Les 120 ans d’un mythe.
Le CA Peñarol dernier finaliste de la Libertadores, célébrait ses 120 ans ce mercredi en accueillant dans son Centenario les argentins de San Lorenzo. L’occasion de revenir sur l’histoire d’un club de légende, l’un des plus grands de la planète foot.
Le Rio de La Plata, frontière naturelle entre Argentine et Uruguay, de l’autre côté de Buenos Aires, Montevideo : capitale la plus australe au monde où vit près de la moitié de la population uruguayenne (1.3M d’habitants pour un total national de 3.5M). Pour l’amoureux de football, Montevideo est surtout la ville qui abrita la première finale de Coupe du Monde en 1930. Mais Montevideo est également la ville du Club Atlético Peñarol.
Une enfance mouvementée.
Nous sommes le 28 septembre 1891 : 118 membres, employés de la compagnie centrale des chemins de fers basés à Montevideo, décident de fonder une section Cricket et football : le Central Uruguay Railway Cricket Club était créé. Dès le début, il aura deux surnoms : les Carboneros, surnom officiel et, plus en coulisse, Peñarol, quartier dans lequel siège la compagnie. Le choix des couleurs ? Lié à l’industrie ferroviaire et la Rocket, locomotive charbon et jaune créée pour la ligne Manchester – Liverpool par George et Robert Stephenson, et qui envahit ensuite le monde, l’Uruguay compris. Le club remporte plusieurs titres dans la première décade du XXe siècle avant de disparaître et laisser place au Peñarol dans des conditions qui font encore polémique. En 1913, des tensions entre les administrateurs du Central Uruguay Railway et la section football entraînent la scission des deux sections et la naissance du Club Atlético Peñarol (nom définitif pris quelques mois plus tard, en 1914). Mais, parallèlement, la section football du CUR n’était pas encore officiellement dissoute et bien que le CURCC ne disputera que quelques rencontres amicales, les deux clubs co-existent. D’où la polémique toujours vivace quant à l’âge véritable du Peñarol. Deux clubs disputent en effet la thèse de la continuité avec le CURCC : les Montevideo Wanderers qui, lorsqu’ils célébrèrent leurs 100 ans publièrent un livre relatant un tournoi auquel CURCC et Peñarol avaient participé et, plus important, le rival de toujours, le Nacional.
La polémique nait mors du centenaire du Peñarol. Le Nacional publie un document officiel, « Informe del decanato », dans lequel il remet en cause la date de création du Peñarol. Les officiels du club fournissent plusieurs documents visant à démontrer que le centenaire du rival n’a pas lieu d’être. La polémique perdure encore aujourd’hui (je vous laisse la suivre via la page wikipedia) même si la fédération uruguayenne à depuis longtemps pris position (en 1916, la fédération souhaitait les 25 ans du club).
Une rapide montée en puissance.
La période du championnat amateur offrira au club plusieurs titres nationaux (10 pour être précis) et l’arrivée du professionnalisme ne dérogera pas à la règle, loin de là. Premier champion de l’ère professionnelle, les Carboneros remportent cinq des huit premiers titres, alternant avec le Nacional qui les délogera de leur fauteuil dans les années 40 (les deux clubs partagent quasiment le nombre de titre nationaux, ayant remport 69 des 79 championnats d’Uruguay). Dominateur sur ses terres, le Peñarol va alors conquérir le continent puis le monde.
1960, le club est à l’origine de la fondation de la Copa Libertadores dont la première édition regroupe sept champions : Bahia pour le Brésil, Jorge Wilstermann pour la Bolivie, Millonarios pour la Colombie, Olimpia pour le Paraguay, San Lorenzo pour l’Argentine, l’Universidad de Chile pour le Chili et donc, les carboneros. Le club remporte les deux premières éditions avant de tomber l’année suivante devant le Santos de Pelé (notons au passage que si la règle du but à l’extérieur avait été de mise, les Carboneros auraient remporté ce duel). Le succès en Libertadores 1960 ouvre les portes à la première Coupe Intercontinentale opposant Peñarol au Real Madrid (première édition remportée par les espagnols). L’année suivante, Peñarol décroche le trophée en s’imposant devant Benfica avant de prendre sa revanche sur Madrid en 1966 et de décrocher son troisième titre mondial dans les années 80 (les Carboneros resteront les recordman du nombre de Coupe Intercontinentale).
A chaque décennie, les Carboneros grappilleront des titres, s’imposant comme le plus grand représentant uruguayen à l’échelle planétaire. Symbole de cette reconnaissance, le club est aujourd’hui considéré comme le plus grand club sud-américain du XXe siècle.
L’âme d’un continent.
On pourrait ainsi passer des heures à feuilleter le grand livre d’histoire de ce club mythique. Mais ces petits jalons posés, vous pouvez résumer le club de la manière suivante : premier champion uruguayen de l’ère professionnelle, fondateur de la Copa Libertadores dont il fut le premier vainqueur, premier sud-américain champion du monde. Ainsi peut-on conclure que s’il est un club qui représente l’âme du football sud-américain, c’est bien le CA Peñarol. Et ce, pas que sur le plan des résultats.
Ces supporters résument à eux seul ce que signifie la passion en version latine. Nous avions déjà évoqué cela en vous présentant la banderolle la plus grande du monde déployée en Libertadores. Plus que des mots, quelques vidéos prises lors de la finale de la dernière Libertadores qui résument parfaitement ce que signifie ferveur lorsqu’on est supporter carbonero.
Hier soir, l’un des plus grands clubs du monde, malheureusement pas autant médiatisé qu’il le mérite, a célébré ses 120 ans en dominant San Lorenzo. Les mêmes argentins qu’ils battaient en demi-finale de la première Libertadores.
Les festivités continuent toute cette semaine. FELIZ CUMPLEAÑOS PEÑAROL
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Nicolas le 29 septembre 2011 à 15 h 08 min, et placée dans histoire. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |












