Après deux tournois remportés face à d’autres géants affamés, les Diablos Rojos de Toluca visent le tri.
Le Clausura 2026 marque en premier lieu la fin d’un format que bien des fans espéraient. Oubliez le play-in, le tournoi revient aux origines en ne qualifiant que les huit premiers pour les quarts de finale. Difficile de savoir si la mesure sera définitive, elle est officiellement mise en place en raison de la Coupe du Monde, mais cela devrait contraindre chaque équipe à se dépasser dès le coup d’envoi. Seul bémol, dans le cadre du plan de Javier Aguirre pour le Tri, plan validé par la fédération et qui contient bien d’autres mesures, aucun international mexicain ne participera à la Liguilla afin de se préparer au mieux au rendez-vous mondial. Cela devrait donc cependant faire en sorte que chaque point valle bien plus cher que lors des tournois précédents où il suffisait de finir dans les dix premiers sur dix-sept pour se lancer sur la deuxième partie de saison. De quoi pimenter davantage un tournoi où bien des géants ont les dents aiguisées.
La chasse au tri
À commencer par le double tenant du titre : Toluca. Les diables du Turco Mohamed visent à égaler l’América, seule équipe à avoir réalisé le tricampeonato depuis l’introduction des tournois Apertura et Clausura en 2002. Pour cela, ils peuvent s’appuyer sur un groupe quasi inchangé emmené notamment par un Paulinho absolument inarrêtable et auquel se joint l’excellent Sebastián Córdova, libéré par Tigres qui ne comptait plus sur lui. Un troisième titre consécutif permettrait à Antonio Mohamed d’égaler Enrique Meza, seul à avoir été trois fois champion avec l’institution.
Mais la concurrence s’annonce redoutable et les écarts observés lors de l’Apertura, trois points d’écart entre les quatre premiers, devraient être du même ordre à l’issue de la phase régulière. En premier lieu du côté de Monterrey où Tigres voudra évidemment prendre sa revanche sur un Apertura perdu au bout du suspense aux tirs au but. Des Felinos qui n’ont perdu que trois matchs lors du tournoi d’ouverture, Liguilla comprise, et au sein desquels la légende André-Pierre Gignac pourrait vivre son dernier tournoi – son contrat se termine en juin prochain – avec évidemment le désir d’ajouter un sixième titre de champion. Un tournoi qui annonce la fin d’un cycle fou du côté des universitaires de Monterrey après le départ de Javier Aquino et la fin approchant également pour une autre icône locale, Nahuel Guzmán. Mais un tournoi auquel les hommes de Guido Pizarro peuvent logiquement prétendre à la vue de l’impression équilibre de leur groupe et leur formidable potentiel offensif. Un potentiel que les Rayados pourraient voir fortement amputé en cas de départ de leur machine à buts Germán Berterame. L’Argentino-mexicain est plus que jamais proche de s’envoler pour la MLS, l’Inter Miami lui faisant plus que les yeux doux. Et si les rumeurs portent sur la potentielle arrivée de João Pedro, auteur d’un formidable tournoi d’ouverture avec l’Atlético San Luis, laisserait un sacré vide devant, augmentant aussi la pression sur Anthony Martial dont l’Apertura a été des plus discrets.

Photo : Azael Rodriguez/Getty Images
Géants affamés
Du côté des géants, les ambitions sont évidemment maximales. L’América a forcément encore en tête le but de Berterame la à 93e du match retour signifiant la fin de l’Apertura en quarts de finale et également procédé à quelques petites retouches dans un groupe qui tourne déjà bien sous André Jardine. L’arrivée de Rodrigo Dourado est la seule recrue notable à l’heure d’écrire ces lignes, mais les Águilas devraient clairement se mêler à la lutte. Du côté de Cruz Azul, la douleur de l’élimination lors de l’Apertura a été grande également, même si la Máquina n’a fait que courir après le score face à Tigres qui est passé sans gagner dans le temps règlementaire mais grâce au point supplémentaire pris durant la phase régulière. Là encore, les retouches sont minimes. Miguel Borja devrait cependant arriver, une fois que le départ de Mateusz Bogusz sera officialisé, alors que Sebastián Villa est proposé à qui le voudra bien par ses agents et semble dans le radar du club. Ces renforts offensifs s’ajoutent à l’arrivée d’Agustín Palavecino voulu par Nicolás Larcamón. Attendant un titre national depuis désormais quinze ans, les Pumas restent sur deux tournois très moyens, l’Apertura ayant été particulièrement anonyme. Un an après son arrivée, Efraín Juárez doit désormais passer la vitesse supérieure et la pression sera forte au CU. La politique de formation est évidemment toujours valorisée et les universitaires se sont offert quelques ajustements dans l’effectif pour espérer jouer les premiers rôles. Une mission qui s’annonce compliquée à la lumière du niveau de la concurrence. Reste enfin les Chivas sauce Gaby Milito. Le Rebaño Sagrado reste sur un bon Apertura avec un style de jeu qui commence à se voir. Les arrivées de Brian Gutiérrez, Ricardo Marín, Ángel Sepúlveda sont trois coups très intéressants et viennent surtout apporter une plus-value à l’effectif. Et offre surtout de vrais espoirs de titre, neuf ans après le dernier.
