Vendredi 21 mai 2010.

Uruguay

Deuxième volet de notre dossier consacré aux adversaires des bleus, la lucarne mondiale du jour s’intéresse à la Celeste emmenée par l’homme de la fin de saison européenne Diego Forlan.

 

Suite à l’entretien d’hier réalisé auprès des fans mexicains, vous avez déjà eu un aperçu des difficultés qui attendent les bleus dans ce groupe A. L’entretien de ce jour n’est pas prévu pour vous rassurer. C’est en effet toute une histoire footballistique qui contemple une Celeste en plein renouveau qui sera proposé aux bleus en ouverture du mondial.

Avant propos.

Pour nombre de spectateurs, l’Uruguay reste une énigme dans le paysage footballistique mondial. Peu se souviennent d’exploits de la Celeste en Coupe du Monde et pourtant. Premier champion du monde de l’histoire, l’Uruguay restera probablement la sélection qui réalisa le plus grand exploit de tous les temps en s’imposant en finale de la Coupe du Monde brésilienne de 1950 face au pays hôte. Cet épisode reste l’un des grands traumatismes national au Brésil. Depuis, les exploits uruguayens se sont fait rares. Longtemps décrite en Europe comme une équipe plus rugueuse que technique (j’ai personnellement quelques souvenirs de duels Uruguay – Paraguay assez intenses), la Celeste 2010 s’annonce cependant bien plus talentueuse et technique qu’on aimerait à nous le faire croire (il faut dire que pour nombre de médias, le souvenir du match de 2002 reste bien ancré). Pour preuve, les meilleurs uruguayens évoluent dans de grands clubs (européens ou sud-américains) alors qu’une nouvelle ère semble enfin amorcée pour le football local.

L’entretien

C’est un entretien particulier que je vous propose pour découvrir la sélection uruguayenne. Suivant le même découpage que celui consacré au Mexique hier, l’entretien du jour a été réalisé auprès d’un seul fan, celeste4life qui m’a contacté via le forum bigsoccer.com.

{xtypo_quote_left}Au final, je pense que le groupe A est le groupe le plus ouvert du mondial et que tout peut arriver. Chaque équipe peut finir aussi bien première que dernière du groupe.{/xtypo_quote_left}

- Quel a été ta réaction à la lecture du tirage ?

J’étais à l’école en plein test à l’heure du tirage et j’ai reçu un message de mon père qui me donnait la composition du groupe. Mon premier sentiment a été que c’était un groupe très serré, le plus dur d’après moi pour cette Coupe du Monde. Ensuite, en y réfléchissant, je me suis dit que chaque match pouvait être gagné. L’Uruguay et la France se sont joués 2 fois ces dix dernières années (une fois en 2002 et une fois en amical) et se sont alors séparé sur un 0-0. Les deux équipes sont probablement meilleures encore maintenant donc ce sera un match extrêmement serré. Avec l’Afrique du Sud, mes craintes reposent sur le fait que c’est le pays hôte après, en tant qu’équipe, ils ne m’effraient pas. Reste le Mexique. Ils disent qu’ils nous battent tout le temps mais récemment, le seul match qu’on ait joué était la petite finale de la Copa América pendant laquelle on dominait jusqu’à ce qu’on se fasse expulser un joueur. C’est alors qu’ils ont gagné le match. Je pense qu’on a nos chances contre eux.

Au final, je pense que le groupe A est le groupe le plus ouvert du mondial et que tout peut arriver. Chaque équipe peut finir aussi bien première que dernière du groupe.

- En partant de là, quelles sont tes attentes pour cette Coupe du Monde ?

Mon côté réaliste me fait penser qu’on terminera second du groupe derrière la France suivi d’une défaite face aux Argentins en huitièmes. On pourrait bien embêter les argentins mais je ne nous vois pas passer en quarts à moins d’avoir un match plus facile. Il faut garder à l’esprit que l’Uruguay possède une réelle équipe de Coupe et que donc, si on franchit la phase de groupe, tout peut arriver.

- Pour terminer la partie consacrée au groupe A, que penses-tu de l’équipe de France ?

J’ai une très haute estime de l’équipe de France. Ils sont l’une des rares équipes de cette Coupe du Monde dont la plupart des joueurs sont membres d’équipes du top européen, les autres étant l’Espagne, le Brésil, l’Argentine, l’Italie et peut être l’Allemagne. On entend toujours parler des problèmes de cohésion côté français mais sur le papier, ils sont la meilleure équipe du groupe. Mais nous n’avons pas peur ni de la France, ni de personne d’autre. On est capable de battre n’importe qui, n’importe quand et n’importe où.

