Deuxième match et déjà un match couperet pour l’Argentine. Après la défaite en ouverture, l’Albiceleste devait rebondir face à un Paraguay accroché par le Qatar. Il n’en fut rien, pire, alors que les Guaraníes peuvent nourrir bien des regrets, l’Argentine reste une miraculée.

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Le début de match fut argentin, surtout en raison d’une équipe paraguayenne qui n’avait pas encore réglé sa mire et avait du mal à connecter ses lignes. Mais rapidement, la confiance acquise, l’Albirroja s’est installée dans le match, a d’abord tenté de jouer long pour trouver Federico Santander puis a posé le jeu et s’est alors montrée véritablement menaçante. Matías Rojas et Derlis González se montraient, l’Argentine n’existant pas et étant déjà coupée en deux, Miguel Almirón en profitait. Il filait côté gauche, dépassait l’ensemble d’une équipe qui le regardait fuir et adressait un centre en retrait parfait repris par Richard Sánchez pour le 1-0 (36e). Le Paraguay menait, il continuait à profiter des errances argentines. Armani sortait quasiment jusqu’au rond central, perdait le ballon et fauchait Derlis González. Le portier argentin aurait dû être exclu, il allait devenir le sauveur de l’Albiceleste. En seconde période, le scénario était le même. Une Argentine quasi inoffensive, dangereuse uniquement sur des fulgurances, comme la frappe de Lautaro Martínez qui s’écrasait sur la barre et allait provoquer un penalty, Iván Piris touchant la frappe de l’attaquant argentin du bras. Un VAR plus tard, la Pulga égalisait. Mais l’Argentine n’allait pas mieux. Sur un ballon envoyé plein axe vers Derlis González, Otamendi commettait l’irréparable, n’était miraculeusement pas averti, et provoquait le penalty qui aurait pu redonner l’avantage aux joueurs de Berizzo. Mais Derlis butait sur Armani, le Paraguay avait laissé passer sa chance, plus rien n’allait évoluer et les deux équipes se quittaient dos à dos sans que l’on sache véritablement laquelle des deux pouvait considérer avoir fait une bonne affaire.

Le miracle permanent

Un penalty sorti par Armani, un match terminé à onze alors que la logique aurait voulu qu’elle termine à neuf, l’Argentine revient encore de loin car la catastrophe a été évitée de peu. Mais dans le jeu en revanche, celle-ci ne fut pas évitée. Il est en effet inutile de chercher des motifs de satisfaction dans l’Argentine de Scaloni, le constat est aussi terrible que sans appel : cette équipe n’a pas de plan, pas d’idée. Elle n’est pas une équipe. Passons sur les joueurs n’évoluant pas à leur poste habituel, notamment Casco aligné à droite à la place d’un Saravia puni, passons sur les changements qui n’apportent rien et pire, à l’image de Lautaro Martínez sorti furieux et désormais apparemment blessé ou d’Ángel Di María entré pour faire le nombre. En seconde période, l’Argentine s’est parfois retrouvée coupée en deux, sans aucun joueur capable de fermer au milieu et a donc laissé le champ libre à des joueurs tels que Miguel Almirón. Défensivement fébrile, à l’image d’un Otamendi qui n’aurait jamais dû terminer le match ou d’un Armani auteur d’une bourde qui aurait également dû lui valoir une expulsion avant de se convertir en héros en sortant le penalty de Derlis González, sans liant au milieu, le duo Lo Celso – Paredes se montrant jamais à son meilleur niveau, incapable de toucher ses attaquants en mouvement, ceux-ci, comme Messi, finissant par disparaître dans ce marasme, l’Argentine s’en est donc sorti sur un miracle et reste en vie dans cette Copa América sur un malentendu. Dans ces conditions, sa seule perspective est de souffrir. Et rien ne dit que l’affaire sera simple face au Qatar.

Les regrets du Paraguay

Face à une telle Argentine, le Paraguay aurait pu/dû espérer mieux. Certes cela s’est joué à un rien, un penalty de Derlis sorti par Armani, mais l’Albirroja peut aussi regretter ses choix, surtout ceux de son coach, et son manque de justesse. Car comme il est coutume de dire en pareilles circonstances, il y avait la place. Le 4-3-3 de Toto Berizzo laissant Almirón en électron libre a parfaitement fonctionné, profitant de l’absence de milieu côté Argentine et s’appuyant sur une défense jamais véritablement mise en danger. Mais Berizzo n’a pas voulu gagner ce match. En faisant entrer Óscar Romero, Celso Ortiz et Juan Escobar en lieu et place de Federico Santander, Miguel Almirón, Derlis González, Toto a surtout cherché à préserver le nul face à une équipe quasi inoffensive plutôt que d’aller chercher une victoire. Si le Paraguay venait à perdre contre la Colombie, Berizzo serait le premier responsable car jamais l’Albirroja n’a été aussi proche de faire tomber l’Argentine. Mais Berizzo ne l’a pas voulu. Il aurait fallu pour cela montrer un peu plus d’ambition et surtout y croire. Cela aurait aussi offert au Paraguay une troisième et dernière journée bien plus tranquille…