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Après la goleada du Chili vendredi soir dans son Estadio Nacional face à la Bolivie, LO était présent à L’Estadio La Portada de La Serena pour la dernière journée du groupe B qui s’avérait décisive entre l’Uruguay et le Paraguay.

Aucun répit pour l’équipe LO qui reprenait le chemin des routes chiliennes ce samedi. Direction 500 kilomètres au Nord de Santiago pour La Serena où se déroulait une rencontre primordiale dans le groupe B entre la Celeste de Cavani et Rolán et le Paraguay d’un certain Nestor « El mago » Ortigoza. Si cette affiche n’était rien de plus qu’un remake de la dernière finale de la Copa América 2011 en Argentine, hier, l’enjeu était tout autre. Troisième avec 3 points au compteur, la Celeste devait s’imposer pour prendre la deuxième place à son adversaire du jour qui lui pouvait toujours espérer la première place de ce groupe en cas de victoire.

Rencontre à 16h oblige, c’est donc tôt, très tôt que l’équipe LO prend la route depuis la Capitale chilienne pour rallier La Serena. Jumelée avec Villanueva de la Serena en Espagne qui lui a donné son nom, située dans la province d’Elqui et la région de Coquimbo, la ville donne sur l’océan Pacifique. Elle est réputée pour être l’une des plus anciennes villes du pays, sa fondation en tant que commune remontant au 26 août 1549. Une fois arrivé dans ce petit havre de paix, nous prenons la direction de l’Estadio La Portada pour prendre la température. Autour de l’enceinte, les maillots Celestes affluent dans la bonne humeur et les premiers chants commencent à se faire entendre. Venu avec sa sœur en provenance d’Artiguas, ville située au Nord de l’Uruguay, Hugo nous livre ses impressions sur la rencontre à venir « Ça va être une rencontre très difficile comme toujours face au Paraguay qui est une sélection avec un style de jeu très rugueux et physique. Aujourd’hui il faut gagner pour prendre la deuxième place et surtout nous éviter un quart de finale à l’Estadio Nacional face au Chili », avant de poursuivre sur le bordelais Diego Rolan « C’est difficile pour lui d’être le remplaçant de Luis Suárez pour cette Copa América mais je suis de ceux qui pensent qu’il faut lui laisser du temps. Diego Rolán est un jeune joueur de qualité qui a fait une superbe saison avec Bordeaux, nous avons confiance en lui, il est l’avenir de la Celeste ». Après cet échange, nous nous dirigeons vers notre tribune pour y croiser Ignacio, hincha paraguayen résidant à Asunción et ayant fait le déplacement pour l’occasion « l’Uruguay est une équipe assez similaire à notre sélection. Beaucoup d’impact physique, rigoureux défensivement et je ne miserais pas gros pour voir beaucoup de but aujourd’hui. Honnêtement cela nous arrangerais bien pour rester second de ce groupe en cas de victoire de l’Argentine face à la Jamaïque, et puis, pourquoi pas rêver d’une victoire et aller taquiner l’Albiceleste avec une petite victoire ».

Une fois installés dans cet Estadio La Portada qui n’est ni plus ni moins que le sosie du Stade San Nicola de Bari en Italie avec ses tribunes inclinées formant plusieurs blocs, les joueurs uruguayens entrent à l’échauffement alors que les paraguayens choisiront eux de s’échauffer à l’abri des regards. Côté Celeste, le Maestro Tabárez choisi d’aligner trois attaquants avec Cavani – Rolán – Hernández alors que côté Guaraníes, l’ancien entraîneur de River Plate, Ramón Diaz, privilégie la doublette expérimentée Valdez – Barrios. Les hymnes nationaux effectués, c’est le Mexicain Roberto Garcia qui donne le coup d’envoi de la rencontre.

Le match

Le stade de La Portada est finalement plus rempli que ce que l’on pensait à une heure du coup d’envoi mais l’ambiance reste calme. Les Uruguayens ont encore une fois la main sur les tribunes mais manquent de ferveur pour un mach pourtant bien important vu l’objectif qui était à la clé. Les premières minutes nous annoncent la couleur, nous ne verrons surement pas une prestation digne de celle du Chili contre la Bolivie aujourd’hui. La Celeste et l’Albirroja ont d’autres forces comme l’impact physique qui est vite de sortie. Abel Hernández prend un jaune dès la 4e minute de jeu suite à un gros tacle sur Da Silva. 5 minutes plus tard c’est Ortigoza qui prend sa biscotte après un attentat sur Ríos qui, bizarrement, ne lui rendra pas la monnaie pendant la rencontre. Après une dizaine de minutes de jeu bien hachées, les Paraguayens se procurent la meilleure occasion avec une tête de Valdez qui fuit le cadre sur un corner de Bobadilla. La machine de Ramón Díaz commence à se mettre en route comme le prouve un superbe mouvement entre Benítez qui talonne pour Piris qui crochète son vis-à-vis er finit au sol. Le coup franc est bâclé par Bobadilla qui cherche à joindre la tribune presse avec son centre ce qui enclenche les premiers sifflets. Les fautes s’accumulent, cette après-midi le physique est bien le dominant sous le magnifique soleil que nous offre La Serena après le brouillard bien épais du matin.

