La mission s'annonçait compliquée, elle l'a été bien plus que prévu. Incapable de répondre à une impressionnante Côte d'Ivoire, l'Algérie qui déjà la CAN. Pendant ce temps, Mali, Gambie et Tunisie s'offrent une place en huitièmes.

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On attendait une réaction, celle du tenant, celle du champion. On aura eu une démonstration. Alors que l’Algérie jouait sa survie dans la compétition, pour éviter de revivre 1992 et l’élimination post-titre au premier tour, la Côte d’Ivoire a offert aux spectateurs et téléspectateurs du monde entier une leçon de puissance, de vitesse, d’équilibre et de football pour affirmer avec force sa candidature à la succession. Emmenés par des couloirs en feu, Nicolas Pépé et Serge Aurier à droite, Max-Alain Gradel et Ghislain Konan de l’autre, porté par la puissance d’Ibrahima Sangaré, l’intelligence de Jean-Michael Seri et l’impact de Franck Kessié, les Éléphants ont totalement écrasé des Fennecs rapidement hors du coup, totalement désorganisés sur le plan tactique – notamment au milieu. Mieux, les Ivoiriens se sont même « amusés » à frapper au meilleur des moments. Alors que Bennacer venait de frapper le poteau sur la première occasion algérienne du match sur un corner rapidement joué, dans la foulée, Pépé déboulait côté droit et servait Kessié pour le 1-0. Les couloirs algériens prenaient l’eau, les vagues oranges ne cessaient de s’abattre, emportées par une fougue et une envie que les Fennecs ne semblaient pas avoir, se montrant surtout nerveux et rapidement hors du match. Le coup de grâce était porté à cinq minutes de la pause sur un coup franc d’Aurier déposé sur la tête de Sangaré totalement oublié au second poteau.

Slimani entrait à la pause mais rien n’y changeait, les Éléphants dominaient totalement les débats, portés par un milieu qui jouait dans un fauteuil et par un jeu de transition qui dépassait totalement leurs adversaires. Après avoir eu trois occasions dans les cinq premières minutes du second acte, la Côte d’Ivoire pliait l’affaire sur une nouvelle récupération haute et transition, Nicolas Pépé pliant l’affaire. Rien n’allait y faire pour les hommes de Belmadi. Pas même le généreux penalty offert à Belaïli que Mahrez envoyait sur le poteau, ni les cinq-dix minutes de véritable pression marquées par la réduction de l’écart par Bendebka sur une belle remise de Mandi et par l’immense parade de Badra Ali Sangaré devant Slimani puis devant Brahimi. Mais ce n’était qu’un sursaut. Gradel et Zaha chauffaient les gants de M’Bohli, Kessié et Haller se voyaient refuser le but du 4-1 pour des positions de hors-jeu. L’Algérie sort donc de la compétition, terminant dernière d’un groupe que la Côte d’Ivoire remporte devant une Guinée équatoriale victorieuse d’un but de la Sierra Leone, elle aussi éliminée.

Déjà qualifiés pour les huitièmes de finale avant même le coup d’envoi, Tunisiens et Gambiens visaient la victoire pour finir le plus haut possible dans le classement du Groupe E et surtout éviter un périple pour affronter le Nigeria, jusqu’à Garoua, là où les Super Eagles, seule équipe à avoir fait le plein au premier tour, ont joué leurs trois rencontres. Le tout avec vingt-quatre heures de récupération en moins. Pour prendre la seconde place à la Gambie, et donc plutôt croiser le fer avec la Guinée, les Aigles de Carthage (fortement amoindris avec douze absents, positifs à la COVID-19) devaient s’imposer, mais c’est la Gambie, d’abord prudente puis de plus en plus téméraire au fil de la seconde mi-temps, qui s’est offert une seconde victoire de prestige (1-0) grâce à une frappe monumentale d’Abie Jallow dans les dernières secondes de la rencontre.

Dans une même configuration que face à la Mauritanie et en reconduisant tout de même une majeure partie des titulaires face aux Mourabitounes, les Tunisiens n’ont pas su suffisamment emballer la rencontre face à un bloc gambien fortement densifié au milieu en première période, et faute de rapidité d’exécution dans les décalages n’ont que trop rarement pu s’offrir des opportunités, si on excepte la percée d’Ali Abdi passant de peu à côté et la frappe puissante de Laidouni, prélude au pénalty très bien obtenu par Jaziri, mais qui s’est heurté au moment de la transformation à un Boubacar Gaye impérial. En dépit de bonnes intentions au retour des vestiaires, et une forte phase de pression d’une dizaine de minutes marquée par une bonne occasion d’Anis Ben Slimane dont la frappe dans l’axe détournée frôle le cadre à la 49e, la Tunisie s’est de nouveau embourbée dans un faux rythme, dont ont profité les Gambiens pour commencer à effectuer quelques incursions : une première banderille sur un coup-franc de Barrow qui échoue sur le poteau tout près de l’équerre, puis donc ce ballon qui échoue au second poteau dans la surface sur un centre de la gauche de Jagne et une frappe incroyable de Jallow sur laquelle Ben Said ne peut rien faire. Entretemps, la Tunisie a conclu la seconde période comme elle a conclu la première : avec un bon stock de cartons. Au final, les quatrièmes de la CAN 2019 vont affronter les troisièmes sans le sélectionneur Kebaier sur le banc qui a été expulsé avant le but, sans l’arrière droit Mathlouthi qui a cumulé deux cartons jaunes, sans le deuxième gardien Ben Mustapha également expulsé, et potentiellement une partie des douze joueurs positifs à la COVID-19 s’ils ne sont pas négatifs et aptes à jouer. Deuxième derrière le Mali, tranquille vainqueur de la Mauritanie, et avec un excellent bilan, la Gambie affrontera pour sa part la Guinée, qui sera privée de Naby Keita, suspendu.

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Sanctions en Guinée. Ibrahima Sory Conté et Seydouba Soumah ont été sanctionnés d’une amende par la fédération guinéenne. Selon le communiqué publié sur les réseaux, les deux joueurs se sont rendus coupables « d’actes d’indiscipline en tenant des propos désobligeants et en ayant des comportements inappropriés ». La presse guinéenne évoque une fête organisée dans leur chambre d’hôtel.

Troisième forfait au Gabon. Après Pierre-Emerick Aubameyang et Mario Lemina, Patrice Neveu se retrouve privé d’un troisième élément. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la fédération gabonaise annonce le forfait de Gil Christ Nguema qui « n’a pas échappé aux résidus post-COVID qui ont privé Aubameyang et Lemina de la compétition ». Une bonne nouvelle cependant, Bouanga, Ngouali, Fotso, Sambissa et Eneme Ella ont été testés négatifs et devraient, sous réserve d’examens de contrôle, être disponibles pour les huitièmes.

programme

Dimanche 23 janvier

17 heures : Burkina Faso - Gabon

20 heures : Nigeria - Tunisie

Lundi 24 janvier

17 heures : Guinée - Gambie

20 heures : Cameroun - Comores

Mardi 25 janvier

17 heures : Sénégal - Cap-Vert

20 heures : Maroc - Malawi

Mercredi 26 janvier

17 heures : Côte d’Ivoire - Égypte

20 heures : Mali - Guinée équatoriale

 

Avec Farouk Abdou (Tunisie - Gambie). Photo une : CHARLY TRIBALLEAU/AFP via Getty Images