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Dans un groupe C qui aura été indécis jusqu’au bout, le Brésil et le Venezuela s’affrontait hier soir au Monumental de Santiago du Chili pour une place en quart de finale de cette 44ème édition de la Copa America.

Quand on vous disait hier que le mot répit était inconnu au vocabulaire de l’équipe LO, on ne pensait pas si bien dire. Après un Uruguay – Paraguay à La Serena (voir La porte de l’ennui), retour à la case départ, dans la Capitale chilienne, un peu plus de 500 kilomètres au sud pour un match primordial en vue de la qualification pour les quarts de finale de la Copa América entre le Brésil et le Venezuela.

Après avoir parcouru une nouvelle fois la Ruta 5 de bon matin, nous arrivons sur Santiago du Chili en début d’après-midi et prenons la direction de La Florida pour rejoindre l’Estadio Monumental qui se situe sur l’Avenida Marathon. Les alentours du stade sont beaucoup plus calmes que lors de notre dernière venue lors de Brésil – Colombie (voir Si se pudo !) mais offrent tout de même un magnifique patchwork de couleurs mêlant jaune, vert, bleu et rouge.

Au pied de la statue du Cacique duquel le club résident porte le nom et qui se dresse devant l’entrée principale du Monumental, nous rencontrons Manuel venu avec son groupe d’amis de Caracas spécialement pour l’occasion « Nous savons que cela va être très compliqué ce soir face au Brésil, comme toujours d’ailleurs. Mais nous avons bon espoir de nous qualifier, nous avons foi en notre sélectionneur en notre groupe mais aussi en notre Capitaine qui joue chez vous d’ailleurs. Vizcarrondo est un joueur très apprécié au Venezuela pour sa combativité et sa capacité à ne rien lâcher. Si nous jouons dans cet esprit, nous pouvons le faire » lâche-t-il. Quelques mètres plus loin où les supporters vénézuéliens et brésiliens se côtoient dans la bonne humeur au milieu de quelques chambrages en règle, un brésilien annonçant que la Vinotinto s’inclinera 2-1 et concluant par des « Adios Chavez ! », nous faisons la rencontre de Rodrigo, un brésilien résidant à Santiago du Chili « Vu ce qu’a réalisé le Venezuela face à la Colombie (voir Si se pudo !), nous ne devons en aucun cas prendre ce match à la légère de plus sans notre pièce maîtresse qu’est Neymar. Pour parler de sa sanction, attendons l’appel qu’à fait notre Fédération avant de s’emballer surtout qu’au final nous n’avons pas beaucoup d’éléments. Et puis de toute façon avec ou sans Neymar nous on sera toujours derrière la Selecao » s’exclame-t-il.

Nous rejoignons ensuite notre tribune pour nous apercevoir que dans l’autre match de ce groupe C, le Pérou et la Colombie se sont quittés dos à dos sur le score de 0-0. Désormais les calculs sont assez simples, en cas de victoire du Brésil ou du Venezuela l’une des deux équipes terminera première du groupe et l’autre sera éliminée, en cas de match nul ce serait la Colombie qui sortira dès le premier tour. Les hymnes sont alors joués et l’arbitre paraguayen du soir, Monsieur Enrique Caceres, peut donner le coup d’envoi du dernier match de la phase de groupe de l’édition 2015.

Le match

C’est devant un paysage magnifique, bordé par la cordillère des Andes, que les deux équipes lancent les débats devant 33 284 spectateurs. Le Brésil de Dunga, pour son premier match sans Neymar garde le ballon dans les premières minutes mais le Venezuela profite de quelques erreurs d’inattentions de la Seleção pour s’approcher des buts de Jefferson. Après un centre qui est tout proche d’être repris par Rondón c’est l’ancien Lensois Cíchero qui a la meilleure occasion avec un coup de tête qui passe au-dessus des buts du gardien brésilien. Les hommes de Dunga vont rapidement reprendre le dessus d’abord grâce à quelques incursions de Dani Alves sur son côté droit et la vision d’un Robinho, remplaçant de Neymar, qui s’est lui aussi montré bien actif. Dès la 8e minute le Brésil ouvre la marque grâce à un but magnifique de Thiago Silva qui reprend de volée un corner de Robinho pour battre Baroja. Le défenseur du PSG en profite pour dédier son but au suspendu Neymar. Une belle manière pour gagner des points auprès de son sélectionneur qui lui a enlevé le brassard de capitaine. Quelques minutes plus tard les nombreux Vénézuéliens présents entonnent un « Sí se puede » pour aider leurs protégés qui ont beaucoup de mal à contrer la machine brésilienne. Dani Alves trouve encore Robinho dans l’axe, le joueur du Peixe reprend en demi-volée mais celle-ci fuit le cadre de peu.

