Retour sur les faits marquants de la première journée de la Coupe du Monde 2022.

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Groupe A : Équateur qui rit, Qatar et Sénégal qui pleurent

Pays hôte, le Qatar voulait débuter sa Coupe du Monde de la meilleure des manières. Mais sur la route du champion d’Asie se dressait l’Équateur qui en a décidé autrement. Complètement dépassé et dans la continuité de ses sorties précédentes, le Qatar n’a pas pesé face à la Tri qui, inhabituellement, abusait de long ballon plutôt que de jouer au sol. Un choix payant et travaillé puisque l’Équateur s’imposait sur un doublé d’Enner Valencia (2-0), capitaine emblématique. Un début de compétition loin d’être idéal pour le Qatar, mais qui peut se relever puisque son prochain adversaire a connu pareille mésaventure.

Le Sénégal, champion d’Afrique en titre, n’est pas parvenu à se défaire des Pays-Bas pourtant pas en grande forme. Trop nonchalants et peu impliqués, les Néerlandais ont beaucoup souffert et ont su profiter de deux erreurs d’Édouard Mendy pour s’imposer en fin de rencontre grâce à Cody Gakpo et Davy Klassen. Sur l’ensemble du match, les Sénégalais ont semblé surpris de se retrouver avec la maîtrise du ballon et n’ont pas su trouver la faille dans la défense adverse par manque d’un finisseur. Le prochain match face au Qatar s’annonce déjà décisif pour la suite de la compétition. Quant aux Néerlandais, ils auront fort à faire face à l’Équateur qui cherchera à faire un grand pas vers la qualification.

Groupe B : l’Iran sombre, les États-Unis s’en mordent les doigts

Après un changement de sélectionneur tardif avec le retour de Carlos Queiroz en septembre dernier et un contexte politique compliqué dans lequel les joueurs de la sélection prennent position en ne chantant pas l’hymne de leur pays, l’Iran n’est pas parvenu à montrer son plus beau visage. Bilan, l’Angleterre a infligé une véritable correction aux Iraniens (6-2) qui ne retiendront rien de ce match. Avec ce gros coup derrière la tête, l’Iran devra rapidement réagir. Et ça passera par un résultat positif face au Pays de Galles lors de la prochaine rencontre.

Des Gallois qui essayeront de proposer plus de jeu qu’ils n’ont pu le faire face aux États-Unis. Les jeunes Américains ont en effet complètement dominé la première période, mais sans se mettre à l’abri avec un petit but d’avance à la pause grâce à Timothy Weah, fils de, concluant une superbe action collective. En difficulté physiquement dès l’heure de jeu, les États-Unis se sont fait reprendre en fin de rencontre sur un pénalty transformé par Gareth Bale (1-1) après une grosse faute de Walker Zimmerman. Un résultat qui laisse des regrets pour les États-Unis qui voient se profiler le match le plus compliqué du groupe face à l’Angleterre dès vendredi soir.

Groupe C : L’Arabie saoudite créé l’exploit, le Mexique tenu en échec

C’est une performance retentissante pour l’Arabie saoudite qui se permet de renverser l’Argentine (2-1) pour son entrée dans la Coupe du Monde. Dominée en première période, mais impeccable dans le piège du hors-jeu avec une défense très haute, l’Arabie saoudite a surpris les Argentins en seconde période en mettant plus d’intensité que lors des quarante-cinq premières minutes. En cinq minutes, les Saoudiens ont renversé le score grâce à Saleh Al-Shehri et une superbe frappe de Salem Al-Dawsari. Après avoir mené au score à la suite d’un pénalty de Leo Messi, l’Argentine peut regretter de ne pas avoir tué le match en première période et les légères erreurs de placement qui ont vu trois buts être refusés pour hors-jeu. Une défaite qui fait mal pour l’Albiceleste qui va devoir réagir dès le prochain match, face au Mexique pendant que les Saoudiens iront défier la Pologne pour, pourquoi pas, croire en l’impossible : se qualifier pour la suite de la compétition. Malheureusement, ce sera sans Yasser Al-Shahrani qui a quitté la sélection à la suite de son KO en fin de match après un contact avec son portier.

Dans le second match du groupe, la Pologne et le Mexique se sont quittés dos à dos grâce, notamment, à un arrêt de l’éternel Guillermo Ochoa sur un pénalty de Robert Lewandowski (0-0), seul fait majeur d’une rencontre fermée.

Groupe D : l’Australie sombre, la Tunisie tient le choc

Comme en 2018, l’Australie démarrait son Mondial face à la France, cette fois championne du monde en titre. Malgré une équipe très défensive sur le papier, les Socceroos ont profité d’une entame de match catastrophique des Français pour prendre les devants grâce à Craig Goodwin. Mais après un quart d’heure délicat, la France s’est réveillée et a épuisé une Australie qui n’aura finalement pas joué si défensif que ça (4-1), mais qui n’aura pas tenue physiquement. Même si Jackson Irvine fut tout proche d’égaliser et de modifier la physionomie du match, la défaite des Australiens, certes lourde, n’est néanmoins pas si catastrophique au regard du résultat de l’autre rencontre. Celui-ci est une bonne nouvelle pour les Socceroos qui gardent toutes leur chance.

