
C’est parti !! Dire que j’attendais cette Coupe du Monde avec impatience est un euphémisme. Alors, outre les activités que j’occuperai sur France24 pour vous conseiller quelques matchs, je viendrai sur le blog pour livrer mes sentiments perso sur les matchs de la journée.
Le premier jour dicte le ton d’une compétition paraît-il. Je ne saurais dire si ce poncif sera vrai d’ici un mois mais une chose est sure, débuter d’entrée par le groupe des bleus permet de se mettre direct dans l’ambiance. Autre certitude, je ressors de cette journée avec un bien bel enthousiasme.
Pied d’entrée.
Enthousiasme car le premier match aura été un kif énorme comme on dit. J’attends énormément des mexicains, fan absolu que je suis de leur championnat. Alors s’ils m’ont quelque peu déçu, j’ai adoré la prestation typiquement africaine des Bafanas Bafanas. Après une première mi-temps au cours de laquelle les hommes de Carlos Alberto Parreira étaient totalement pétrifiés (il faut dire que l’intense émotion collective ressentie lors de l’hymne national n’a pas du aider à se libérer), la seconde période a symbolisé tout ce que j’aime dans ce foot africain : ca court de partout, joue dans les espaces, ne calcule pas et tente des gestes de folie, le tout en première intention (exemple : Khune qui tente de lober le portier mexicain sur un dégagement oO). Je ne sais pas si vous l’aviez suivi mais j’avais eu le même sourire béat après les prestations de Mazembe au Mondial des clubs. Un pur bonheur. Et puis il y a ce but de Tshabalala. Merveille de mouvement collectif, merveille de finition. Pour ceux qui en doutaient, l’Afsud est en pleine confiance et quand elle se lâche, elle peut faire trembler pas mal d’équipes. Autre point intéressant, nombreux étaient ceux qui prédisaient une Coupe du Monde favorisant l’hôte (rigolo de voir ces « experts » prendre systématiquement comme exemple la Coupe du Monde 2002 avec la Corée et le Japon mais oubliant systématiquement l’arnaque absolue qu’était la Coupe du Monde 66 que les anglais se sont scandaleusement offerts), le penalty oublié pour les sudafs ne sera pas venu apporter d’eau à leur moulin.
Côté mexicain, je pense qu’on a vu le mal actuel de la sélection : ca tricote bien, c’est fluide, mais ca manque cruellement de finition. Il manque un tueur en pointe. Autre déception : le management d’Aguirre. Que fait Óscar Pérez dans les buts quand on a un Ochoa dans le groupe. Avec ses prises de balles peu sures et ses sorties manquées, il a contribué à poursuivre le travail de déstabilisation d’une défense du Tri qui n’est déjà pas sa grande force. M’étonnerait quand même qu’on le voit contre les bleus jeudi prochain. Faire entrer ensuite le vétéran Blanco alors qu’un Pablo Barrera pouvait tout faire sauter…..
Bleu de chauffe
De crispation, il en était également question avec les bleus justement. Dans un contexte absolument détestable autour de la sélection, le groupe France se voyait débuter la compétition par l’Uruguay et le duo Forlan – Suarez. Alors que mexicains et sud-africains se sont lâchés, les deux favoris du groupe eux, ont préféré s’observer, se craindre et finalement ne rien tenter. On accordera aux bleus l’envie et parfois la possibilité de faire la différence mais au final, le nul reste logique (aux occasions de Gourcuff et surtout Govou peuvent s’opposer les deux de Forlan). Rien de dramatique en fait mais quelques inquiétudes demeurent. Ribéry continue de faire du Robben (comprendre, joue tout seul), Anelka ne semble pas avoir compris que l’homme en pointe, c’était lui, Gourcuff est transparent (sur qu’il n’est pas aidé par ses coéquipiers qui ne semblent pas vouloir jouer avec lui) et Govou totalement inefficace. Le souci, c’est que du coup, c’est toute l’animation offensive qui s’en trouve perturbée. J’avoue que je souris en voyant les « experts » passer leur temps à parler de 4-3-3, de 4-3-2-1 et autres formules chiffrée, au final, une schéma tactique n’est pas une situation figée sur tableau noir (voir par exemple ce que devient le même 4-3-3 mexicain en position offensive), tout en oubliant de stigmatiser les 450 touches de balles de Ribéry sur la gauche, le néant total à droite (Sagna ne sait toujours pas déborder et centrer proprement). M’enfin, l’icône du moment estampillée Label rouge Arsenal, c’est Diaby. Cool, un déménageur breton qui raffute à tout bout de champ dans de longues chevauchée en ligne droite, ça semble exciter. Perso, je trouve ca contre-productif et me rappelle une phrase de Gourcuff reprise par Libé en Septembre 2009 : « Sur un terrain, seul, je ne suis rien. Mes qualités sont faites pour jouer avec les autres. Je ne suis pas le genre de joueur à la Cristiano Ronaldo ou à la Ribéry, qui prend le ballon et dribble vingt-cinq mecs. Ce ne sont pas mes qualités. Et cela ne fait pas partie non plus de ma façon d’envisager ce jeu-là. Dans mon football idéal, il n’y a pas de dribble. Juste des passes. Pour moi, si on ne dribble pas, c’est positif. Parce que cela veut dire qu’il y a du mouvement, des partenaires disponibles, des décalages possibles. » Je comprends qu’il se sente isolé.
La (d)Rama tique.
Je vais faire un petit aparté avec mon petit coup de gueule de la semaine (promis, y’en n’aura qu’un). En fait, j’avais prévu de faire cela sous forme d’une petite « lettre à », mais le manque de temps a tué cette idée. Sous ce titre se cache l’un des sujets de mon irritation du moment : Rama Yade qui décidément ne manque jamais une occasion d’être ridicule. Après avoir demandé le licenciement de Domenech (ce qui, en vertu des lois de la FIFA n’aura fait que stabiliser Raymond – l’ennemi public numéro 1 préféré des français et des médias), voila notre chère secrétaire d’Etat s’en prend à critiquer le coût exorbitant de l’hôtel des bleus, surfant ainsi sur la vague médiatique visant à critiquer ces bleus qui se coupent des journalistes. Alors je sais qu’il est de bon ton d’accabler à tout prix cette équipe mais j’aurais juste souhaité rappeler à notre chère secrétaire d’Etat que sport populaire ne signifie pas sport populiste. En tant que secrétaire d’Etats en charge des sports, elle devrait plutôt se concentrer à ne pas faire le jeu de la cabale médiatique de ces derniers mois (mon dieu, ce sera tellement mieux avec l’ami des médias Laurent Blanc – le supporter bordelais que je suis en souris d’avance (sourire ironique bien sur)). D’un autre côté, elle en est tellement ridicule qu’elle devient prévisible. Imaginons une finale ou mieux une victoire : sur que Rama Yade sera la première à venir nous ressortir le couplet de la France « black-blanc-beur » triomphant en Afrique, berceau de l’humanité.
Allez, je termine avec du foot (au fond, on est la pour ca) : le but de Tshabalala en le remerciant d’ouvrir la Coupe du Monde par une Lucarne Opposée ^^.
A dimanche (oui, demain pas de foot en direct pour bibi…) et pour demain allez les USA !!!