Le moment est venu. Fini les heures de débat, les semaines de discussions aux quatre coins du monde, Boca Juniors accueille River Plate ce samedi avec comme objectif de prendre de l’avance avant le retour au Monumental.

banlomag

« No habrá ninguna igual, no habrá ninguna », il n’y en aura aucune pareille, aucune. Les mots sont signés Homero Manzi, l’un des plus grands poète auteur de tangos argentins. Jamais ils n’ont été aussi appropriés à ce que la Copa Libertadores offre en guise de finale ce samedi. Pour la première fois de l’histoire, alors que l’on célèbrera la dernière finale en match aller-retour, Boca Juniors accueille River  Plate pour le premier round d’un Superclásico plus indécis que jamais. Les points clés de la rencontre.

Duel de légendes

Au-delà de la rivalité, immense, opposant les deux géants de Buenos Aires, au-delà de la « simple » question du palmarès – Boca vise une septième couronne, River une quatrième –, ce Superclásico de la Libertadores va opposer deux entraîneurs qui peuvent encore plus assoir leur légende auprès de leur club. Guillermo Barros Schelotto est déjà le deuxième joueur le plus titré de l’histoire de Boca. Joueur entre 1997 et 2007, il fait partie de la période dorée de Boca, décroche seize titres dont quatre Libertadores et deux Intercontinentales. Arrivé sur le banc en 2016 après avoir déjà décroché la Sudamericana avec Lanús, Schelotto ajoute deux titres de champion local à son armoire de trophées.

Du côté d’el Muñeco Gallardo, la période joueur n’est pas aussi riche que son homologue xeneize mais tout de même importante : une Libertadores, cinq titres de champion d’Argentine. C’est surtout en tant que coach qu’il entre dans la légende de River : en quatre saisons et demi, Gallardo a décroché huit titres majeurs avec River Plate, se hissant déjà au deuxième rang du palmarès historique du club (il n’est plus qu’à une longueur de Ramón Díaz). Mieux, parmi ces huit trophées, cinq sont internationaux, ce qui représente ainsi la moitié des trophées internationaux décrochés par River Plate en plus d’un centenaire d’histoire ! Cette année, Gallardo a encore franchi un cap en permettant aux siens d’enchaîner trente-deux matchs sans défaite, établissant ainsi le record histoire de l’histoire du football argentin.

Conservatisme contre adaptation

Si habituellement, un duel fait se focaliser sur les duels individuels qui vont se produire sur le terrain – et ils seront nombreux, nous allons y revenir – cette finale sera également l’opposition de deux écoles, symbolisée par ces deux légendes de coach : celle de Boca et celle de River.

Du côté d’el Mellizo le schéma est immuable, fixé. Son Boca, comme son Granate autrefois, s’organise en 4-3-3 avec deux centraux solides, des latéraux appelés à de grande charges offensives même si la clé du jeu se situe au milieu où le travail de récupération est destiné à ensuite lancer des flèches offensives rapide sur les côtés pour aller alimenter son avant-centre. C’est ainsi que la clé du match pour Boca se trouve au niveau du trio Nández – Pérez – Barrios. Formidable machine a éteindre le jeu adverse, en particulier grâce à l’incroyable activité de Barrios, ce trident est létal dès la récupération. Les capacités de percussion de Nández, les qualités de vision de Pérez permettent d’alimenter des ailiers rapide, option choisie par Schelotto pour déstabiliser River. On verra ainsi la machine à provoquer Cristian Pavón d’un côté, le rapide Sebastián Villa de l’autre. Leur capacité à générer du danger sera essentielle pour Boca. L’autre facteur clé pour les Xeneizes sera aussi la question de l’avant-centre par rapport au profils disponibles. Boca va probablement débuter avec un Wanchope Ábila pour venir peser sur le duo Maidana – Pinola, l’épuiser avant d’utiliser les qualités de vitesse de Dario Benedetto. Le Boca de Barros Schelotto est respectueux des traditions. S’il lui manque le facteur X que fut Riquelme, il reste ce sens du travail, de la lutte et de la percussion.

Côté River, Gallardo est tout aussi respectueux des traditions qui veulent que River est une équipe joueurs « à Boca on t’applaudit pour un tacle, à River pour un petit pont », disait Gabriel Cedres, Uruguayen passé par les deux clubs au milieu des années quatre-vingt-dix. Alors son River produit du jeu, donne la part belle aux enganche que sont Martínez ou JuanFer Quintero et impose jeu au sol et pressing intensif. Mais la qualité première du River de Gallardo est sa formidable capacité d’adaptation aux évènements, à changer de tactique que ce soit entre deux matchs ou même en cours de match. Cette année, River a battu Boca à deux reprises : en Supercopa, c’était avec un 4-3-1-2 avec un Pity chargé d’aller s’occuper de Barrios et Mora placé à droite pour empêcher les montées de Fabra, en championnat, c’était un 4-2-3-1 avec cette fois, Palacios chargé de bloquer Barrios et Pratto placé dans le couloir pour bloquer Mas. C’est sans aucun doute cette capacité d’adaptation qui a permis à Gallardo d’aligner des statistiques folles en affrontements éliminatoires : en quatre ans et demi, el Muñeco a remporté 39 de ses 47 duels soit 83% de qualification, face à Boca, en trois duels éliminatoires, Gallardo est invaincu, mieux, son River n’a pas encore encaissé le moindre but. Nouvel épisode, le plus grand, ce samedi.

Les compos probables

Boca Juniors (4-3-3) : Agustín Rossi; Leonardo Jara, Carlos Izquierdoz, Lisandro Magallán, Lucas Olaza; Wilmar Barrios, Pablo Pérez, Nahitan Nández; Sebastián Villa, Ramón Ábila, Cristian Pavón

River Plate (4-4-2) : Franco Armani; Gonzalo Montiel, Jonathan Maidana, Javier Pinola, Milton Casco; Enzo Pérez, Nacho Fernández, Exequiel Palacios, Gonzalo Martínez; Rafael Santos Borré, Lucas Pratto.

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.