pensait longtemps filer vers un titre qui lui semblait promis mais aura finalement payé assez cher le prix de son élimination en Sudamericana. Car derrière, les hommes de Zubeldia, dont les rumeurs de départ n’ont fait ensuite qu’enfler pour devenir réalité quelques semaines plus tard, ont cédé du terrain, laissant la belle surprise Universidad Católica et surtout Emelec revenir puis les dépasser. Et au final, c’est l’expérience qui a parlé. Le Bombillo s’est accroché à la Segunda Etapa pour ensuite aller chercher le titre lors d’une finale parfaitement maîtrisée face à la LDU (lire Equateur – Primera Division 2015 : Emelec tricampeón !).

Reste que l’année équatorienne aura été plombée par la violente crise économique qui secoue ses clubs. Tous endettés, les clubs de l’élite locale se retrouvent désormais totalement asphyxiés par les dettes, Barcelona doit par exemple près de 700 000$, le Deportivo Quito s’est vu retiré des points faute de salaires impayés et se retrouve en Segunda Division avec de nouveaux points de retirés avant même de débuter sa saison. La situation est préoccupante, le conflit entre syndicat des joueurs et fédération, dont le point culminant restera la symbolique minute de non-jeu lors de la 19e journée (lire Minute de protestation), et laisse planer bien des incertitudes sur la saison 2016.

Les joueurs

Certes 2015 restera l’année des belles révélations Pervis Estupiñán de la LDU ou de Joao Joshimar Rojas côté Aucas mais également marquée par l’excellent Estebán Dreer, parfait dans les cages d’Emelec, Mario Pineida auteur d’une belle saison avec les Negriazules d’Independiente et qui portera désormais les couleurs de Barcelona ou encore des attaquants Jonathan Álvez (LDU) et Daniel Néculman (River) ou encore de Bruno Vides, le Kun noir de la Católica. Mais, à l’heure du bilan, il était évident que les joueurs clés de la saison qui composeraient notre onze type allaient en grande partie être issus des deux locomotives cités précédemment : Emelec et la LDU.

Ainsi, nous choisiront un 4-2-2-2 assez classique au pays avec le portier international Alexander Domínguez dans les cages, une défense composée (de droite à gauche) de John Nárvaez, Arturo Mina (premier « intrus » car joueur d’Independiente), Gabriel Achilier, José Quinteros, un duo défensif Pedro Quiñónez – Àlex Bolaños (deuxième « intrus » venant d’Aucas), deux milieux offensifs / créateurs José Cevallos Jr et Brahian Alemán (le dernier intrus issu de Barcelona) et l’inévitable duo Miller Bolaños - Ángel Mena pour animer l’attaque. Pour diriger le tout, on saluera le travail de Luis Zubeldia avec la LDU qui sera désormais bien orpheline de son jeune technicien argentin parti désormais rechercher la gloire au Mexique, même si on aurait pu citer l’entraîneur champion Omar de Felippe qui a parfaitement succédé à Gustavo Quinteros ou bien Pablo Repetto dont le formidable travail avec les gamins d’Independiente reste une référence au pays et Jorge Célico qui a métamorphosé la Católica.

2016 : la confirmation ?

A l’heure d’aborder 2016, la même question va donc demeurer en Equateur : sera-ce enfin l’année qui permettra au pays de franchir un palier. Si la sélection semble avoir enfin assumé son rang, elle devra confirmer aux Etats-Unis lors d’une Copa América dont elle pourrait être l’une des vraies révélations/confirmations, au niveau des clubs, l’incertitude économique pesant toujours, la reconstruction semble à l’ordre du jour. Emelec va devoir apprendre à vivre sans Miller Bolaños, probablement le joueur de l’année au pays, et ainsi penser à renouveler en qualité son effectif de triple champion pour s’éviter les syndromes de fin de cycle, la LDU compte sur Claudio Borghi pour fructifier l’héritage laissé par Zubeldia, Barcelona doit reconstruire son attaque après notamment le départ de son maître à jouer Brahian Alemán alors qu’Independiente va devoir une fois encore compter sur sa pépinière pour survivre. Reste la question de savoir si la Católica pourra se maintenir au niveau affiché sur la deuxième partie de saison. Autant dire, 2016 pourrait être un nouveau tournant dans l’histoire du football équatorien.

Les buts du champion

 
A propos de l'auteur
Nicolas Cougot
Author: Nicolas CougotWebsite: http://lucarne-opposee.fr
Créateur et animateur de Lucarne Opposée. A la recherche de piges. Portfolio et contact : http://nicolas.lucarne-opposee.fr/

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