À peine la Copa América terminée, le continent se remet en marche et retrouve ses compétitions. Pour la première soirée de Libertadores, on a ainsi retrouvé nos bonnes vieilles habitudes avec de nombreuses polémiques arbitrales.
Pourra-t-on un jour échapper aux polémiques arbitrales ? Le VAR avait été présenté pour cela, en Amérique du Sud, il ne sert qu’à les nourrir. Les deux premières rencontres de la semaine de Libertadores ont ainsi donné lieu à deux polémiques totalement justifiées pour deux décisions tout aussi scandaleuses. La première est venue de la Bombonera lorsque sur un centre de Weigandt, le ballon, mal repoussé par Nathan Silva était exploité par el Pulpo González qui ouvrait le score. Malheureusement pour le peuple xeneize, Andrés Rojas, l’arbitre colombien de la rencontre, allait utiliser le VAR pour annuler le but au motif d’une poussette de Norberto Briasco sur le défenseur mineiro, poussette loin d’être évidente. Trois minutes plus tard à La Nueva Olla d’Asunción, un autre centre, venu de la gauche, est dévié de la tête par Robert Morales et revient dans les pieds de Mauro Boselli. L’immortel buteur argentin élimine Marcos Felipe et pense ouvrir le score mais Facundo Tello, l’arbitre argentin de la rencontre, siffle un hors-jeu signalé par son assistant. Nouvelle intervention du VAR, le ralenti montre clairement que tout le monde est couvert par Samuel Xavier mais les arbitres vidéo en décident autrement. Le but est refusé.
Juste pour qu'il n'y ait pas de confusion, je vous encadre le buteur (hors jeu donc d'après nos génies de l'arbitrage) pic.twitter.com/KZNzD86Fjj
— Lucarne Opposée (@LucarneOpposee) July 13, 2021
Dans les deux cas, la première conséquence est que le score reste de 0-0 à la pause. Au final, elle portera préjudice aux deux locaux. Car à la Bombonera, avec une équipe forcément en manque de rythme et de joueurs, Boca a une nouvelle fois d’abord cherché à ne pas perdre, à la Russo donc, en verrouillant le milieu et bloquant les couloirs, privant Nacho Fernández de solutions, et réduisant l’Atlético Mineiro au mutisme. Et de son côté, Boca a cherché à profiter des centres de Pavón ou des percées d’el Pulpo pour se montrer dangereux (mais pas totalement menaçant), mais a manqué d’idées pour générer du danger – la bise à l’absent du jour Edwin Cardona. Avec en Galo peu enthousiasmant dans le rythme et peu intense, cela a donné un match nul qui finalement n’arrange personne et laisse un sentiment mitigé à Boca qui aurait donc dû logiquement mener au score à la pause. Ce qui nous aurait clairement offert un autre match.
Au Paraguay, le Cerro Porteño de Chiqui Arce accueillait ainsi Fluminense et abordait la rencontre avec quelques modifications, Ángel Cardozo Lucena étant blessé à la Copa América, en défense, Rodrigo Delvalle, vingt ans et quatre petits matchs dans les jambes avec les A, prenait place de Juan Patiño suspendu alors qu’Alan Rodríguez prenait place à gauche pour pallier le départ de l’excellent Santiago Arzamendia, transferré en Espagne. Conséquence sans doute, le Ciclón a peiné à produire du jeu et s’est retrouvé à s’en remettre à son gardien, Jean, qui d’entrée de partie devait intervenir devant Nenê, Yago Felipe et autre Abel Hernández (qui palliait l’absence de Fred). Pendant une bonne demi-heure, Fluminense a donc contrôlé la rencontre, sans pouvoir marquer, et a perdu cette domination sur le dernier quart d’heure, celui qui allait faire naître la polémique. Une fois celle-ci passée, les deux équipes revenaient sur le terrain et Fluminense ouvrait enfin le score grâce à un excellent Nenê avant de céder définitivement à l’heure de jeu sur une frappe puissante à bout portant d’Egidio. Le Cerro Porteño était K.O., il prenait un dernier coup lorsque le VAR intervenait une nouvelle fois pour ne pas signaler une main évidente dans la surface et ainsi ne pas accorder un penalty aux Paraguayens. Et voilà comment Fluminense est déjà quasiment en quarts de finale.
Dernier duel de la nuit, les retrouvailles entre São Paulo et Racing, deux équipes issues du même groupe. Plusieurs mois plus tard, les choses ont changé pour Hernán Crespo. Son Tricolor est à la peine en championnat et Valdanito avait donc décidé de surprendre à l’heure de présenter son onze de départ pour ce huitième de finale, posant trois milieux de terrain et un seul créateur, face à un Racing de Pizzi armé autour d’une défense à trois centraux, un pivot et un milieu à trois devant au sein duquel Nacho Piatti était totalement libre de mouvement. Conséquence, São Paulo n’a jamais véritablement réussi à prendre le contrôle du milieu et n’a dû qu’à une (rare) erreur de Gabriel Arías l’ouverture du score en sa faveur. Ce fut d’ailleurs l’une des rares périodes au cours de laquelle Racing, quelque peu sonné, a véritablement tremblé, le Tricolor pouvant alors presque tuer le match sans y parvenir, notamment car Arías rappelait qu’il était toujours l’un des hommes clés de cette Academia et Copetti égalisait en toute fin de premier acte, ramenant logiquement les Argentins dans la partie. La seconde période voyait ensuite un São Paulo à la peine quand il s’agissait de créer des situations, malgré les entrées de Gabriel Sara et Martín Benítez à l’heure de jeu. Racing ramène ainsi un excellent nul du Morumbi et place le São Paulo de Crespo, longtemps vu comme l’un des favoris au titre, aux portes d’une nouvelle immense déception.



