Journal de la Copa América du 10 juillet : présentation de la finale Argentine - Brésil

Dernière édition de notre journal de la Copa. Au programme du jour, la présentation complète de la grande finale, le clásico entre Brésil et Argentine.

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Le Maracanã, un soupçon de public, le Brésil, l’Argentine : était-il possible de rêver plus grande affiche pour une finale de Copa América aussi discutée fut-elle durant son déroulement ? Probablement pas. À l’heure de se présenter sur le terrain, les deux géants du continent abordent la finale de cette 47e édition avec des ambitions similaires : pour le Brésil il s’agit de conserver une invincibilité à la maison en Copa América (cinq titres en autant d’éditions accueillies, la dernière, il y a deux ans), pour l’Argentine il s’agit de mettre fin à une disette de près de trente ans pour enfin rejoindre le voisin uruguayen au sommet du palmarès continental.

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La présence de ces deux formations en finale n’est en rien une surprise. Le Brésil est un rouleau compresseur qui écrase la zone CONMEBOL depuis l’arrivée de Tite à sa tête, n’ayant jamais perdu un match officiel face à un autre adversaire de la zone (la seule défaite en compétition étant celle face à la Belgique en Coupe du Monde 2018). L’Argentine quant à elle a retrouvé une dynamique positive depuis les échecs de 2018 mais surtout, depuis peu, trouvé une véritable animation collective. Cette finale entre les deux géants de la zone est évidemment celle que tout le monde attend, à commencer par les sélectionneurs. « Ce sont les deux derniers champions du monde sud-américains, ils ont une dimension immense, sans dénigrer Colombie ou Uruguay, ce sont des icones du football mondial. On parle de Messi et Neymar, donc d’excellence, de virtuosité technique, mentale, physique, de création. C’est un grand défi, un grand spectacle » a ainsi déclaré Tite quand Scaloni s’est montré un poil plus réservé : « l’année qui s’est écoulée a démontré que le football n’est pas si important, que ce sont quatre-vingt-dix minutes mais ensuite la vie continuera. C’est un match de football, important mais il y a des choses plus importantes ». Une manière de dédramatiser alors que le Brésil n’a perdu qu’une seule finale chez lui au Maracanã, celle de 1950 face à l’Uruguay.

Sur le terrain, nombreux sont ceux à être tentés à résumer le match à un duel à distance entre Messi et Neymar, les stars de leur sélection qui n’ont rien gagné d’autre que des Jeux Olympiques avec le maillot national. Certes chacun montre qu’il est animé, porté par une mission, des faits qui se traduisent en chiffres, les deux occupants les premières places aux classements individuels, avec un avantage à la Pulga argentine. Mais résumer ce Brésil-Argentine en un mano à mano entre les deux anciens coéquipiers du Barça serait d’une part oublier que si le football a besoin de facteurs X, il reste un sport collectif, d’autre part minimiser voire caricaturer l’équilibre général des deux formations qui se présentent en finale.

