Il se sera fait attendre mais il aura tenu toutes ses promesses, surtout les plus belles. Au terme de quatre-vingt-dix minutes à haute intensité, Boca Juniors et River Plate n’ont pas réussi à se départager. Ils devront le faire dans quinze jours.

banlomag

Après le faux-départ du samedi, la journée du dimanche avait commencé avec la même anxiété : la météo. Après le déluge de la veille qui avait logiquement poussé à l’annulation du match, les mêmes interrogations, non pas concernant la pelouse de la Bombonera, les jardiniers ayant remarquablement travaillé pour offrir un terrain magnifique à six heures du coup d’envoi, mais surtout ces fichues tempêtes annoncées sur Buenos Aires. Ainsi quand la CONMEBOL annonçait que la finale allait se tenir, l’espoir était revenu. Restait à attendre un signe du ciel. À son tour il autorisait enfin la plus belle des finales de se tenir.

Alors arrivaient les questions plus classiques concernant le terrain. Si côté Boca on savait que l’immuable 4-3-3 de Guillermo Barros Schelotto serait de mise, avec un trio offensif Pavón – Ábila – Villa destiné à faire reculer River. La surprise venait toujours du même côté, celui de Gallardo. On pensait voir un 4-4-2, on aura eu droit à une énième nouveauté, un 3-4-3 destiné à venir bloquer les côtés par les pistons incessants de Montiel et Casco et une défense à trois, Martínez Quarta venant prendre place dans l’axe aux côtés du duo Maidana – Pinola. Le match était d’une folle intensité mais surtout, meilleure des nouvelles, le match ne tournait pas au combat de rue, plutôt à l’opposition de style attendue entre un River qui cherche le jeu et un Boca qui va au charbon et y met son cœur dont les battements s’entendent par la voix de ses hinchas. Ambiance magnifique, rythme fou, le premier acte est exceptionnel. River prenait le contrôle de la partie, emmené notamment par un Pity Martínez de tous les bons coups. Le numéro 10 millonario fait briller une premier fois Agustín Rossi d’une merveille de coup franc, le portier de Boca va livrer dès le premier acte une réponse des plus parfaites à ceux qui ont voulu l’écarter ces derniers mois : parade sur le coup franc, parade sur la tête de Borré et troisième parade sur la volée de Pity Martínez. Trois parades de grande classe, la Bombonera pouvait chanter, les détracteurs du jeune et tellement talentueux portier xeneize se taire à jamais.

D’autant que de l’autre côté, Franco Armani n’était pas aussi inspiré. Alors que le peuple Azul y Oro se lamentait sur la sortie sur blessure de Pavón, le plus déstabilisant côté xeneize, sur une percée du tanque Wanchope, Armani allait se montrer fébrile : d’abord en repoussant la première frappe du numéro 17 de Boca dans ses pieds, ensuite en ne couvrant pas son poteau sur la deuxième frappe et montrant une main loin d’être solide. Et la Bombonera de chavirer, Boca Juniors menait alors 1-0 quelque peu contre le cours du jeu. Il était dit que le premier acte serait dingue. À peine le temps d’engager que Pity lançait Lucas Pratto plein axe qui s’en allait tromper Rossi. Une minute à peine. Montagnes russes émotionnelles, l’ancien de la maison devenu plus gros transfert de l’histoire de River pouvait jubiler. S’ensuivaient ensuite les deux parades de Rossi décrites ci-dessus puis l’entrée en piste de Benedetto. Entré à la place de Pavón, Darío Benedetto obtenait un bon coup franc plein axe et s’en allait le dévier de la tête dans la lucarne d’Armani sur l’exécution de Villa. On jouait alors la 45e minute, les deux équipes allaient rentrer aux vestiaires avec Boca en tête.

Le temps de reprendre son souffle, le deuxième acte reprenait. Le rythme allait baisser quelque peu même si l’intensité restait élevée notamment dans la bataille du milieu. Matías Biscay changeait alors l’organisation de son River, Martínez Quarta laissant sa place à Nacho Fernández. Effet rapide, il nous était toujours interdit de respirer. Au quart d’heure, El Pity Martínez au coup franc, envoyait le ballon vers le but de Rossi, à la lutte avec Pratto, Izquierdoz touchait le ballon et le prolongeait dans son but. 2-2, silence assourdissant dans la Bombonera. La suite tournait plus à la lutte classique lors d’un Superclásico, un combat pour la conservation du ballon et un match bien plus équilibré. Au petit jeu de la lutte, River perdait Borré pour le retour, le Colombien recevant l’avertissement de trop, plus rien n’allait véritablement passer jusqu’à la chevauchée de Tevez en fin de match et son caviar pour Benedetto. Malheureusement pour Pipa, Franco Armani allait alors sauver son match d’une parade folle de la jambe. C’était le but de la victoire, celui de la 91e minute, celui qui aurait alors tout changé. 2-2 score finale, conclusion d’un match nul monumental qui n’attend qu’un retour tout aussi fou dans un stade du même nom. L’attente sera bien trop longue.

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.