Le Venezuela est très nerveux dans cette première période et souffre les accélérations de Willian, véritable poison pour la défense de la Vinotinto. Les hommes de Sanvincente ont du mal à s’approcher des buts adverses pour tester un Jefferson pour le moment bien tranquille. Alors que les vendeurs des stades continuent leur ronde dans les tribunes pour tenter de refourguer du café, des popcorns ou encore le traditionnel maní (cacahuètes), les Brésiliens continuent de faire plier la défense vénézuélienne qui est proche de casser une nouvelle fois sur une frappe de Willian repoussée par Baroja à corner. Les Vénézuéliens craquent dans les dernières minutes de la première mi-temps, Vargas et Seijas sont avertis suite à des tacles bien appuyés. Le Brésil, plus collectif que lors de ses dernières sorties, mène logiquement à la pause. L’ancien capitaine Thiago Silva est tout proche de doublé la mise au retour des vestiaires sur une nouvelle tête suite à un corner mais le gardien Baroja veille sur sa ligne. Sans même laisser respirer la Vinotinto, le Brésil va marquer une nouvelle fois grâce à Firmino qui reprend un centre de l’extérieur de pied de WIllian qui a bien enrhumé Rosales sur la gauche. Il faut attendre le coup de patte magique du meilleur pied gauche du continent, Juan Arango, pour voir Jefferson se détendre.

En l’absence de Neymar ce sont les pieds de Willian, cheveux au vent, qui régalent. Celui qui est surement l’un des meilleurs Brésiliens sous Dunga est dans tous les bons coups de la Seleção. Ses gestes vont même déclencher la Ola typique de cette Copa América qui fera 4 tours dans le Monumental avant de s’éteindre. Cela redonne un peu d’envie aux Vénézuéliens qui par intermédiaires de González qui est entré quelques minutes auparavant. Arango oblige une nouvelle fois Jefferson à la parade sur coup franc mais l’arbitre siffle un hors-jeu. A 2-0, le sélectionneur brésilien Dunga décide de faire sa spéciale et bétonne avec 4 défenseurs centraux sur le terrain pour terminer avec une belle ligne Filipe Luis – Marquinhos – Thiago Silva – David Luiz – Miranda – Dani Alves. La Vinotinto profite de cette idée farfelue de Dunga pour reprendre ses esprits et l’attaquant Miku réduit la marque à 6 minutes de la fin et réveille le Monumental qui terminera debout. Miku profite d’un nouveau coup franc magistral de Juan « Zurda de Oro » Arango touché par Jefferson sur son poteau pour propulser le ballon au fond des filets et redonner espoir au peuple vinotinto. Les esprits s’échauffent ensuite sur le rectangle vert, la tension est palpable sur le terrain et dans les tribunes, ce but relance complétement les choses. Mais Miku, premier buteur vénézuélien contre le Brésil depuis 1989, manque la balle du 2-2 en toute fin de rencontre sur un joli centre venu de la gauche.  Cela ne sera finalement pas suffisant pour les hommes de Sanvincente qui ont failli encaisser un troisième but suite à la boulette habituelle de Vizcarrondo dont n’a pas pu profiter Dani Alves.

La sélection Vénézuélienne quitte le tournoi pour se pencher sur les qualifications pour la prochaine Coupe du Monde avec un petit goût d’inachevé après avoir battu la Colombie et s’être quitté sans but avec le Pérou. Le Brésil passe pour sa part en quarts de finale et affrontera le Paraguay à Concepción sans Neymar, du moins pour le moment. La Copa América perd donc la Vinotinto ce soir ce qui signifie qu’elle perd également certaines des plus belles hinchas de la compétition pour le plus grand malheur de la Team LO. Hasta pronto Venezuela!

Lucarne Opposée

Derrière Lucarne Opposée – Chili 2015, Nicolas Cougot, Nicolas Faure et Bastien Poupat, trois journalistes freelance partis aux quatre coins du Chili pour offrir une immersion totale, en temps réel, dans la plus grande compétition du continent et faire découvrir l’histoire du Chili et de son football à travers photos, vidéos et récits.