Après une première partie de match hésitante pour ne pas dire inquiétante, le double champion sortant a fini par se rassurer en disposant sans aucun ménagement d’une jeune mais intéressante équipe japonaise.

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Guide de la compétition

Il aura fallu attendre près d’une demi-heure pour voir enfin une occasion chilienne. Opposée à une jeune équipe japonaise, la Roja a d’abord énormément souffert devant le bel équilibre et la vitesse des Samurais Blue menés par un excellent Shoya Nakajima et avec un Take Kubo qui posait bien des soucis à l’arrière garde chilienne. Malheureusement pour les asiatiques, leurs belles intentions ne se concrétisaient pas véritablement en occasions même si quelques frissons parcouraient parfois les échines chiliennes lorsque le ballon venait rôder dans la surface de la Roja. Si Ueda avait sollicité Arias sur un coup de pied arrêté, Kubo envoyant un coup franc excentré dans le ciel de São Paulo, petit à petit le double tenant du titre allait monter en puissance et commencer à se montrer menaçant. Quelques coups de pied arrêtés envoyé dans la surface, deux trois décalages sur les ailes pour générer du danger et Alexis Sánchez plaçait deux frappes en guise d’avertissement. Celui-ci n’était pas reçu par les Japonais, la fin de premier acte était chilienne, l’efficacité également. Pulgar envoyait sa tête dans les filets d’Osako à cinq minutes de la pause, le match s’accélérait un temps, Alexis répondant à Ueda mais les hommes de Rueda viraient en tête à la mi-temps.

Le deuxième acte allait être rouge. Libérée, la Roja dominait la rencontre et si elle abusait d’attaques dans l’axe, trouvait tout de même la faille par l’inévitable Edu Vargas. Turboman égalait Salas, il allait ensuite dépasser le Matador au classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la sélection en s’offrant un doublé qui lui permet en plus de prendre une longueur d’avance de Paolo Guerrero dans la course au titre de meilleur buteur de la Copa América (et se rapprocher de Zizinho qu’il peut espérer doubler cette année en cas de campagne folle, l’an prochain s’il maintient sa moyenne). Entre temps, le Japon gâchait : Ueda seul face au but à deux reprises, Kubo au terme d’un slalom au cœur de la surface rouge. Ce cruel manque d’efficacité tuait tout espoir, d’autant qu’en face, le champion sortant se montrait redoutable, el Niño Maravilla ajoutant son 42e but en sélection à l’entrée des dix dernières minutes. Le Chili s’impose ainsi 4-0, comme l’Uruguay la veille et, même si le contenu est bien différent de celui de la Celeste, marque son territoire pour ses débuts en Copa América 2019.

Papy(s) fait de la résistance

On l’a souvent évoqué avant la compétition, le Chili est actuellement dans une phase de questionnement entre devoir dire adieu à sa génération dorée, défendre sa couronne et préparer l’avenir. Reinaldo Rueda était arrivé pour initier un nouveau cycle, si dans le jeu c’est le cas, dans les hommes l’affaire est bien différente.

Dans le jeu, une fois encore le Chili a exposé ses failles : terminé le pressing vertigineux, ce qui permet aux adversaires d’élaborer ses attaques avec pour conséquence directe une défense chilienne souvent soit en grand danger, piégée dans son dos dans les couloirs, soit à la limite de craquer. Autre souci du manque de vitesse et de mouvement, les offensives sont moins tranchantes, ont la malheureuse habitude de se terminer dans l’axe et donc d’être finalement faciles à contrôler. Ces problèmes ont été exposés tout au long de la préparation, notamment lors du dernier match face à Haïti, s’ils sont toujours présents, ils sont compensés par une sorte de reniement de Rueda à sa volonté de renouvellement.

Car le Chili de 2019 n’est pas véritablement différent de celui de 2016 lorsque l’on s’intéresse aux hommes. Ils étaient huit au coup d’envoi à avoir débuté la finale de 2019, les « anciens » ont encore fait la différence. De l’impeccable Charles Aránguiz, principal moteur des offensives chilienne aux côtés du Roi Vidal au duo létal Alexis-Edu, les classiques ont encore été déterminants en ce jour d’ouverture de défense de titre. Rueda est un homme pragmatique, de ceux qui préfèrent la victoire au jeu, en remettant à plus tard sa mission de renouvellement, il a clairement compris que cette victoire ne pourrait passer que par les anciens. Alors, le Chili ne change donc pas ses pions, s’il se montre nettement moins amateur de vertige et d’intensité qu’autrefois, il possède encore et toujours les cadres de la génération dorée pour espérer continuer de régner sur le continent. Reste à savoir si celle-ci parviendra à maintenir son règne bien vivant.