Europe : les mauvais calculs français.

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L’Europe, objectif avoué par la plupart des clubs de l’hexagone chaque saison. Mais lorsqu’un club parle d’Europe, son seul rêve, c’est la Ligue des Champions. Et s’il n’y est pas, la peu lucrative Europa League est souvent méprisée…..et tant pis pour les autres.

Chaque saison c’est la même histoire. 38 journées de lutte, un podium en guise de carotte dorée et, parce qu’il n’y a que trois places, se retrouver à barboter en Ukraine, relégué un jeudi soir sur Canal plus Sport ou pire, commenté par Thierry Roland sur W9. On comprend ainsi le pourquoi des choix répétés des différents coachs de l’hexagone dès lors qu’il est question d’Europa League : vite la bazarder et se concentrer sur le championnat. Outre la ritournelle habituelle se concluant souvent par un simple « si c’est pour faire ça, à quoi bon se qualifier pour l’Europa League », il est vrai qu’un parcours en Europa League n’est pas si lucratif (Porto, le vainqueur 2011 n’a touché que 7M€ pour son parcours soit ce que rapporte le simple fait de participer à la phase de poule de la Ligue des Champions). Mais là où les clubs français se trompent, c’est sur les dommages collatéraux causés par le fait de laisser tomber une telle compétition et plus précisément, les effets sur l’indice UEFA.

Prenons un exemple concret : l’an passé, la France était cinquième au classement de l’indice UEFA, comptant deux points d’avance sur le Portugal. La saison 2010/2011 a vu Lyon et l’OM parvenir en huitième de finale de la Ligue des Champions, Auxerre sortir après la phase de poule. Au total, 19.150 pour Lyon, 20.150 pour l’OM et 8.150 pour Auxerre (précisons que la Ligue des Champions offre des bonifications de points supplémentaires par rapport à l’Europa League : 4 points pour une accession aux groupes, 5 points pour une présence en huitièmes). Paris et Lille sortaient de leur groupe d’Europa League avant de se faire éliminer respectivement en huitième et en seizième avec un bilan cumulé de 7 victoires en 18 matchs alors que Montpellier s’était fait sortir avant même la phase de poule. Bilan ? 14.150 pour Paris, 9.150 pour Lille, 3.150 pour Montpellier.

Brahimi et Rennes n'ont jamais décollé en Europa League

Pendant ce temps : Benfica et Braga quittaient la phase de poule de la Ligue des Champions avec un total de 5 victoires en 12 rencontres disputées (soit trois victoires de moins que les français). Sauf qu’une fois reversés en Europa League, les deux clubs portugais rejoignaient Porto et le Sporting, vainqueurs de leur groupe (9 victoires en 12 matchs contre 5 pour les français) et surtout, jouaient le jeu et parvenaient dans le dernier carré avec le futur vainqueur Porto. Bilan, là où les français de l’Europa League rapportaient 26.45 points, les portugais de l’Europa League en prenaient 45.56 auxquels il fallait ajouter les 51.6 du duo Benfica – Braga.

La conséquence est mathématique. Pour calculer l’indice UEFA, on additionne les points et on divise par le nombre de clubs engagés. Soit 10.75 pour la France, 18.8 pour le Portugal. Huit points d’écart uniquement pris sur le parcours en Europa League (les résultats de Ligue des Champions étant similaires). Résultat ? A l’heure actuelle, le Portugal vient de doubler la France au classement des nations et passe cinquième. Pour les clubs français, si la situation restait inchangée en fin de saison, la conséquence serait que la troisième place ne qualifierait plus pour le 4e tour préliminaire de Ligue des Champions 2013-2014 (le dernier avant les groupes) mais pour le 3e : soit deux étapes avant d’accéder aux groupes. La dégringolade pourrait se poursuivre : les clubs portugais cartonnent en Europa League (tous leader de leurs groupes) là où les français, à force de faire tourner, se sont mis en danger (Paris et Rennes totalisent 10 points contre 22 pris par le Sporting et Braga – les deux clubs portugais sont qualifiés alors que Rennes et déjà éliminé et le PSG n’est plus maître de son destin). Cela devient plus inquiétant si on regarde ce que font les russes, les ukrainiens et les néerlandais qui nous suivent au classement : l’an passé, la France perdait du terrain sur les russes et les néerlandais, faisant quasi jeu égal avec les ukrainiens. Sauf que cette saison, la tendance semble se poursuivre et les écarts se réduisent d’années en années.

A jouer au dangereux jeu de l’économie et d’oublier le collectif national au profit d’un calcul purement monétaire, les clubs européens français pourraient entraîner avec eux l’ensemble du foot national. Et pour le coup, le calcul financier du moment aurait des conséquences à long terme….

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