Et si des lendemains qui chantent attendaient les Libanais sur le terrain. Tour d’horizon de la nouvelle dynamique qui anime les Cèdres.
Englué dans un marasme interminable avec le conflit meurtrier au Proche-Orient couplé à une situation économique catastrophique, le Liban cherche des motifs d’espoir à tous les étages. Le football ne fait pas exception et l’heure est à la reconstruction à la suite de la piteuse élimination face au Yémen qui prive le Liban de la prochaine Coupe d’Asie. Majid Bougherra, qui n’aura eu qu’un piètre match de préparation et alors que le Liban se faisait pilonner comme jamais par l’armée israélienne, n’aura pas su inverser la tendance et aura dû s’appuyer sur un noyau vieillissant et pas préparé physiquement. Difficile de le blâmer, d’autant qu’il s’appuyait sur les vestiges de son médiocre prédécesseur Miodrag Radulović. L’arrivée de Bougherra enclenche un processus à long-terme qui englobe l’ensemble des équipes de jeunes (U17, U20 et U23) et de l’équipe nationale. Ça tombe bien car quelques pousses commencent à éclore à gauche à droite et pourraient constituer le socle de l’équipe libanaise dans un avenir proche.
Photo : Shaun Botterill/Getty Images
Reconstruction
Commençons par l’équipe première. Pour les deux amicaux face aux Maldives et au Kirghizstan du mois d’octobre, Bougherra a opté pour un revamp de la sélection en incorporant de nouvelles têtes au détriment d’anciens plus haut niveau. Mehdi Khalil a rangé les gants, mais n’était déjà plus titulaire depuis la prise de pouvoir de Mostafa Matar (trente-et-un ans, Nejmeh), plus jeune et plus qualitatif. En défense, seul Khalil Khamis (trente-et un ans, Nejmeh) dépasse les vingt capes, tandis que Mohammad Al-Hayek (vingt-six ans, Nejmeh) vante une quinzaine de sélections. Pedro Budib (vingt-deux ans, Pachuca, Mexique) et Jad Smaira (vingt-deux ans, Karmiotissa, Chypre) ont déjà étrenné deux sélections mais ce n’est pas moins de quatre nouveaux qui pourraient faire leurs débuts. Hassan Kaafarani (vingt-quatre ans) et Badreddine Khawam (vingt ans), sociétaires de la nouvelle puissance montante Jwaya, voient leur bon travail récompensé, tout comme Ali Alrida Ismail (vingt-trois, Nejmeh). Mais c’est surtout la présence de João Gabriel Makhlouf (dix-neuf), Brésilien d’origine libanaise, qui interpelle, lui qui milite dans les moins de vingt ans du Como de Fabregas. Beaucoup d’espoirs reposent sur lui pour diriger une défense en mal de symboles depuis la retraite de Youssef Mohammad.
Au milieu, seul Mahmoud Zbib (vingt-deux ans, Ahed) est un novice, tandis qu’Ali Al-Fadl (vingt-trois ans, Nejmeh) espère ajouter une deuxième sélection à son palmarès. Walid Shour (trente ans) et Hassan Srour (vingt-quatre ans), autre duo de Jwaya, devraient assurer le pare-chocs devant les attaquants.
En attaque, pelletée de jeunes et de nouveaux ou Khalil Bader (Ansar) fait office de vieux avec ses vingt-sept balais. Samy Merheg (dix-neuf ans, Alverca, Portugal) et Husseyn Chakroun (vingt-et-un ans, Hanovre) sont les joueurs les plus talentueux mais on attend surtout de revoir le petit Jimy Kazan (dix-neuf ans, Jwaya) qu’un problème de visa avait empêché de signer au Portugal. Revenu au pays, nul doute qu’un départ est inéluctable s’il confirme les prédispositions montrées face au Yémen où il aura été le Libanais le plus menaçant en une vingtaine de minutes. Enfin, le petit nouveau Ralph Khoury (dix-neuf ans, Atletico Ottawa, Canada) qui vient d’inscrire son premier but en pro, est sélectionné pour ce rassemblement.
🚨DIASPORA LIBANAISE🚨
— Liban Foot FR (@LibanFootFR) August 16, 2026
Le buteur libanais Ralph Khoury (19) offre la victoire (2-1) à son club Atlético Ottawa🇨🇦 à la 90e minute du match face à Supra du Québec en première division canadienne🇱🇧🔥 pic.twitter.com/liihUJ6XYN
Le but n’est bien sûr pas de confier des responsabilités démesurées à des gamins encore à l’aube de leurs carrières, mais de les habituer à un environnement différent de celui en club et avec davantage de responsabilités.
Dynamique positive
Les équipes de jeunes ont également eu leur lot de nouvelles positives ces derniers temps. En janvier 2026, les moins de vingt-trois ans ont participé à la Coupe d’Asie et tenu la dragée haute à l’Ouzbékistan (2-3) et à la Corée du Sud (2-4) avant de battre l’Iran (1-0). Les moins de vingt ans se sont qualifiés pour la prochaine édition de la Coupe d’Asie après avoir pris le dessus sur l’hôte kirghiz en qualifications. Les moins de dix-sept ans, quant à eux, ont atteint la finale du WAFF Championship et ont loupé de peu la qualification pour la Coupe d’Asie. Ils ont malgré tout récemment remporté deux matchs face à l’Arménie et peuvent entrevoir des lendemains chantants.
Dans toutes ces rencontres, pléthore de jeunes talents venus du Liban émergent à l’étranger. Rami Malaeb (Rot-Weiss Essen), Karim Jaafar (Leganes), Nouhad Jabre (Salgueiros), Abdul Dakroub et Fadel Atwi (Getafe), Hadi Ballout (Levante), Antoine Assaf (Stade Lavallois), Kevin Trad (qui devrait signer en Albanie) ou encore Othman Kaddoura (Ipswich).
Beaucoup d’entre eux sont passés par l’académie de l’Athletico SC basé à Beyrouth et qui dispose d’un partenariat depuis plus de dix ans avec l’Olympique lyonnais. À ceux-là convient d’ajouter les joueurs issus de la diaspora tel que Bassem El-Dor (Karlsruhe), Imad Daloul (Vejle), Wissam al-Awad (Kaiserslautern) et plein d’autres dont on attend de voir comment se développe le parcours footballistique. Rien ne permet de dire si toutes ces promesses vont éclore comme annoncé mais le Liban a désormais les cartes en main pour les intégrer petit à petit dans le giron des équipes nationales.
Espérons que le futur des Cèdres soit lumineux !
Photo : Robert Cianflone/Getty Images

