Journal de la Copa América du 9 juillet

Le duel Argentine - Brésil est lancé, du public en finale et la présentation du match pour la troisième place : voici le journal de la Copa América.

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Messi réunit Argentine et Uruguay. Il est des célébrations qui ne passent pas inaperçues. Celle de Lionel Messi face à la Colombie en fait partie. D’une part car il est rare de voir la Pulga aussi expressif durant une rencontre, d’autre part car le « Danse maintenant » envoyé à Yerry Mina après l’échec du Colombien lors de la séance de tirs au but a eu des répercussions de l’autre côté du Río de La Plata. Il faut en effet rappeler que Mina n’avait rien trouvé de mieux que de célébrer son tir au but face à l’Uruguay d’une danse, comportement qui a beaucoup fait parler – et pas qu’en Uruguay. Conséquence ou pas ? On observe depuis une incroyable campagne de soutien pour la sélection argentine en vue de la finale chez le voisin de l’autre rive. Médias, techniciens, anciens joueurs et supporters seront donc en grande partie derrière l’Argentine face au Brésil. Et tant pis si une victoire albiceleste lui permettrait de rejoindre l’équipe la plus titrée dans l’histoire de la compétition… l’Uruguay.

Neymar s’agace. Le soutien est justement l’objet de la colère de Neymar. Sur son compte instagram, le Brésilien s’est montré très remonté contre une partie de la population brésilienne qui a annoncé encourager l’Argentine dimanche en protestation contre Bolsonaro – qui a pronostiqué un 5-0 pour le Brésil – et le fait qu’il se serve de cette Copa à des fins personnelles. Le meneur du PSG a ainsi rappelé dans un message qui « ne s’adresse qu’à ceux qui seront contre nous » que son « rêve à toujours été de faire partie de la sélection nationale et écouter les fans chanter » avant de rappeler qu’il n’a « jamais attaqué et n’attaquerait jamais le Brésil. […] Si le Brésil est là, je suis pour le Brésil, quel Brésilien ferait autrement ? ». Pas sûr que ce type de sorties rapproche la Seleção de son public…

Du public en finale ! Le soutien, Ney va pouvoir le mesurer. Alors que le Maracanã a fait peau neuve pour la finale, on apprend que le préfet de Rio a autorisé la présence de public pour celle-ci. La jauge est fixée à 10% avec des conditions relativement strictes, réclamant un test COVID-19 négatif de moins de 48 heures, et imposant un espace de deux mètres entre chaque spectateur. Un préfet qui nie avoir subi des pressions de la CBF et de la CONMEBOL pour prendre une telle décision, expliquant que l’instance suprême du football sud-américain avait demandé pour une capacité portée à 50%.

programme

Colombie - Pérou, 2 heures

Par Pierre Gerbeaud

Le Pérou va-t-il confirmer sa très large domination en Copa América sur la Colombie ou la sélection cafetera va-t-elle enfin vaincre le signe indien (seulement deux victoires dans l’histoire de la compétition) ? Au-delà de l’honorifique, ou anecdotique c’est selon, troisième place c’est la véritable interrogation de ce match. Avantage donc au Pérou pour ce match et si Gareca avait aligné une défense à cinq contre le Brésil, ça ne sera pas le cas avec certainement un retour à une défense à quatre. Si on devrait revenir à un schéma plus traditionnel, le sélectionneur inca a laissé planer le doute sur le choix des hommes : « c’est possible [de faire des changements], on est en train de voir ce qu’on peut faire. Il faut prendre en compte le fait que le Pérou ne s’est pas arrêté depuis qu’il a commencé ». Si ce match représente toujours un dilemme entre d’un côté récompenser les joueurs qui ont peu joué ou d’un autre côté aller chercher une place sur le podium, pas question pour le Tigre de laisser filer le match : « Je crois qu’il faut jouer ce match. C’est une reconnaissance pour les sélections qui ont réussi à atteindre les demi-finales. Il ne faut pas tomber dans le piège de dire que seuls les finalistes sont ceux qui ont eu le meilleur rendement ». Avec Lapadula qui s’est vraiment imposé à la pointe de l’attaque et des promesses vues chez Jhilmar Lora ou Santiago Ormeño, cette Copa América aura offert à la sélection inca quelques promesses à confirmer dès septembre dans la course à la qualification. Course dans laquelle le Pérou est pour l’instant en queue de peloton.

Côté colombien, le groupe a eu la tête bien loin du terrain après le match contre l’Argentine. Frank Fabra a eu la douleur de perdre son père, mais a décidé de rester auprès du groupe. Difficile donc de savoir à quoi s’attendre, même si Reinaldo Rueda a laissé entendre qu’il pourrait faire tourner. Interrogé sur la présence possible de Jhon Lucumí, Carlos Cuesta et Baldomero Perlaza, il a reconnu que son rôle était « de laisser de l’espace à ces jeunes, en pensant au meilleur pour l’équipe et pour eux mais il faut ressortir le professionnalisme et la maturité de tous, ils savent quand ils auront leur chance. Je suis celui qui a le plus envie qu’ils jouent mais j’attends le moment opportun ». Troisième en 2016, la Colombie pourrait donc terminer sur le podium pour la deuxième fois sur les trois dernières éditions. Partie doucement, la Colombie rentrera quoiqu’il arrive avec des certitudes. Rueda a trouvé un schéma qui a permis à sa sélection d’inquiéter le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine. Santos Borré a montré qu’il méritait une place en sélection, Barrios a été l’un des meilleurs joueurs de cette Copa América et si offensivement il y a une place à prendre dans le couloir droit, Luis Díaz est aujourd’hui un titulaire indiscutable de cette sélection.

Indécise cette petite finale devrait nous offrir un beau spectacle entre deux nations qui seront montées en puissance dans cette Copa. Et on saura si la malédiction continue au moins trois ans de plus.

Compos probables

Colombie : David Ospina, Daniel Muñoz, Davinson Sánchez, Yerry Mina, William Tesillo, Juan Cuadrado, Wilmar Barrios, Gustavo Cuéllar, Luis Díaz, Rafael Santos Borré, Duvan Zapata.

Pérou : Pedro Gallese, Jhilmar Lora, Christian Ramos, Anderson Santamaria, Miguel Trauco, André Carrillo, Sergio Peña, Renato Tapia, Yoshimar Yotún, Christian Cueva, Santiago Ormeño.