Peu avant cette rencontre, la Tunisie affrontait le Danemark et s’en est plutôt bien sorti. Là encore, le match fut poussif, mais les Tunisiens décrochent un match nul (0-0). Un résultat positif dans la perspective du prochain match face aux Australiens qui sera déjà décisif.

Groupe E : Un Japon de folie, un Costa Rica catastrophique

Comment analyser la performance du Costa Rica face à l’Espagne ? Inexistants toute la rencontre, les Costa Ricains s’inclinent lourdement face à la Roja (7-0) qui se sera bien entraînée sur ce match. Rien à retirer d’une telle performance. En revanche, le Japon a déjoué tous les pronostics en renversant l’Allemagne (2-1), qui enchaîne une deuxième défaite consécutive en Coupe du Monde face à un pays asiatique, après le revers de 2018 face à la Corée du Sud. Dans un scénario de match identique à celui entre Arabie saoudite et Argentine, le Japon a renversé son adversaire en dix minutes dans la seconde période après avoir été dominé de la tête et des épaules lors des quarante-cinq premières minutes. Les Allemands, qui ont touché deux fois le poteau, peuvent regretter de ne pas avoir mis plus qu’un but dans leurs temps forts. Côté japonais, Moriyasu Hajime a eu le nez fin avec ses changements qui se sont tous révélés payants notamment pour les buteurs, Doan Ritsu et Asano Takuma. Une victoire inespérée, mais qui met le Japon sur les bons rails pour la qualification puisque le prochain adversaire n’est autre que le Costa Rica.

Groupe F : les regrets du Canada

Sur le papier, c’était le groupe le plus attendu en termes de production de football. Sur le terrain, le Maroc – Croatie qui l’a ouvert fut quelque peu décevant. Peu de véritables situations à se mettre sous la dent entre un Maroc sauce Regragui qui a bien contenu un vice-champion du monde qui semble incapable d’accélérer le rythme. Les Lions de l’Atlas ont posé des soucis aux Croates par un pressing tout terrain mais ont souvent manqué de justesse, à l’image d’un Ziyech peu inspiré, et s’en est finalement remis en un Yassine Bounou infranchissable sur sa ligne. L’entrée en lice est toutefois meilleure qu’en 2018 (défaite face à l’Iran), mais le Maroc peut rester frustré de sa prestation.

D’autant que dans l’autre match du groupe – et comme prévu – le Canada a montré sa plus belle image face à une Belgique bien loin de ses standards passés. Les Rouges ont largement dominé des Diables Rouges en manque d’idée et de percussion. Les hommes de John Herdman aurait pu ouvrir la marque si Alphonso Davies n’était pas tombé sur un excellent Thibault Courtois ou si le corps arbitral avait été au niveau d’une Coupe du Monde pour leur accorder deux autres penalties. Mais faute de convertir leur domination en but, les Canadiens ont été piégés et ont ensuite payé au prix fort leur manque d’expérience. En ne convertissant pas leurs temps forts en but, en se montrant trop maladroits dans les derniers choix, les Rouges ont ainsi concédé une défaite frustrante même s’ils ont convaincu par leurs intentions. Il faudra désormais confirmer dès le prochain match sous peine de voir l’aventure s’arrêter bien trop vite.

Groupe G : Le Cameroun défait, le Brésil sans trembler

Face à la Suisse, le Cameroun aura bien bataillé, mais a craqué sur une seule erreur défensive permettant à Breel Embolo d’offrir la victoire à la Nati. Annoncé champion du monde par Samuel Eto’o, le Cameroun démarre avec une défaite avant d’aller défier la Serbie lors de la prochaine journée.

Face à une équipe de Serbie bien regroupée et solide défensivement, le Brésil aura pris son temps pour finalement s’imposer sur un doublé de Richarlison dont une deuxième réalisation superbe (2-0). Si l’entrée en matière est positive, mais également perfectible, le Brésil est néanmoins inquiet pour Neymar, sortie sur blessure et sans doute victime d’une entorse de la cheville.

Groupe H : La Corée du Sud et l’Uruguay bons amis, le Ghana

La Corée du Sud et l’Uruguay auront livré bataille pendant quatre-vingt-dix minutes sans se départager (0-0). La Corée du Sud a eu deux occasions chaudes dont un énorme manqué de Hwang Ui-jo alors que les Uruguayens ont trouvé deux fois les poteaux par Godin de la tête sur corner et par Valverde sur une lourde frappe en fin de match. Si le résultat est positif pour les Guerriers Taeguk qui ont affiché un visage surprenant, il l’est moins pour l’Uruguay qui espérait mieux. Le jeu proposé par la Celeste est loin de celui des qualifications avec une volonté de jouer en contre et un milieu de terrain aux abonnés absents. Une rencontre qui s’est finalement déroulée sans de relayeur et surtout avec des longs ballons pour les attaquants aussi bien dans l’axe sur les ailes.

Dans l’autre match, le Ghana et le Portugal ont d’abord proposé une rencontre calme et fermée avant d’emballer les débats en deuxième période se rendant coup pour coup. Mais finalement, les Portugais s’en sortent d’une courte victoire (3-2) et ont montré des signes d’inquiétude en défense que pourrait bien exploiter la Celeste lors du prochain match. Pour le Ghana, il n’y a plus le droit à l’erreur sous peine de voir son mondial être terminé au bout de deux matchs.

 

Photo : ODD ANDERSEN/AFP via Getty Images