Il aura fallu les derniers instants d’une finale décevante pour que Palmeiras décroche sa deuxième étoile.
Après la belle finale argentine de la Sudamericana, les regards se tournaient vers le Maracanã pour la finale 100% Brésil de la Libertadores. Vainqueurs des deux plus grands rivaux albicelestes, Palmeiras et Santos offraient un clássico da saudade que l’on espérait spectaculaire. Il n’en fut rien.
Il y avait pourtant peu de surprises au coup d’envoi, Lucas Braga sur le banc et Sandry placé dans un milieu à trois plus défensif côté Santos, l’absence de Patrick de Paula (voire Gustavo Scarpa) côté Palmeiras pour un système un poil moins ambitieux offensivement. On s’attendait à voir Santos prendre le jeu à son compte et Palmeiras frapper comme il l’avait fait lors de sa demi-finale aller face à River Plate. Les premières secondes le laissaient penser. Cela n’a pas duré. Rapidement, le match s’est transformé en combat, le jeu s’est haché, les imprécisions se sont accumulées. Et l’on a finalement eu peu d’émotions. Une situation, la frappe trop croisée de Raphael Veiga pour Palmeiras, et rien d’autre. Au retour des vestiaires, rien n’a changé, au point que les seules situations étaient essentiellement sur coup de pied arrêté, une tête de Lucas Verissimo (qui était hors-jeu), une frappe surprise de Raphael Veiga. Il y aura bien la demi-volée du gauche signée Felipe Jonatan, mais tout cela était bien maigre pour une finale extrêmement décevante sur le plan du jeu, de l’intensité (la chaleur pouvant sans doute l’expliquer en partie) et de l’ambition. Fort heureusement, un homme et ses assistants décidaient de nous épargner une prolongation qui s’annonçait difficile à subir. Patricio Loustau et le corps arbitral décidaient d’offrir huit minutes de temps additionnel, sortie d’on ne sait où, elles allaient faire basculer ce triste clássico dans la légende.
Tout débutait par une action anodine, un ballon envoyé en touche vers Cuca. Le coach au t-shirt mystique de Santos empêchait Marcos Rocha de jouer vite (enfin, pas trop lentement) en confisquant le ballon, et était bousculé par le latéral du Verdão. Ce dernier bousculait Cuca et déclenchait une petite échauffourée à la sud-américaine. Patricio Loustau décidait d’exclure Cuca, qui demandait le VAR (!!), les esprits se calmaient en même temps que le coach du Peixe rejoignait les supporters de son équipe en tribune. Puis un dernier ballon arrivait sur Rony qui déposait un amour de centre sur la tête d’un Breno en mode Messi. Les filets tremblaient, John scotché sur sa ligne. 90+9, Palmeiras ouvrait le score. Abel Ferreira faisait entrer Alan Empereur et surtout Felipe Melo pour verrouiller les quelques minutes restantes. Cent-quatre-vingt secondes plus tard, le coup de sifflet final mettait un terme à une finale totalement insipide devenue légende pour ses arrêts de jeu où tout avait basculé dans l’irréel. Santos ne deviendra ainsi pas le club brésilien le plus titré de l’épreuve, Marinho sauvant l’honneur en allant chercher son trophée de meilleur joueur de la compétition, Palmeiras lui célèbre sa deuxième étoile, plus de deux décennies après la première. Le Verdão peut faire la fête, dans quelques jours, il s’envolera pour le Qatar représenter le Brésil en Coupe du Monde des clubs. Et portera aussi l’espoir d’offrir autre chose qu’une pâle copie.



