Grand défenseur de la veuve et de l’orphelin, surtout lorsqu’il s’agit de défendre ses propres (riches) intérêts, Sandro Rosell, en bon porte-parole des puissants endettés européens a cru bon relancer la vieille rengaine opposant clubs et sélections. Et si la FIFA et l’UEFA, principales visées en profitaient pour répliquer ?

«  Nous pensons qu’il n’est pas correct que nous devions payer les salaires de nos joueurs pendant que la FIFA et l’UEFA les utilisent et font de l’argent avec ». La phrase de la semaine, signée Sandro Rosell, président du Barça, l’homme qui vendît l’âme catalane à quelques qataris pour une poignée de dollars. Il faut dire qu’avec le fair play européen qui pointe le bout de son nez (même si, je continue de penser que ce n’est qu’une petite mesurette), notre cher président barcelonais doit trouver comment préserver sa multinationale catalane qui n’en fini plus de creuser sa dette (on frôle le demi-milliard d’euros) tout en continuant de pomper les stars du football européen (histoire qu’elles ne se retrouvent pas sur son chemin). Et trouver des solutions passe par réduire la voilure. Tout naturellement, puisque son entreprise ne peut pas se permettre de perdre des stars, un moyen classique et fédérateur auprès de ses compagnons de dette : taper sur le sélections nationales.

Après avoir un temps invoqué les problèmes de fatigue lorsqu’il s’agissait de rencontres amicales (maintenant que l’Espagne se vend au plus offrant pour parcourir la planète, l’argument ne tient plus), place désormais aux salaires : pourquoi le Barça continuerait-il de payer Messi alors que celui-ci joue pour l’Argentine qui gagne de l’argent sur son dos. Il faudrait donc que la FIFA et l’UEFA, puisqu’elles organisent ces rencontres, payent les salaires des joueurs internationaux.

Outre le côté grotesque de l’argument (on rappellera à ce cher Rosell que celui qui gagne le plus d’argent sur Messi, c’est son équipementier, les clubs argentins ne touchent rien des performances souvent médiocres du ballon d’or Adidas), allez donc demander à l’Argentine, dont la crise financière n’en fini plus de plomber son championnat, de payer l’extravagant salaire de Messi (ajouté à ceux d’Agüero, Higuain et Di Maria par exemple). Mais il n’en a que faire ce cher Rosell, après tout, cela fait des années que les clubs cherchent à détruire les sélections (et ce quelle que soit la taille du club). Pire, il menace de faire cecession.

Et bien soit ! Allez au bout de vos idées cher Sandro Rosell. Indignez-vous et faîtes grêve ! Nous verrons alors qui aura le plus à perdre.

Car alors, pourquoi l’UEFA et la FIFA n’en profiteraient pas pour faire alliance contre ces vampires et dégainaient de vraies mesures fortes comme, celle que j’attends avec impatience, un salary cap européen ?

En voulant toucher au nerf de la guerre, l’argent, Rosell s’expose. Si les confédérations étaient malines, elles pourraient en profiter pour imposer la mise en place d’une telle mesure. Après tout, il en va de leur survie.
En plafonnant les salaires à l’échelle continentale et en imposant un contrôle stricte des finances et des mouvements des joueurs dans les clubs , les vampires du G14, leurs milliardaires et leurs dettes, ne pourraient plus fausser le marché des transfert. Imaginons un instant un système qui imposerait un plafond des salaires à ne pas dépasser 50% des revenus (en laissant la porte ouverte à un ou deux « marquee players »), empêcher les renégociations de contrat comme c’est le cas aux USA (un contrat signé ne pouvant être rompu) et surtout plafonner les transferts (en nombre par club et en indemnité). On assisterait alors à un rééquilibrage de la répartitions des joueurs : s’il ne lui est pas possible de faire pression sur les différentes ligues, imaginez un instant que l’UEFA impose ce plafond salarial pour autoriser les clubs à prendre par à ses compétitions. Des clubs devraient alors, si les fédérations ne suivaient pas, choisir dans leur pool de joueurs, ceux qui auraient les honneurs de disputer les compétitions continentales. Effet domino, ceux relégués sur le banc et ne devant se contenter que des compétitions nationales ne feraient à coup sûr pas de vieux os dans ces clubs là (sans oublier qu’ils ne se bougeraient peut être plus pour qualifier le club à des compétitions dans lesquelles ils ne seraient pas alignés) et iraient chercher une meilleure place ailleurs.

Imposible ? Pourtant, certains ont déjà ouvert la voie (c’est le cas de l’Irlande). l’an passé, José Luiz Astiazaran, président de la ligue espagnole souhaitait plafonner les salaires, en 2009, Karl-Heinz Rummenigge soulevait déjà cette question, de même que Pelé. Platini en avait fait l’une de ses volonté et ne cesse de nous la rejouer en boucle depuis quelques saisons (quelques exemples en 2008, 2009, et cette année). S’il est encore confronté aux instances européennes (instaurer un statut particulier au sport ouvrirait bien des portes). Avec un peu de courage, les instances continentales et mondiales pourraient reprendre le dessus sur ces clubs-entreprises qui spéculent sur une passion et petit à petit faussent toutes les compétitions. Et pour le coup, pas sûr que Rosell viendrait se présenter en maître de monde comme il le fait aujourd’hui….