Le futur adversaire de l’Équipe de France a profité de la trêve internationale pour se mesurer à la Corée du Sud et au Japon en terre asiatique. Analyse de la sélection bolivienne à deux mois du début de la Copa América.

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La première rencontre amicale de l’ère Villegas face au Nicaragua au début du mois de mars n’avait pas offert de grands enseignements au nouveau sélectionneur bolivien (2-2). Finalement, ces deux matchs face à la Corée du Sud et au Japon, soldés par deux défaites 1-0, ont permis d’esquisser quelques traits du visage que la sélection bolivienne présentera en juin prochain lors de la Copa América.

La défense, seule satisfaction

Des vingt-trois joueurs retenus pour cette tournée asiatique, Eduardo Villegas se sera appuyé sur vingt d’entre eux. Seul le gardien Saidt Mustafá, excellent dans les buts face au Nicaragua, et les défenseurs centraux Mario Cuéllar et Jordy Candia n’auront pas connu de cape supplémentaire avec la Verde. Et pour cause, c’est précisément à ce poste que se trouve la vraie satisfaction de ces deux matchs amicaux. L’arrière garde centrale bolivienne composée de Luis Haquin et Adrián Jusino a dévoilé une complémentarité et une solidité presque inespérée. La charnière historique composée de Raldes (38 ans) et Zenteno (34 ans) se faisait vieillissante et personne ne s’attendait à voir Adrián Jusino enchainer ces deux matchs avec une telle autorité. Le joueur de Bolívar reste incontestablement la révélation du mois de mars et la paire formée avec Luis Haquin semble pouvoir s’installer dans le temps. À leur droite, Saúl Torres face à la Corée puis Diego Bejarano contre le Japon se sont montrés concernés face à aux innombrables incursions des deux sélections asiatiques dans le camp bolivien. Beaucoup sollicités, les deux compères du côté droit ont donné satisfaction et seront vraisemblablement du voyage au Brésil. À gauche, Villegas avait choisi de laisser le brassard de capitaine à Marvin Bejarano. Indéfendable sur le but coréen, il reste l’une des déceptions de cette tournée et n’a pas été titularisé face au Japon. Préféré à Bejarano, Roberto Fernández a fêté sa première sélection face aux Nippons à seulement 19 ans. Le jeune latéral gauche de Blooming a encore montré qu’il avait beaucoup de talent et poursuit son impressionnante progression. Dans les buts, Ruben Cordano (20 ans) puis Carlos Lampe ont montré qu’il existait un vrai vivier de gardiens en Bolivie. Eduardo Villegas repart donc avec certaines certitudes quant au visage affiché par sa défense, très en vue lors de ces deux amicaux.

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Offensivement, ça coince

Si Villegas pourra être satisfait des prestations défensives de ses joueurs, la Bolivie a énormément peiné dans la création. Très peu de mouvements ou de combinaisons ont été proposés. Dans le paysage footballistique bolivien actuel, il n’existe pas de milieu récupérateur de talent et les joueurs choisis par Villegas pour évoluer à ce poste ont un registre différent avec leur club. Excepté Leonel Justiniano, encore très loin de son niveau affiché en 2017, les joueurs titularisés par le sélectionneur bolivien comme Arano, Vargas ou Castro sont plus habitués à générer le football qu’à le subir. Villegas le sait mieux que quiconque : son prochain défi sera d’associer les meilleurs joueurs boliviens au milieu de terrain. Raúl Castro et surtout Alejandro Chumacero n’ont pas pu s’exprimer à leur juste valeur, trop occupés à défendre face aux deux sélections asiatiques largement supérieures. Devant, Ramallo a marqué des points au niveau de l’attitude, mais n’a jamais réellement pesé lors de ses deux apparitions. Leonardo Vaca est le seul joueur offensif qui aura réussi à créer le danger dans les défenses asiatiques, il a permis à la Verde de se présenter à quelques reprises devant les buts adverses mais il était trop esseulé. Si on parle de solitude, justement, évoquons le cas de Gilbert Álvarez. Méconnaissable depuis son retour d’Arabie Saoudite, Álvarez n’est plus l’attaquant qu’il était avant son départ de Bolivie. Titularisé seul en pointe lors des deux rencontres, le joueur de Wilstermann a déçu et n’a jamais pesé dans le jeu. Manifestement le nouveau sélectionneur bolivien ne pourra pas se passer de Marcelo Martins en dépit de sa récente signature dans un club de seconde division chinoise (Shijiazhuang Ever Bright).

Prochaine étape, la France

Cette trêve internationale a permis de mettre en évidence les lacunes de cette sélection, intérêts que n’offraient aucunement les affrontements face aux Antilles Néerlandaises, à Myanmar voire même au Nicaragua. Asphyxiée lors de ces deux rencontres, La Verde a prouvé qu’elle était capable de résister défensivement face à des adversaires largement supérieurs. Eduardo Villegas possède désormais quelques certitudes quant à sa défense mais c’est tout l’inverse pour son milieu de terrain. Devant, il paraît inéluctable qu’il choisisse de rappeler Marcelo Martins pour le titulariser seul en pointe. Réponse dès le 2 juin où la Bolivie affrontera la France en match amical avant de s’opposer à une autre sélection européenne le 6 juin. Le 14, le continent entier aura les yeux rivés sur sa rencontre face au Brésil en match d’ouverture de la Copa América. Avant ces échéances Villegas a annoncé vouloir réaliser deux mini-stages de préparation, histoire de générer le fameux « esprit de groupe » et de se rassurer avant d’entrer en zone de turbulences.