Deux matchs, deux victoires et le Chili est déjà assuré de jouer les quarts de finale de la Copa América 2019. En ayant fait preuve d’une efficacité de candidat au titre.

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Après le match nul entre Uruguay et Japon de la veille, la Roja avait une belle carte à jouer : une victoire la propulserait en quarts de finale. Encore fallait-il se défaire d’un Équateur qui jouait probablement sa dernière carte dans la compétition. Alors le Chili a décidé de frapper d’entrée, Chapita Fuenzalida faisant trembler les filets dès le huitième minute. On aurait alors pu s’attendre à une nouvelle démonstration chilienne, il n’en fut rien. L’Équateur jouait sa survie et pressait haut, mettait de l’impact et prenait souvent le dessus sur le milieu chilien, s’offrant ainsi quelques situations et percées, le plus souvent du côté de Romario Ibarra. Le futur joueur de Pachuca était le plus percutant et allait être impliqué dans deux actions, une polémique, une décisive. La décisive était le penalty qu’il allait chercher sur la sortie trop engagée d’un Gabriel Arias peu inspiré. Cela permettait à Enner Valencia d’égaliser et de confirmer la bonne période équatorienne. La deuxième était l’utilisation du VAR par Patricio Loustau et son orchestre pour donner un carton jaune au portier chilien sur une nouvelle sortie hasardeuse alors que les images montraient qu’il n’avait pas touché le joueur équatorien. Sur le terrain, l’agressivité des hommes du Bolillo rendait la tâche difficile à la Roja et les deux équipes rentraient aux vestiaires sur un résultat nul conforme au scénario du premier acte.

Mais une fois encore, le Chili allait frapper d’entrée de mi-temps pour continuer de faire la course en tête. Un service du Principe, une volée du Niño Maravilla et la Tri est assommée. Car le Chili a ensuite verrouillé le match, privant la Tri de toute possibilité de s’approcher des cages d’Arias et s’est finalement montré le plus dangereux, notamment sur coup de pied arrêté. Hernán Bolillo Gómez a eu beau placer tous ses attaquants disponibles, rien n’y a fait. L’Équateur terminera à dix mais surtout avec aucun point est quasiment déjà bouté hors de la compétition quand le double tenant du titre file vers les quarts et jouera la première place face à l’Uruguay lors du choc qui clôturera le groupe lundi prochain.

Ordem e progresso

Qui aurait pu prévoir que le Chili parviendrait à se montrer aussi serein après les multiples amicaux disputés depuis l’arrivée de Rueda ? Sans doute personne. Après avoir été planté par Bielsa, avoir explosé sous Sampa et avoir été consolidé sous Pizzi, le Chili est passé à une autre étape de son évolution : la maturité. Rueda avait demandé à n’être jugé qu’à l’aune des résultats en compétition, les faits lui donne pour l’instant raison, le style est aussi planté. Oublié le vertige, place à la verticalité et surtout à la discipline, à l’ordre. La Roja est un monstre d’efficacité, qui profite de la moindre opportunité pour frapper avant ensuite de savoir contenir. Déstabilisé par le Japon durant une demi-heure, perturbé par l’impact et la vitesse de l’Équateur durant une mi-temps, le Chili s’est adapté pour mieux contrôler. Rueda profite des rampes de lancement que sont Vidal et surtout Charles Aránguiz, dispose de joueurs de couloir parfaitement rôdés et surtout compte sur la profondeur donnée par son duo Alexis Sánchez – Edu Vargas, désormais duo le plus prolifique de l’histoire du pays en Copa América, pour faire mal. Et cela fonctionne à merveille. Ne reste finalement qu’un test à passer pour le double champion sortant, l’Uruguay l’un des candidats au titre. Et alors, ce Chili où règne l’ordre pourra penser à progresser dans cette compétition.

Côté Équateur en revanche, l’heure est déjà au bilan. Si rien n’est mathématiquement encore fait, il va être compliqué pour la Tri de se hisser parmi les deux meilleurs troisièmes (la différence de but n’aidant pas). Hernán Darío Gómez a eu beau fuir la conférence de presse d’après match, montrant une colère et n’ayant finalement rien à dire au cours des 45 secondes de présence en salle de conférence, il n’a surtout pas les bonnes idées avec cette sélection. Car l’Équateur a un temps souligné les faiblesses chiliennes dès lors que l’on va chercher haut cette équipe et qu’on dispose de joueurs rapides sur les ailes. Malheureusement, avec un système trop défensif et sans créateur, les limites sont rapidement atteintes et la Tri s’en est rapidement aperçu. Il manque des générateurs de jeu, il manque des perforateurs sur les ailes pour que cet Équateur soit véritablement dangereux. Ce n’est pas qu’ils n’existent pas au pays, c’est surtout un choix fait par un sélectionneur qui s’est trompé. Et qui signe sa septième défaite en huit matchs de Copa América.