Alors que les hommes de Tabárez souffrent énormément sur les coups de pied arrêtés défensifs c’est bien depuis les airs que José María Gimenez ouvre la marque à la 28e minute. Le Colchonero s’élève plus haut que tout le monde pour reprendre un corner de Carlos Sánchez et battre Justo Villar. Celui qui est surnommé Godinito devient le plus jeune Uruguayen à marquer en Copa América depuis Lima en 2001. Ce but libère (un peu) la Celeste qui va appuyer sur le côté gauche de la défense paraguayenne. Giménez est tout près de s’offrir un doublé quelques minutes plus tard mais Villar sauve les siens avant que Cavani ne manque sa frappe à quelques mètres du but. L’Albirroja souffre mais sait aussi profiter des miettes, l’ancien Montpelliérain Lucas Barrios répond à Giménez aussi sur un corner très bien frappé par Benítez. Coup de froid sur les tribunes Celestes du stade La Portada.

Le début de la deuxième mi-temps ressemble follement à la première, 2 fautes sont signalées en 60 secondes. L’un des membres de la Team LO en profite pour nous rappeler (pour la 3453e fois) qu’Ortigoza est un joueur hors pair, un mago, le GPS du Paraguay et du monde du football… Heureusement que les 5h30 de voiture ont bercé son sommeil sinon il aurait été très difficile de contenir la Ortigozamanía. Revenons au match et à Edinson Cavani qui manque le cadre sur une tête. Rolán, peu en vue jusqu’à maintenant car perdu côté gauche se montre avec un passement de jambe avant de déclencher une frappe qui passe loin du but de Villar. A la 62e minute c’est le drame, le GPS Ortigoza se claque, notre collègue retient son souffle sa tête noyée dans ses mains, la tension est palpable sur son visage. Le joueur de San Lorenzo ne peut pas continuer et laisse sa place pour le malheur de notre amigo qui nous parle même de quitter le Chili. Sur le terrain Rolán guide une nouvelle attaque céleste en récupérant le ballon très haut avant de décaler Pereira qui cherche un Cavani finalement devancé dans la surface. L’attaquant du PSG en remet une couche à la 68e mais Villar, qui est au passage devenu le Paraguayen le plus vieux à jouer un match de Copa América à 37 ans et 355 jours, capte sans aucun souci.

La poisse du Paraguay ne s’arrête pas là et le buteur du jour, et meilleur joueur du match selon l’organisation, Lucas Barrios doit également rejoindre le vestiaire plus tôt que prévu à cause de pépins musculaires. Coates va réveiller les tribunes bien endormies d’un placage très puissant sur Valdez qui reste quelques secondes KO. Álvaro Pereira a le temps de prendre un carton jaune qui le privera de quarts de finale. Derlis González, entrée à 20 minutes de la fin, tente de profiter de son temps de jeu pour renverser la vapeur mais en vain. La fin de match est marquée par les nombreux déchets des deux sélections dans les derniers mètres. L’Uruguay pousse pour éviter de terminer 3e mais c’est le Paraguay de Ramón Díaz qui a la meilleure occasion sur une frappe de Derlis González qui oblige Muslera à réaliser l’arrêt du match à la 92e minute. Les deux sélections se quittent, qualifiées, sans briller sur un match nul qui arrange le Paraguay qui terminera 2e du groupe B alors que l’Uruguay prend la 3e place et rencontrera le Chili en quarts de finale, une aubaine pour les Uruguayens déjà tombeurs en quarts du pays hôte des éditions de 2007 et 2011 ? Interrogé en zone mixte, Diego Rolán nous parlera du Chili et de son avenir.

Reste que le bilan de la journée est rude pour la Team LO qui a quand même avalé 500 km pour vivre cette rencontre qui a bien déçu mais bon c’est la Copa América et comme le dit la chanson officielle, América es una fiesta!

Lucarne Opposée

Derrière Lucarne Opposée – Chili 2015, Nicolas Cougot, Nicolas Faure et Bastien Poupat, trois journalistes freelance partis aux quatre coins du Chili pour offrir une immersion totale, en temps réel, dans la plus grande compétition du continent et faire découvrir l’histoire du Chili et de son football à travers photos, vidéos et récits.