Egidio Arevalo-Rios- Nous allons aborder deux questions plus spécifiques. La plupart des français connaissent bien Diego Forlan ou Diego Pérez (puisque ce dernier joue en France). D’autres connaissent déjà Suarez. Ensuite, les habitués de Lucarne Opposée qui suivent plus le football uruguayen peuvent avoir le sentiment que cette Celeste 2010 est l’une des meilleures que vous avez possédés ces dernières années, en tout cas, la plus homogène sur le plan de la qualité (on peut citer encore la sensation Santiago Silva en Argentine par exemple). Est-ce une réalité ou est-ce juste mal connaître le football uruguayen ?

Non, je suis d’accord avec le fait que nous avons là l’une des meilleures Celeste. On a une épine centrale qui a joué ensemble tout au long des qualifications et notre équipe est encore jeune. Nous avons une défense très solide, une superbe attaque. Notre point faible reste le milieu de terrain. Il est avant tout bâti pour bien défendre et s’est spécialisé dans ce domaine. Il faudrait ajouter quelques joueurs qui contribueront à améliorer ce milieu et l’absence de Cristian Rodriguez pour cause de suspension pour les deux prochains matchs pourrait nous pénaliser.

Santiago Silva n’ira pas à la Coupe du Monde. Le seul qui pourrait éventuellement est son coéquipier Hernán Rodrigo López mais Santiago Silva ayant sévèrement critiqué le coach ne devrait pas être sélectionné. Il y a d’autres joueurs qui pourraient venir nous renforcer : Ignacio Gonzales, Abel Hernandez (Palermo), Egidio Arevalo-Rios (Peñarol), Gaston Ramirez (Peñarol). Ce sont de nouvelles piste que l’on pourrait voir dans les 23 (NDLR : la liste des 26 publiée par Oscar Tabarez comprend deux joueurs de cette mini-liste : Ignacio Gonzales et Egidio Arevalo-Rios).

- Les clubs uruguayens ont bien joué leur rôle de trouble-fête en Copa Libertadores, frôlant de peu l’exploit. Les habitués de Lucarne Opposée savent à quel point Peñarol a dominé le tournoi de clôture. Pourtant, la grande majorité des joueurs composant la sélection nationale évolue à l’étranger (quatre joueurs sur la liste des 26 jouent en Uruguay). Cela a-t-il des répercussions sur le plan local ? Où en est le football de club uruguayen ?

Les équipes uruguayennes réussissent plutôt bien ces dernières années en Libertadores. Pour preuve l’an passé, Defensor était en quarts alors que le Nacional attint les demies. Le géant Peñarol fera son grand retour dans cette compétition dès la saison prochaine, avec de bonnes chances d’aller loin. On l’a déjà gagné 5 fois.

Peñarol a remporté 14 de ses 15 matchs en 2010 et a dominé tout le monde. Trois joueurs ont émergés et ont une chance d’aller à la Coupe du Monde : par ordre de probabilité ce sont Arevalo-Rios, Gaston Ramirez, et Jonathan Urretavizcaya (NDLR : le premier nommé est dans la liste des 26). Le premier est un cinq alors que les deux autres sont des ailiers. De même notre entraîneur est probablement le futur sélectionneur national. Parmi les autres équipes de la ligue, River Plate pourrait voir Jorge Rodríguez aller en Afrique du Sud alors que le Nacional pourrait envoyer Sebastian Coates. Enfin, le gardien du Defensor Martin Silva devrait être le troisième gardien de la Celeste (NDLR : de cette liste, seul Sebastian Coates n’ira pas à la Coupe du Monde. Il y aura pourtant un joueur du Nacional, le milieu Álvaro González).
Enfin, notre championnat n’est pas très bon au niveau de sa qualité. Ces dernières années, il s’améliore mais le souci est que les joueurs locaux partent en Europe très rapidement de nos jours, ce qui n’aide pas.

C’est ainsi que se termine cette lucarne sur l’Uruguay, premier adversaire des bleus lors du mondial sud-africain.

Malheureusement, pas de dossier consacré à l’Afrique du Sud, je n’ai pas trouvé d’interlocuteur. Si vous connaissez quelques fans des bafanas bafanas (ou que vous en êtes un), n’hésitez pas à me contacter.

Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.