Le Brésil arrive avec des certitudes. Un bloc dense, une sorte de 4-3-3 où les rôles sont clairement définis : concurrence énorme et de qualité au poste de gardien, charnière centrale expérimentée et solide à choisir entre Marquinhos, Thiago Silva et Éder Militão, double pivot au milieu Fred-Casemiro avec un joueur du Real qui est le patron de la sélection, flèches offensives Neymar-Richarlison pouvant être épaulées par la révélation Lucas Paquetá et le feu follet Everton Cebolinha. La machine construite par Tite n’a pas forcément besoin d’avoir le ballon, elle est suffisamment solide pour gérer une domination adverse sans laisser de réelles occasions – le Chili et le Pérou l’ont vécu à leurs dépens – mais sait frapper en contre. « Nous ne neutralisons pas, nous réduisons les opportunités adverses » a ainsi déclaré Tite en réponse à la traditionnelle question sur comment neutraliser Messi. Elle résume parfaitement son Brésil parfois accusé d’être trop froid, trop européen, pas assez samba. Une accusation que réfute le sélectionneur : « sur cette Copa América, l’équipe qui dribble le plus, qui feinte, qui crée le plus de mouvements individuels est le Brésil. Sans organisation, il n’y a pas de création ». Ce à quoi souscrit Neymar : « C’est la sélection la mieux organisée sur le plan tactique. Grâce au système mis en place par Titre, nous sommes une équipe qui défend très bien, nous avons des joueurs en défense qui sont des cracks et cela nous facilite les choses ». Un Neymar impatient : « C’est la finale que j’ai toujours rêvée de jouer. Celle que tous ceux qui aiment le football attendent. Je l’ai toujours dit, Messi est le meilleur joueur que j’ai vu jouer, c’est un ami mais nous sommes en finale et je veux gagner ce titre. Je sais que Messi attend un premier titre avec l’Argentine depuis des années, mais moi aussi. La dernière Copa América, je l’ai vécue des tribunes, j’ai beaucoup souffert, aujourd’hui, j’ai cette opportunité, c’est un grand honneur et je ferai tout pour gagner ce titre ».

Un titre qui fuit l’Argentine depuis 1993 et qui n’a jamais semblé aussi proche cette année. Car, on l’a souvent dit ou écrit sur ces pages, l’Albiceleste sauce Scaloni a elle aussi trouvé son équilibre autour d’un 4-3-3 redoutable et qui peut proposer deux types d’animations : celle avec Paredes-De Paul-Lo Celso, plus joueuse, plus technique, capable d’alterner jeu courts, de combinaison, et jeu long qui permet notamment à l’amoureux d’espace qu’est Lautaro Martínez de faire remonter tout un bloc, celle avec Guido Rodríguez à la place du Parisien qui offre une meilleure assise défensive, un meilleur contrôle de la pression adverse. Mais dans les deux cas, une organisation qui permet aussi à Lionel Messi de mieux s’exprimer, d’être libéré offensivement et défensivement, par la complémentarité offerte par ses milieux mais aussi les deux autres attaquants que son Lautaro et Nico González dont le travail défensif est aussi essentiel que sa capacité à ouvrir des espaces devant. S’il peut s’appuyer sur un immense gardien Emi Martínez, Lionel Scaloni a encore quelques chantiers devant lui, notamment derrière ou Otamendi n’est pas non plus une garantie de solidité, dans les couloirs où le sélectionneur semble encore chercher la bonne formule, son Argentine souvent irrésistible sur ses entames de match, sait aussi souffrir : « Tout le monde sait que parfois tu ne peux pas dominer durant quatre-vingt-dix minutes. Quand tu es dominé, il faut savoir être compact et récupérer la domination. On va essayer d’avoir le ballon et de faire mal quand il le faudra. Je crois en le travail que nous avons réalisé, en ce projet que nous avons élaboré et qui arrive à son meilleur moment. Nous avons analysé le Brésil, nous savons quelle équipe c’est, quelles précautions prendre et comment leur faire mal ».

Tel est le décor planté d’une finale annoncée immense dans un Maracanã à la pelouse toute neuve, devant 4 400 spectateurs, 2 200 pour chaque sélection, la première finale d’une Argentine depuis l’envol de son D10S, un esprit que tout un pays aimerait voir illuminer son albiceleste et ainsi célébrer son dernier astre pour sa dernière Copa América.

Compos probables 

Brésil : Ederson ; Renan Lodi, Thiago Silva, Marquinhos, Danilo; Fred, Casemiro, Lucas Paquetá ; Neymar, Richarlison, Everton Cebolinha.

Argentine : Emiliano Martínez ; Nahuel Molina, Germán Pezzella, Nicolás Otamendi, Nicolás Tagliafico (Marcos Acuña) ; Rodrigo De Paul, Guido Rodríguez (Leandro Paredes), Giovani Lo Celso ; Lionel Messi, Lautaro Martínez, Nicolás González (Ángel Di María).