Photo : Simon Barber/Getty Images
Transition ?
Ailleurs, on suivra entre autres, le retour de Salomón Rondón est plutôt symbolique et l’objectif reste toujours de promouvoir ses jeunes, à l’image d’Elías Montiel, Alán Bautista ou Alexei Domínguez. Reste qu’Esteban Solari dispose de quelques forces vives, notamment devant avec Oussama Idrissi ou l’ancien de Chelsea, Kenedy, qui peuvent faire des Tuzos, un grain de sable se logeant dans les souliers des favoris. Soit le rôle préféré de Pachuca. On suivra aussi avec attention l’après Martín Varini du côté de Juárez. L’Uruguayen est parti à Necaxa, remplacé par Pedro Caixinha, champion avec Santos. Les Bravos accueillent Javier Aquino et restent affamés, la famille De La Vega ayant mis les moyens de faire d’un club, souvent anonyme, un candidat régulier à la Liguilla. Enfin, il faudra aussi s’intéresser de près à Querétaro. Anciens membres du Grupo Caliente, les Gallos Blancos sont passés sous bannière américaine en juillet dernier, repris par Innovatio Capital et Mark Spiegel. Le premier objectif est bien évidemment de s’échapper le plus rapidement possible des trois plus mauvaises places de la tabla de cocientes qui certes, pour l’instant ne signifie pas descente possible, mais signifie amendes économiques pour les trois derniers. Querétaro sera également une équipe à suivre puisque le club a réussi le coup de s’offrir Esteban González, l’homme du miracle Coquimbo Unido, champion au Chili avec une seule défaite en trente journées. Reste à savoir si, avec autant de mouvements également dans son groupe, le Chilien aura du temps.
À suivre enfin, les derniers mois avant Coupe du Monde du diamant Gilberto Mora à Tijuana, qui voit aussi arriver Josef Martínez, les probables derniers mois de León au sein du Grupo Pachuca, après la vente d'une partie majoritaire de l'équipe afin de se conformer à la réglementation de la FIFA en matière de multipropriété, avec le risque de changement de ville qui menace. Les Esmeraldas sortent d’un tournoi plutôt raté et ont libéré notamment James Rodríguez. Le sort de Mazatlán, dernière équipe restante du Grupo Salinas, dont la vente devrait avoir lieu cet été, l’Atlante étant candidat pour prendre la place. Plusieurs formations qui montrent aussi que ce premier tournoi de 2026 pourrait bien être celui d’une transition.
Les Chivas partent fort
Après trois journées, si Toluca a déjà montré les crocs, notamment avec la victoire au Géant d’Acier face aux Rayados, le leader se nomme Chivas. Le Rebaño est la seule formation à faire de sans-faute et surtout montre un contenu plus que convaincant. Quatre équipes seulement sont encore invaincues après trois journées, montrant la densité de la Liga MX : Chivas et Toluca donc, mais aussi les Pumas, auteurs d’un sacré coup dans le duel des universitaires en s’imposant au Volcán, et Tijuana, qui présente le même bilan que les Pumas (deux nuls, une victoire) et ont accroché l’América lors de la première journée. Des Águilas déjà dans le dur avec aucun but inscrit en trois journées et de fait, aucune victoire. Une difficulté au lancement que les Rayados ont connu, surpris chez eux en ouverture, avant de se réveiller en s’imposant sur le terrain des Rayos de Necaxa avant d’atomiser Mazatlán
Les buts des trois premières journées
Classement

Photo une : Hector Vivas/Getty Images
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