Sans forcer le Brésil retrouve une finale de Copa América après douze années d’attente. Et plonge son grand rival argentin dans une nouvelle déprime.

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Brésil : la Seleção s'offre une finale au Maracanã

Par Marcelin Chamoin

Comme il y a cinq ans, le Brésil pouvait s'offrir un ticket pour le Maracanã en remportant sa demi-finale au Mineirão. Mais loin du 7-1, le Brésil a maîtrisé cette fois son plus grand rival, l'Argentine, pour se qualifier en finale de la Copa América, douze ans après la dernière. Les dix premières minutes du match avaient pourtant vu une Seleção fébrile dans les passes et nerveuse, les coups de sifflets s'enchaînant rapidement de part et d'autre. Le Brésil se faisait peur sur une frappe lointaine de Paredes avant de rentrer dans son match. Sur une sublime action (tous les joueurs ont touché le ballon à l'exception d'Everton) et un festival de Dani Alves, Gabriel Jesus ouvrait le score, mettant fin à 724 minutes sans marquer en compétition officielle. Le dernier but de Gabriel Jesus remontait en effet au 10 octobre 2017 face au Chili en éliminatoires de la Coupe du Monde. Mais l'homme de cette première mi-temps était bien Dani Alves, rassurant en défense et prépondérant en attaque, le jeu du Brésil penchant même fortement à droite, le duo Alex Sandro – Everton peinant à exister à gauche.

Le Brésil se montrait ensuite rarement dangereux, s'efforçant d'abord d'annuler les tentatives d'actions argentines. La charnière centrale Marquinhos – Thiago Silva était impériale, le Brésil gardant pour la cinquième fois en cinq matchs ses cages inviolées, bien aidé par un Alisson rassurant sur un coup franc de Messi. Casemiro a lui aussi su contenir Messi après des débuts difficiles et Arthur a une nouvelle fois été précieux, tant pour défendre que pour conserver le ballon. Malgré des efforts pour se rendre disponible, Coutinho peine toujours à se montrer efficace. La satisfaction offensive était bien Gabriel Jesus, parti dans une série de dribbles en seconde période pour décaler tranquillement Roberto Firmino, qui n'avait plus qu'à pousser le ballon pour doubler la mise. Bien que discret, Firmino terminait le match avec un but et une passe décisive, à l'image de son partenaire Gabriel Jesus. Tite pouvait ensuite verrouiller avec l'entrée d'Allan, l'Argentine n'allait pas vraiment inquiéter le Brésil, qui retrouvait enfin une finale de Copa América, et peut-être également un peu d'amour de son public.

Enième recommencement

Par Nicolas Cougot

L’Argentine de Messi ne décrochera pas de titre en 2019. Elle ne décrochera sans doute jamais aucun titre, sa dernière chance semblant être la Copa América 2020 si tant est que la génération Leo poursuive l’aventure. Cette fois, pas de finale perdue sur le fil, pas de Gonzalo Higuaín à accabler, mais la cible est toute trouvée : le maudit VAR qui n’est pas intervenu sur ce qui semble effectivement être un penalty pour une faute de Dani Alves sur Sergio Agüero alors que le score et de 0-1 et que sur le contre, le Brésil plie l’affaire (remarquable cas d’école pour les afficionados de ce formidable outil (sic)). Alors, une fois encore, il y avait faute, le VAR aurait dû intervenir. Mais l’Argentine doit-elle se cacher encore derrière cela pour masquer ce que tout le monde a vu durant cette Copa América (et lors des matchs précédents de l’ère Scaloni) ? L’Albiceleste est incohérente, sans milieu, sans idée. Les choix du sélectionneur ne sont jamais pertinents. Placé dans le couloir alors que ce n’est pas son poste de prédilection et que la sélection dispose d’hommes nés pour ce poste, Foyth était en difficulté face au Venezuela, il a bu la tasse face au Brésil, jusqu’à s’arrêter tel un lapin aveuglé par les phares d’une voiture sur l’action du deuxième but. Mais Scaloni l’a laissé se noyer, il a préféré sortir Tagliafico de l’autre côté alors que le latéral de l’Ajax pesait plus sur son aile. Le sélectionneur n’a pas d’idées, il a fait entrer les mêmes hommes que face au Venezuela, pas forcément à la place des mêmes autres hommes, son équipe n’en a pas plus.

Il sera difficile de tomber sur Messi cette fois-ci, tant la Pulga a enfin tenté de générer du danger dans cette Copa América, s’est montrée plus entreprenante. Mais Leo a été finalement parfaitement bloqué par le mur jaune. Et au final, l’Argentine n’aura eu que des miettes pour menacer Alisson. Une frappe lointaine de Paredes en première période, une tête d’Agüero sur la barre, une énorme occasion en seconde, avec un ballon qui file devant le but d’Alisson, rien d’autre. Plus entreprenante en deuxième période, l’Argentine a surtout profité d’un Brésil passé en monde gestion pour tenter, de manière désordonnée, de pousser. La voilà donc revenue une fois encore à la case départ. Passé les cris d’orfraie contre ce maudit VAR qui cette fois ne fonctionnait pas en sa faveur (alors que son inefficacité prouvée l’a bien servie au match précédent), elle va de nouveau se retrouver devant les mêmes débats stériles : les anciens vont accabler Scaloni (à juste titre) qui sera donc cloué au pilori, certains iront nous expliquer que cette génération n’est sans doute pas la plus forte de l’histoire (mais bien sûr), chacun va se crêper le chignon a coup de programme télé et de tribunes dans la presse qui passeront en mode règlement de compte. La suite ? Leo Messi va sans doute annoncer sa retraite avant de revenir en mars prochain pour disputer la Copa América à la maison, la fédération va chercher un nouveau sélectionneur, draguer du côté de Gallardo (que River ne voudra jamais lâcher histoire de ne pas aider la bande à Angelici/Macri (les boquenses donc) à sortir de la mélasse), va sortir des noms (parions sur Heinze ou Holan) et finir par nommer un énième intérimaire qui sautera après la prochaine Copa América ou en cas de nouvelle présidence à l’AFA. Chaque année, l’Argentine répète le même cycle, chaque année, elle perd un an de travail qui aurait pu être mené quand les autres pays continuent de bosser, quand les écarts n’en finissent plus de se réduire. Et depuis vingt-six ans, ne gagne plus rien. Sans doute la faute du VAR…