La fête a été gâchée ce lundi soir au Cameroun. Sur le terrain d’abord, où les Comores ont été privées d’un rêve de quarts par des décisions aberrantes. En dehors ensuite avec un drame à Olembe.

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En ouverture de la soirée, la Guinée arrivait légèrement favorite face à la Gambie. Légèrement, car après quelques banderilles plantées en début de rencontre, la suite a été bien plus compliquée pour une Guinée qui peinait à poser son jeu, à imposer un pressing, à montrer de la fluidité. Il y a eu certes une énorme occasion pour Bayo, la seule véritable du premier acte, réponse à une frappe monstrueuse de Musa Barrow. Au retour des vestiaires, il fallait une énorme erreur de relance pour voir la Guinée obtenir une nouvelle énorme occasion, mais Colley stoppait Moriba sur le fil alors qu’il allait se présenter devant Gaye. Puis le tournant du match, sur une passe lumineuse de Bobb suivie d’un enchaînement parfait de Musa Barrow pour l’ouverture du score des Scorpions. Le plus dur était fait pour les hommes de Saintfliet même si l’entrée de Morlaye Sylla dynamisait enfin le Sily National qui vivait un temps fort ponctué par un but signé Mohamed Bayo logiquement refusé pour hors-jeu et une incroyable triple occasion de la 91e minute : tir de Conté sur le poteau, frappe de Kanté détournée sur la barre, sauvetage de Jagne devant Guilavogui. Final fou mais faute de s’être réveillée plus tôt, parfaitement contrôlée par une Gambie toujours aussi équilibrée, la Guinée rentre à la maison.

Place ensuite à ce qui devait être un moment de fête mais n’a finalement été qu’une mascarade. On attendait beaucoup du Cameroun – Comores, le pays-hôte face à l’une des belles sensations. Malheureusement, tout a été fait pour que les Cœlacanthes n’aient pas toutes les chances de leur côté. Il y a d’abord eu l’affaire des gardiens covidés, avec un changement du règlement finissant par priver Aly Ahamada de match alors que négatif et forçant Amir Abdou (absent du bord de terrain car positif) à aligner son latéral gauche Chaker Alhadhur dans les cages. Il y a ensuite eu l’affaire du car, non escorté et pris dans les embouteillages, contraignant les joueurs restants à se préparer dans celui-ci. Il y a eu le carton rouge direct sorti dès la sixième minute contre Nadjim Abdou pour une faute réelle mais qui aurait sans doute mérité une once de pédagogie tant elle n’était pas si dangereuse. Il y a enfin eu le coup de sifflet final donné avant même la fin des trois minutes de temps additionnel alors que les Comoriens filaient en trois contre trois. Entre temps, on a vu un Cameroun poussif, rarement capable de faire le jeu face à une équipe réduite à dix mais parfaitement positionnée, disciplinée. Avec un Choupo-Moting hors sujet et des attaquants maladroits, n’arrivant pas à cadrer, les Lions ont dû attendre la demi-heure pour ouvrir le score par Toko-Ekambi après un bon pressing déclenché au milieu. De quoi libérer les hommes de Toni Conceicão ? Pas vraiment. Car les Cœlacanthes jouaient patiemment, prenaient le temps de construire et se montraient dangereux. Mogni puis M’Changama faisant briller Onana. Menés d’un but à la pause, les Comores restaient dans le match. D’autant que Chaker Alhadhur réalisait quelques miracles notamment devant Aboubacar puis sur une immense double parade devant Aboubacar puis Ngamaleu. Et même lorsque le capitaine des Lions doublait la mise à vingt minutes de la fin, on sentait qu’un miracle était possible. D’autant que dans la foulée, Abdallah Ali Mohamed menaçait André Onana, qui réalisait une nouvelle grosse parade devant El Fardou Ben Nabouhane. Conclusion de ces folles dix minutes, Youssouf M’Changama nettoyait la lucarne d’Onana et relançait le suspense. Le stade se crispait mais les Lions remettaient le pied sur le ballon pour faire courir le chronomètre. Et décrochent ainsi une qualification en quarts sans vraiment convaincre.

Le drame

Il a fallu l’ouverture par erreur d’un portail d’accès au stade pour déclencher une tragédie. Peu après le coup d’envoi, de nombreux supporters présents aux abords du stade ont voulu pénétrer dans l’enceinte après l’ouverture d’une porte, provoquant une énorme bousculade. Le bilan est dramatique : huit morts, trente-huit blessés dont sept graves selon les chiffres communiqués par le gouvernement camerounais. La CAF a déclaré ouvrir une enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé. En conférence de presse ce mardi, Patrice Motsepe, président de la CAF, a annoncé que le Stade d’Olembé n’accueillera plus de match : « Afin d’établir les responsabilités, nous avons demandé un rapport pour vendredi, mais les matchs prévus au stade dimanche, ne s’y déroulera pas mais sera délocalisé à Ahmadou Ahidjo ».

De son côté, la délégation camerounaise s’est fendue d’un communiqué lunaire signé de son capitaine, appelant notamment « les fans de football au Cameroun et en Afrique à être hautement disciplinés et responsables dans et autour des stades pour que les matchs de foot en général et durant la CAN 2021, restent des moments festifs ».

programme

17 heures : Sénégal – Cap-Vert

20 heures : Maroc - Malawi

 

 

Photo : PA Images / Icon Sport